Pcri Slephanôn, IV
sorte do fief possédé par leur dynastie ^ Celui qui l'occupait en 303 était un saint homme qu'une infirmité plus plaisante que gravé — il était bègue — rejetait un peu dans l'ombre. Le diacre de l'Église de Saragosse, obligé de suppléer le prélat incapable d'enseigner en public, occupait une situation d'autant plus considérable, et ne pouvait pas songer à éviter les coups de Datianus. Malheureusement ce qui nous est parvenu de leur rencontre ne mérite pas une entière confiance. Les actes de saint Vincent ne sont pas contemporains, néanmoins, ils furent rédigés avant la fin du iv^ siècle. Saint Augustin témoigne qu'on les lisait publiquement dans l'Eglise d'Afrique ^ et lui-même les cite dans plusieurssermons (?) ^. Prudence semble les imiter dans l'hymne V® du Péri Stephanôn. Sans s'y attacher de trop près, les détails historiques qu'on y relève ne sont pas entièrement dépourvus de valeur. Tout n'y est pas invention, mais il n'est pas possible d'aller plus loin et de marquer la limite où finit l'histoire et où la légende commence.
. Issu d'une famille consulaire'*, Vincent avait été élevé par le clergé dans une atmosphère facilement exaltée par le voisinage des tombes des martyrs ; en particulier de ces dix-huit chrétiens mis à mort dans une des persécutions précédentes et enterrés ensemble^. Au moment de la tournée de Datianus il exer-
\. Péri stephanôn, IV, 79-80.