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CHAPITRE II

Osius et Constantin. — Osius aux conciles d'Alexandrie et de Nicée. — Circonscriptions ecclésiastiques de l'Espagne. — Osius préside et dirige le concile de Sardique. — Sa « chute », sa rétractation et sa mort. — Grégoire d'Elvirc et le parti luciférien. — Pacien de Barcelone. — La nonne Egéria. — Le poète Juvencus. — Prudence. — Sa carrière publique. — Ses écrits, son genre de talent, son originalité, sa sincérité. — Le patriotisme de Prudence et de ses compatriotes. — Les Péri Stephanôn.

La tolérance de l'Auguste Constance Chlore procurait le repos à l'Espagne, mais ce repos pouvait n'être qu'un répit et ce n'était pas la première fois que les chrétiens passaient par ces alternatives. On se savait toujours sous la menace d'un retour possible de persécution et le caractère de stabilité que l'édit de Milan rendu par Constantin, en 313, donna à la paix religieuse fut la différence profonde qui distingua désormais la situation des Eglises de celle sous laquelle elles avaient jusqu'alors vécu. Nous ignorons ce qui advint des communautés espagnoles après l'an 305 jusqu'à l'époque où, en 313, elles obtinrent le droit à l'existence officielle et légale. Quelques-uns des évêques que nous avons vus siéger à Elvire

vivaient encore. Un d'entre eux, Osiusde Cordoue, va nous occuper presque seul et résumer pendant un demi-siècle l'histoire de l'Eglise d'Espagne qui se confond avec la sienne propre. Osius était alors un homme d'une quarantaine d'années, étant né vers 256 ; il devint évêque en 295. On ne sait rien de lui jusqu'au moment où on le voit siéger à Elvire et, pendant les années de persécution qui suivirent, on voit qu'il eut l'occasion de confesser la foi ; il garda sur son corps les marques de ce qu'il avait souffert et les montrait à ses collègues réunis à Nicée. En 313, nous le retrouvons à Milan, dans l'entourage de Constantin ^ qui le tenait en grande estime. 11 serait même possible qu'Osius ait eu une part prépondérante dans la conversion de l'empereur; c'est du moins ce qu'on peut induire d'une phrase de l'historien Zosime qui attribue cette conversion « à un égyptien d'Espagne ». Egyptienne signifie autre chose pour le païen Zosime que quelque prêtre du culte étranger. On pourrait trouver une confirmation à cette conjecture dans le reproche adressé par saint Athanase à l'empereur Constance, fils de Constantin, qui, dit-il, en persécutant Osius, oubliait la crainte de Dieu et le respect dû à son propre père lequel avait tant aimé Osius. Celui-ci aura usé de son influence d'une manière généralement conforme à ce que toute sa vie permet de supposer. Les faits que nous connaissons autorisent cette opinion. Au commencement de l'année 313, Constantin donnait ordre de remettre à lÉglise de Cartilage une somme de 3000 bourses, selon l'ordre envoyé par Osius. Une loi datée du 18 avril 321 - et adressée à Osius déclare libres ceux qui sont affran-

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