Traité IV
fesse que Jésus-Christ est venu dans la chair vient de Dieu, et tout esprit qui nie Jésus ne vient pas de Dieu. Si donc il est hérétique, c'est contre sa volonté, et il ignore l'hérésie qu'on lui impute, il ne la veut ni réfuter ni connaître. Il lui suffît de savoir que <( prendre le nom d'une secte, c'est perdre celui de chrétien ' ». 11 est né païen, sans doute, mais depuis tant d'années qu'il a cessé de l'être, la foi chrétienne n'a jamais été ébranlée au dedans de lui.
11 fallait être bien prévenu ou bien instruit pour résister à ces protestations. Les évêques du synode de Saragosse et le pape Damase résistèrent. Ils ne durent pas agir ainsi sans raisons et ce sont ces raisons que nous devons rechercher.
Si l'on admet l'idée d'un développement hétérodoxe de la doctrine priscillianiste, on se trouve reporté à quelques années au moins après la mort de Priscillien et on peut ainsi s'expliquer le jugement dhétérodoxie porté par saint Jérôme, saint Augustin, saint Léon. Mais à l'époque où ces théologiens s'occupent du priscillianisme, celui-ci n'intéresse plus exclusivement l'Espagne, il a pénétré dans l'Aquitaine, et la Galice, qui s'obstine dans la doctrine condamnée, est mise en quarantaine par l'épiscopat du reste de l'Espagne. A ce moment on dispute sur des données quelque peu différentes de celles dont on attribue la paternité à Priscillien. Ce n'est donc pas dans les documents de cette deuxième période que nous pouvons trouver renonciation précise des points sur lesquels portait le dissentiment entre Priscillien d'une part, le concile de Saragosse et le pape Damase d'autre part. Ce dissentiment, à première vue,