Ibn-Adliâri, H, p. h
'■1. Ibn-I-Athir, édit. Tornbekg,!. IV, p. 44i.
382 LESPAGNE CHRÉÏJENNE.
cher. La réponse était assez honorable, somme toute,, puisqu'elle donnait à la défaite des raisons qui épargnaient le point d'honneur militaire. Environ un siècle après la bataille de Xérès on ne donnait plus d'autre explication. Une Chronique dit en propres termes : Sed peccatis exigentibus, victi sunt Christiania. Dans une charte de 812, on lit : « Les Goths vous avaient tellement offensé par leur orgueil, Seigneur, qu'ils méritaient de périr sous le glaive des Arabes^. » En 924, Sanchede Navarre, dans la charte de fondation du cloître d'Albelda, écrit ce qui suit : «Autrefois l'Espagne était au pouvoir des chrétiens; les châteaux, les villes et les campagnes étaient remplis d'églises et la religion chrétienne régnait partout; mais nos ancêtres péchaient sans relâche, ils transgressaient journellement les commandements du Seigneur. Alors, pour les punir comme ils l'avaient mérité et pour les forcer à se convertir, le plus juste des juges les a livrés à un peuple barbare^. » Sébastien de Sâlamanque n'a donc fait que recueillir une tradition courante de son temps lorsqu'il a écrit à son tour : « Ce fut parce que les rois et les prêtres avaient abandonné la loi de Dieu, que toute l'armée des Goths périt sous le glaive des Sarrasins », et le moine de Silos croit que « Dieu a puni nos ancêtres dans cette vie, afin de n'avoir pas besoin de les punir dans l'autre ».
On voit par cet exemple qu'il faut se défier des déclamations tardives sur l'état moral de l'Espagne à la veille de la conquête.
1. Chronica Adefonsi imperatoris (dans Espana sagrada, t. XXI), c. vx.