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CHAPITRE II

ger la constitution : il rétablit l’inquisition et persécuta cruellement les plus illustres patriotes, qui, pendant la guerre de l’indépendance, avaient sauvé le pays et avaient délivré Ferdinand lui-même de la prison où le tenait Napoléon. Mina, l’Empecinado, Gallardo, Martinez de la Rosa et autres citoyens illustres, qui , dans les camps, au parlement ou dans la presse, avaient fait la révolution, furent poursuivis, jetés dans les cachots ou forcés de s’exiler. L’inquisitiou, qui n’avait pas d’hérétiques à poursuivre, s’acharnait contre les libéraux.

La constitution de 1S13 avait succédé à la charte octroyée par Napoléon. Nous n’avons pas besoin de dire que cette charte n’était rien moins que libérale ; mais un des traits curieux de la physionomie du temps est la faveur avec laquelle l’invasion de Napoléon fut reçue par plusieurs des hommes les plus éclairés de l’Espagne, Moratin, Llorente , Golla et autres , qui tous professaient des idées très avancées pour l’époque, et qui cependant étaient afraticeaados, partisans des Français.

Voyant la masse du peuple fanatiq^ue se laisser aveuglément guider par le clergé, ils croyaient que la /cause du progrès gagnerait à un changement de dynastie, et aux nouvelles institutions données par Napoléon qu’ils regardaient comme le destructeur providentiel du ' droit divin et de la tradition. Il est juste de reconnaître que la charte- Napoléon était un véritable progrès eu égard aux institutions de V l’Espagne, quand il la promulgua. Le peuple en masse était armé V, pour l’indépendance avec Ferdinand VII. Quelle ne fut pas la sur- '•jçrise des Jfrancesado» en voyant la révolution se servir de FerdinàïLVÎisc.ùleiueut comme de symbole de rindépcndance et de l’unité, et marcher si e - .'" ant daùs la voie des réformes et de la liberté 1

On a fait aux constituants de Cadix le grave reproche d’avoir donné au peuple espagnol une constitution trop radicale, ou’il était incapable de comprendre et d’observer : ce reproche na pa' de fonde-

l’espagne contemporaine.

monts sérieux; l’Espagne a lutté sansrclâehe pour cette constitution, et il a fallu l’intervention de l’Europe pour l’aholir.

Nous avouons sans pciucqu’enliSllles masses n’avaient qu’un seul sentiment, celui de la nation une, sjmlwlisée par Ferdinand VII. Aussi ne s’insurgèrent-elles pas quand il abolit la constitution, qui n’était pas une condition essentielle de l’indépendance nationale. Mais si Ferdinand VII eût conservé cette constitution, les mêmes masses ne sc seraient certes pas insurgées pour le contraindre à l’abroger. Le clergé, les moines, quelques nobles, voilà les ennemis vrais de la constitution, les seuls réactionnaires à qui était avantageux le retour de l’ancien régime. Toute la classe mo 3 'enno, les travailleurs éclairés, et le peuple entier dans quelques grandes villes étaient partisans décidés de la constitution, et n’acceptèrent, pour le moment, le trône et les Bourbons, qu’en considération de l’état de l’Europe.

De 1814 à 1820 Ferdinand ne songea qu’à traquer les libéraux et à augmenter l’influence des inquisiteurs et des moines. Pas une seule réforme économique, pas xftie œuvre d’utilité publique, rien ne vint réparer les désastres de la guerre. L’armée fut négligée, la marine, élément indispensable pour les colonies, fut réduite à néant; toutes ces eauscs amenèrent la séparation des colonies et la révolution de 1820 en Espagne, qui soumit Ferdinand à de si rudes épreuves et mit en danger son trône et sa vie.

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