CHAPITRE II
réunissent, de droit, tous les ans, au jour fixé par la eonstitution, et elles doivent siéger au moins trois mois. Quand les cortès sont dissoutes ou prorogées, une commission nommée par elles veille à l’observation de la loi, et peut convoquer des cortès extraordinaires, quand elle juge la patrie en danger.
Les cortès partagent avec le roi le pouvoir législatif mais il n’y a qu’une seule Chambre. L’élection des députés est à trois degrés. Tout Espagnol âgé de 21 ans est électeur primaire. Est éligible tout Espagnol âgé de 25 ans. La loi électorale organique prive du droit électoral tout Espagnol qui, en 1830, ne saura ni lire ni écrire. Le roi jure de gouverner selon la constitution et conformément aux lois : s’il manque à son serment, le peuple n’est plus tenu de lui obéir. C’est l’ancienne formule de la constitution d’Aragon où les députés juraient fidélité au roi, se réservant le droit de révolte en cas de violation des lois par le souverain. En 1812, c’était le roi qui prêtait serment au peuple, et proclamait lui-même le droit d’insurrection, dans le cas où il violerait son serment.
Cette constitution de 1812, si large, plus libérale qu’aucune des constitutions des pays de l’ancien monde, y compris l’Angleterre, était discutée et proclamée avec un calme majestueux par les législateurs de Cadix, au bruit du canon ennemi résonnant à leurs portes, et pendant que le peuple en armes chassait de sou pays vers les frontières l’armée de Napoléon, jusqu’alors victorieuse en Europe.
Plus juste envers les colonies qu’on ne le fut plus tard, l’Espagne étendait alors les bienfaits de sa constitution sur tous les lieux où flottait son drapeau, et ce fut là une des causes principales de la révolution dans l’Amérique du Sud. Les aristocrates, descendants des anciens conquérants, possesseurs du pouvoir et de la richesse, se soulevèrent contre une constitution qui , par la proclamation de l’égalité des races, leur enlevait tous leurs privilèges, et quand la constitution fut supprimée, ce furent les races indigènes et les mulâtres qui, à leur tour, s’armèrent contre les représentants de
l’espacne contemporaine.
l’ancien système colonial ; et l’armée, où les deux partis étaient représentés se divisa entre les deux camps (1).
Ainsi l’on vit le Mexique en révolte contre la mère-patrie se constituer en empire et maintenir l’ancien système espagnol, les privil^es aristocratiques, la noblesse, l’intolérance, lesbiens de mainmorte civile et religieuse, et tous les autres monopoles du despotisme. La lutte des libéraux contre les absolutistes continuée sans relâche jusqu’à nos jours, a fini par le triomphe de Juarez et de ses braves et constants compagnons d’armes , qui ont inauguré une ère de liberté et de progrès. Ce qnc nous avons dit du Mexique s’applique aux autres colonies et explique les guerres intestines qui désolent les républiques du Sud.
La constitution de l’an XII fut abrogée en 1 8 14 par Ferdinand VII, qui avait livré la patrie à l’étranger, et que le peuple trahi et vendu par la famille royale, avait cependant proclamé souverain dans la constitution. Jamais roi se montra-t-il aussi ingrat envers son peuple? Soutenu parla réaction européenne et par l’élément fanatique très puissant encore à l’intérieur, Ferdinand VII ne se contenta pas d’abro-
(1) La forcB armôe des coSoaies, lorsqn'elles se révoUèreDt coolre la métropole con-
sistait pour ranm'>e do ligne :
Eo batailioQS d'infanterie 56
Compagnies détachées 14
Escadrons 96
Comiiagnics dctacbces (cavalerie). 80
Milice :
BalaUlons 159
Compagnies détachées 151
Escadrons 255
Compagnies détachées (cavalerie) 45
Ce qui faisait un total de. 215
Bataillons 206
Compagnies d’infanterie 165
Escadrons 281
Compagnies de cavaleries 125
EOectif : 900,000 hommes et 40,000 chevaux.