UNE SEANCB DU CONGRES
Madrid, 8 mai.
Avant de chercher à aborder la Navarre, puisqu*on ne sait rien d'exact à Madrid sar le soulèvement carliste et que je passerais un mois ici sans pouvoir vous envoyer une nouvelle intéressante, j'ai voulu assister à une séance des Cortès. On avait eu la courtoisie de me donner un siège dans la tribune diplomatique.
La salle du Congrès est décorée avec goût. Elle est plus gracieuse que celle du Palais-Bourbon. La disposition en est la même ou peu s^en faut. Elle n'offre d'autre particularité que la petite scène moyen âge qui se passe d'heure en heure derrière le fauteuil du président. Celui-ci est placé sous un dais supportant les armes du royaume et rehaussé de tentures en velours rouge. Au premier plan, le bureau présidentiel en bois d'ébène. Au second, un banc recouvert d'étoffe qui sert de piédestal à deux magots vivants vêtus d'une robe de velours cramoisi brodée d'or et semée d'armoiries. Une toque à plumes blanches orne leur chef. Ils tiennent à la main une masse en cuivre ar-