‹ L'Espagne, Cuba et les Etats-UnisChapitre 3 sur 16 · VIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VIII AVERTISSEMENT

par contact personnel, à laquelle nul effort de travail ne saurait suppléer. Combien on en citerait d'ouvrages sur l'Europe contemporaine, dont les auteurs ont lu tout ce qu'il était possible de lire, ont dépouillé brochures et journaux, ont rassemblé des milliers de fiches,

— et qui ne donnent pourtant qu'une image tout à fait fausse de ce qu'est l'Europe vivante!

— j'en puis sans doute porter le témoignage, après dix ans passés à la parcourir et à m'entretenir avec beaucoup de ceux qui ont contribué à la faire ce qu'elle est vraiment.

En Espagne, les libéraux étaient alors au pouvoir : j'eus la bonne fortune de voir de près et d'interroger longuement quelques-uns de leurs chefs les plus considérables, et, pour n'en nommer qu'un, M. Moret, qui, dans ce cabinet Sagasta, était ministre d'Etat, c'est-à-dire ministre des Affaires étrangères. D. Emilio Castelar venait d'adresser à ses amis la lettre célèbre du 8 avril 1894, où il leur conseillait de se rallier à la monarchie, puisqu'aussi bien la

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monarchie, devenue libérale, réalisait point par point leur programme, au mot de république près. J'allai le trouver; il m'accueillit comme il accueille les Français, à mais^ju ouverte. Je garde même, en souvenir des heures si précieuses qu'il voulut bien perdre pour moi, l'exemplaire, corrigé de sa main, de son discours d'adieu à la Chambre des députés 7 février 1888) ; corrections intéressantes et qui fixent le texte définitif de ce discours, tel qu'il est reproduit dans la lettre à MM. Abarzu/a, Alvarado, Calzado, etc. Je vis aussi des républicains restés plus intransigeants que jamais; l'un des prédécesseurs de M. Castelar à la tète du pouvoir exécutif, don Nicolas Salmeron,et son fidèle lieutenant, M. de Azcârate. De chez eux, je passai chez des carlistes, et de chez dos généraux, chez des évoques. Enfin je fus admis à l'honneur d'une audience royale : si bien que je ne crois pas qu'il soit un coin du monde politique espagnol qui me soit demeuré complètement ignoré, et qu'en tout cas l'on peut être

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