AVERTISSEMENT
certain qu'il n'est pas dans ce petit volume uo portrait qui n'ait été esquissé d'après nature'. Mais, dès ce premier voyage, je l'avoue, je tombai sous le charme puissant de M. Canovas del Castillo. C'était le temps où il donnait l'assaut au ministère Sagasta ; je l'entendis plusieurs fois à la Chambre, et aussitôt je fus conquis par cette éloquence tout ensemble facile, grave et hautaine, nourrie de pensée et de volonté, où l'homme d'État s'affirmait en chaque phrase. Et je me rappelle la triomphale soirée où tout Madrid, souriant à la fortune renaissante, vint défiler à travers les salons et les serres de la Huerta en fête. M. Sagasta était alors président du Conseil, mais déjà M. Câno-
^ Sauf, bien entendu, les croquis de Maceo et de Mâximo Gômez. Car je ne puis laisser supposer que j'aie poussé le respect de ma propre méthode jusqu'à n'écrire sur Cuba et les Philippines rien dont je ne sois d'abord allé m'informer sur place. Mais, n'ayant pu voir de mes yeux les Mambises et les Taijals, je n'en ai, du moins, voulu croire sur leur compte que des gens qui les avaient vus, et dont je pouvais apprécier la valeur morale et le sens critiiiue.