‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 112 sur 202 · francs · texte numérisé non relu

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« L'on commence aussi déjà à dire que les Pays- Bas ont causé la ruine de l'Espagne^ qu'ils l'ont épuisée d'hommes et d'argent, et qu'ils ont consommé tout celui des Indes, ainsi qu'il est véritable j et comme le peuple voit que l'orage est fort éloigné de dessus sa tète, il se met peu en peine de cette guerre. Il n'y a que le conseil d'État qui reconnaît l'importance de la défense des Pays-Bas, car ils maintiennent la réputation de la monarchie à l'égard de l'Angleterre et de l'Allemagne ; et, de plus, ils lui servent de boulevard contre la France par la diversion de ses forces en ce théâtre ancien de la guerre * . »

Cette souscription ne produisit pas même les sommes que l'on avait espérées. L'ambassadeur de France se hâta d'en instruire son gouvernement.

« Je me suis informé plus particulièrement des moyens que l'on avait tenus ici pour trouver de l'argent, afin d'envoyer un secours prompt en Flandre... Messieurs du conseil de Castille ont donné volontairement la moitié de leurs gages d'une année, qui peut s'évaluer à vingt mille écus*, dont ils se

1. Dépêche de l'archevéqae d'Emhrnn à Louis XIV. liladrid, 2 juin 1667. Voyez les documents publiés par M. Mignet,t. U, p. 137-128.

2. 240,000 francs. L'écu d'or au soleil de Louis XIV vaut 12 francs.

sont privés, ainsi que je l'ai appris d'un d'entre eux. Le conseil des Indes a donné qfnaratite mille écus * en certains biens confisqués qiii îrevenaient à son profit. Les autres conseils en ont usé de même à proportion jusqu'au conseil d'État, où les particuliers se sont taxés; et j'ai su que le marquis de Hor* tara, qui n'est pas fort accommodé, y avait été compris pour mille patagons * .

« Ce moyen a pu produire quelque somme présente de cent cinquante à deujc cent mille écus, que Ton a envoyés en Flandre par lettres de change, qui peut-être ne seront pas acceptéeis.

« Quant aux autres donatifs des personnes de condition, je n'en ai encore appris aucun que celui de M. l'amirante de Gastille, de mille pistoles. La reine a cependant écrit une lettre circulaire à tous en particulier, où elle expose la nécessité des affaires, et les assure qu'elle aura un souvenir particulier du secours qu'ils lui accorderont en cette occasion, suivant leurs forces. Je ne crois pas que, comme ce moyen se réduit à la volonté, il produise beaucoup d'argent, car l'on commence déjà à dire que c'est en quelque façon demander l'aumône.

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