Dépêche du même, du 3 octobre
tiers des revenus ^ Le roi mettait en gage les joyaux de la couronne et les tableaux qui ornaient son palais', sans pouvoir parvenir à payer les troupes qu'il envoyait contre les Portugais. Un grand nombre de soldats réformés erraient dans les rues de Madrid et demandaient raumône; abandonnés par le gouvernement, il3 auraient suceombé à la misère, si la comtesse de Salvatierra ne leur avait légué trois cent mille écus'. Il fallut songer cependant à faire face aux dépenses d'une guerre nouvelle. En 1 667, une armée française envahit la Flandre, et Louis XIV se rendit maître de Cbarleroi^ de Furnes , d'Ârmentières et de Douai. Le peuple de Madrid ne fut point ému de ces tristes nouvelles. La détresse publique était si grande et le sentiment national si affaibli que la régente n'osa pas^ dans ce danger pressant, établir un impôt de guerre ; elle aima mieux faire appel à la générosité publique. Voici les renseignements que l'ambassadeur de France transmit à Louis XIV sur la souscription que l'on organisa pour venir au secours de l'État.
1 . Los intereses absorvian el tercio de las rentas. Voyez Sabau, Continuaeion de Mariatia, t. XIX, préface.
2. Manuscrits français de la Bibliothèque du roi. Supplément français, no 63. fol. 60, Terso.
3. Dépêche de M. de La Vauguyon, du 29 avril 1683. Archives du Ministère des affaires étrangères.
» L'extrémité est si grande ici qu'il se fait une contribution volontaire de tous les particuliers, que Ton appelle donalivo^ pour fournir quelque argent présent pour les nécessités publiques. M. le président de Castille donne deux mille pistoles ^ ; MM. les cardinaux d'Aragon et de Montalte contribuent d'une pareille somme. L'on dit aussi que M. le duc de Médina offre deux mille pistoles. M. le comte de Pegnaranda, qui se fait pauvre, se contente d'en donner cinq cents *, et il fait trouver un fonds de cinquante mille écus dans le conseil des Indes. J'ai su même que l'amirante de Castille, lequel, quoique grand seigneur par sa naissance, est fort incommodé dans ses affaires, avait offert mille pistoles, et l'on prétend qu'un chacun se taxera ainsi volontairement, à proportion de ses biens ou de son zèle... Ces sommes-là sont fort éloignées des trois millions d'or que l'on envoyait autrefois en Flandre pour y maintenir la guerre, et il est certain que ces pays-là ne peuvent pas se défendre par les secours de l'Espagne; ils se maintiendront dorénavant dans son obéissance ou par l'affection des peuples, ou par l'intérêt des princes voisins.
t. 21.800 francs.