francs 50 centimes
7. Dépêche de rarchevdqne d'Embron à Louis XIV. Madrid» 16 ]ain 1667. V. Mignet.t. Il, p. 132-133.
Telle était, au commencement de la guerre de Flandre, la détresse financière de la monarchie espagnole* Il fallut bientôt recourir à des expédients ruineux . Malgré la funeste expérience des règnes précédents, les ministres de Charles II ne craignirent pas de fabriquer de nouvelles monnaies falsifiées. Elles devaient avoir cours sous peine d'amende Ml y en avait pour quinze millions de livres dans la circulation, lorsqu'ils la discréditèrent subitement en 4 680. Ils avaient établi dans toutes les villes des bureaux où les habitants devaient porter la monnaie décriée pour l'échanger contre la nouvelle monnaie de cuivre. Mais ils n'indemnisèrent en réalité que les pauvres qui portaient de petites sommes. Â ceux qui en remettaient pour cinquante écus,on donnait un billet payable dans trois mois; à ceux qui en rem e ttaien t pour cent écus , unbillet payable dans six mois. Quant aux riches qui voulaient échanger des sommes plus fortes, on leur déclara que le roi se chargeait du remboursement ^. Cette mesure arbitraire fit augmenter le prix de tous les objets de consommation , et le gouvernement fut obligé, pour soulager le peuple, de diminuer les droits d'en-
1. Dépêche da marqais de Villars, du 4 avril 1680. Archives du Ministère des affaires étrangères.
2. Dépêche du même, du 31 mai 1680. Cette dépêche est adressée à M. de Seignelay.
trée sur les vins et les huiles. Mais dès Tannée suivante, il établit de nouveaux impôts sur la plupart des denrées, et il augmenta d*un huitième les droits perçus sur les viandes, afin de pouvoir donner les présents d'usage aux ambassadeurs de Moscovie, qui devaient prendre congé du roi catholique * • Peu de temps après, le connétable de Castille avança vingt mille écus pour les dépenses qu'exigeait la table de Charles II. Les marchands avaient refusé de fournir à crédit les provisions de bouche^. En 1683, plus de soixante palefreniers désertèrent les écuries royales, parce qu'on leur devait près de trois années de gagesy et cette aventure obligea don Pedro de Ley va, premier écuyer, de ramasser dans les rues des eijporiillaires ' pour panser les chevaux du roi ^.
En 1689, le comte de Rébenac] faisait le tableau le plus sombre de l'état financier de l'Espagne :
(c II est malaisé de comprendre à quel excès le mauvais gouvernement a porté la faiblesse de l'Espagne. Il est incertain même si elle a des ressources véritables qui dépendent d'elle. Il y en a qui ont
1 • Dépêche du marquis de ViUars, du 18 septembre 1681 .