Dépêche de Hf. de La Vauguyon, du 21 Janvier
paru BÛreS; à en juger selon les apparences, et qui néanmoins ne Font point été en effet. Ce seul exemple suffira pour faire entendre ma pensée. Le roi d'Espagne dissipe ses finances en pensions et autres libéralités, qu'il distribue entre les grands seigneurs, lesquels sont à l'état d'une inutilité entière. Le retranchement de ces pensions avait paru devoir remplir les coffres du roi ; on Ta fait^ et il n'y a profité en rien. La raison est que le plus grand et le plus sûr revenu de l'Espagne se tire des entrées et des douanes de Madrid et des principales villes. Ce sont ceux qui reçoivent les bienfaits de la cour qui les payent. Du moment donc qu'on les leur retranche, ils sont dans une nécessité absolue de congédier leurs domestiques et diminuer leurs dépenses. Le revenu diminue à proportion et d'une manière d'autant plus sensible, que les moindres impositions d'entrée sont de deux cents pour cent^ et il y en a qui vont à quatre cents. D'ailleurs, les domestiques retranchés et les ouvriers qui vivaient par leurs moyens, ne pouvant plus subsister, se sont retirés; les uns sont allés aux Indes, les autres sont péris de misère, ce qui est assez commun en Espagne ; de sorte qu'il est constant que le roi a converti en non valeur ce qu'il croyait devoir être un moyen de remplir les coffres de son
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épargne, et n'a fait qu'augmenter le nombre des mécontents'. »
En 1697, pendant que le duc de Vendôme assiégeait Barcelonne, Charles II fit saisir toutes les sommes d'argent placées en dépôt dans les églises. Il alléguait comme prétexte les besoins des troupes qui deyaient marcher au secours des Catalans. Mais sitôt que ce pillage ïoyal eut été accompli dans toutes les provinces, il envoya ordre au vice-roi d'accepter la capitulation qui lui était offerte ^
A la mort de Charles II, la dette publique s'élevait, dit-on, à un milliard deux cent soixante millions de réaux *.
I. Mânoire donné par le comte de Rébenae saison amiMissade en Espagne, du 20 mai 1689. Hannscrits français de la Bibliothèque du roi. Supplément français^ n» 63, fol. 214.