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274 SECONDE PARtIE,
lY. — LES BBI6ÀEDAGE9 ET LES PIRATERIES*
Les eotnmunicatioiis n'étaient pas seulement lentes et difficiles, elles étaient encore peu sûres, à cause du nombre prodigieux de bandits qui infestaient les provinces. Le brigandage ne déshonorait pas en Espagne, comme en France et dans les autres contrées de l'Europe. Le courage déployé dans ce métier ne perdait pas le droit d'exciter l'admiration publique. Plusieurs des héros les plus populaires de Caldéron sont des chefs de brigands * . Gervanîtès luimême, dont le^ ouvrages portent l'empreinte d'un sentiment moral que Ton ne trouve pas au même degré chez les autres"* écrivains de l'Espagne , ne craint pas de dresser un piédestal au chef des bandits catalans , au fameux Roque-Guinard.
Ce préjugé bizarre doit être attribué peut-être aux circonstances exceptionnelles dans lesquelles la Péninsule s'était trouvée au moyen âge. Les expéditions si fréquentes contre les Maures n'avaiè&t été le plus souvent que des incursions dévastatrices. On préludait par le pillage à la conquête. Aussi les soldats avaient-ils pris, en Espagne plus que partout ail-