‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 161 sur 202 · Campanella, p · texte numérisé non relu

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aucun effort pour mettre ses sujets à Tabri des insuites des Barbaresques. Il en résulta que le commerce entre Barcelonne et Valence, entre Âlicante et Murcie, entre Murcie et Malaga, fut presque abandonné, et que les étrangers, mieux armés^ en enlevèrent les profits aux nationaux. A la fin les pécheurs eux-mêmes, trop pauvres pour acheter des armes, n'osèrent plus s'aventurer trop loin du rivage. Les corsaires fondaient impunément sur leurs frêles embarcations et allaient vendre leurs prisonniers sur les marchés d'Alger, de Tunis et de Tripoli ^ Aussi les pêcheries les plus productives furent-elles délaissées. Celle du thon à ConiP avait rapporté autrefois quatre-vingt mille ducats au duc de Médina-Sidonia; elle n'en rapportait plus que huit mille sous le règne de Charles II ^ Une conséquence non moins funeste de cet état de choses fut la disparition presque totale de la classe des pêcheurs, parmi lesquels on avait recruté jusqu'alors les meilleurs matelots.

Ce furent surtout les Catalans qui souffrirent des pirateries des Barbaresques. Ils avaient envoyé jadis des consuls à Tunis, au Caire, à Constantinople, à

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