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2. Mémoires de FAcadémie de Ffaistoire de Madrid, t. VII> p. 889. 8. Goaimani<iaé par M. Ferdinand Denis.
marchands* Lorsque Lanoue, surnommé Bras-de- Fer, fut tombé entre les mains des Espagnols qu'il avait combattus en Flandre, ils se souTinrent qu'étant gouverneur de La Rochelle il avait fait courir sur leurs vaisseaux, et, pour se venger, ils lui firent subir une captivité cruelle dans le château de Limbourg. Ce ne fut qu'après six années de souffrances qu'il recouvra la liberté. LesRochelais continuèrent leurs brigandages même après le traité de Vervins, qui rétablit la paix entre la France et l'Espagne. Pendant tout le règne de Henri lY, ils amenèrent dans leur port des prises nombreuses. Sous la minorité de Louis XIII, ils devinrent plus audacieux encore. Ce fut en vain que Marie de Médicis promit de donner satisfaction au roi d'Espagne. Elle n'était pas assez puissante pour se faire obéir dans cette ville devenue le centre de la république protestante ^ Lorsqu'enfin Richelieu mit le siège devant La Rochelle, Philippe IV envoya vingt-huit vaisseaux qui devaient se joindre à la flotte française. Le 21 janvier 1628, ils parurent en vue de la ville assiégée,
1 . Voir, aax Archives de Siraancas, les nombreases dépêches adressées à Cardenas, ambassadeur d'Espagne à Paris, sur les déprédations exercées parles armateurs de La Rochelle en 16(3, 1614 et 1615. A. 59, 3i7. — A. 59, 309. — A. 59, 374. —A. 60, 27, 28, 29, 42, 64, 126, 138, 148, 149.
mais ils étaient si mal équipés qu'ils ne purent rendre aucun service , et à l'approche de quelques vaisseaux anglais ils se hâtèrent de rentrer dans les ports
d^Espagne.
La victoire de Richelieu mit un terme aux pirateries des Rochelais* Mais les Barbaresques continuèrent à infester les côtes de la Galice et des provins ces voisines. Des armateurs anglais se joignaient quelquefois aux corsaires d'Alger pour surprendre les galions qui revenaient des Indes. En 1 665^ le vaisseau la Marguerite» dont le chargement s'élevait à près de deux millions d'écus d'or % tant en monnaie qu'en marchandises, fut attaqué près de San-Lucar et presque à la vue des autres galions par cinq vaisseaux corsaires, dont trois étaient maures et deux anglais. Après un combat opiniâtre il fut pris et conduit à Tanger, où les vainqueurs partagèrent le butin* Les Maures gardèrent l'argent et la cochenille; ils laissèrent aux Anglais le navire fort endommagé avec le bois de campèche, le cacao et les autres marchandises. Les prisonniers, au nombre de quatre cents, dont plusieurs avaient exercé des charges dans les Indes, furent vendus comme esclaves'*.
2. Dépêche de rarcheTéqne d'Embron.da 28 avril 16C5. Archives da Ministère des affaires étrangères.
Le duc d'Albuquerque commandait , à cette époque, les forces navales de l'Espagne. Il se plaignit au gouvernement d'être réduit à la plus complète impuissance. Il n'y avait à Cadix ni vaisseaux ni galères qui fussent en état de tenir la mer. Le comte de Castrillo^ qui présidait le conseil des finances, répondit que le trésor était épuisé, et il allajusqu^à dire qu'il fallait renoncer à entretenir une armée navale ^ Le cabinet de Madrid resta dans l'inaction, se bornant à espérer que les vaisseaux ba^baresques pourraient tomber entre les mains du duc de Beaufort, que Louis XIV avait chargé de purger laUéiliterranée *. Le roi de France venait de prendre sous sa protection les galions des Indes, parce que ses sujets étaient intéressés dans ce commerce. Il persista dans le même système jusqu'à la fin du règne de Charles II, sans vouloir cependant attaquer de nouveau les Algériens, dont les Espagnols étaient hors d'état de repousser les insultes. Le 21 septembre 1698, il écrivit de sa main au marquis d'Harcourt, son ambassadeur à Madrid :
1 • Mignet, PfigoeiatUm$ relatives à ta succeaion d^ Espagne, t. I, p. 316.
2. Dépêche de rarchevéqae d'Embrun , du 28 avril J665. MinUlère des affaires étrangères.
i€ J'envoie les ordres au comte d'Estrées de préparer les dix vaisseaux qui vous ont été demandés, de les conduire lui-même ou de les remettre sous le commandement du chevalier de Goëtlogon, pour aller au-devant de la flotte que les Espagnols attendent, aussitôt que vous lui aurez fait connaître que le roi d*Espagi^e le souhaite. Je lui marque en même temps que s'il rencontre les vaisseaux d'Alger, lorsqu'il aura joint la flotte d'Espagne^ il déclare au commandant que mes sujets étant considérable** ment intéressés dans cette flotte, j'ai lieu d'attendre que les Algériens ne l'inquiéteront point dans son passage; que s'ils l'entreprenaient il ne pourrait pas souffrir que mes sujets reçussent un préjudice aussi considérable à la vue de mon pavillon. Je lui ordonne cependant de ne point les attaquer le premier, mais d'attendre qu'ils soient les agresseurs , s'ils en ont la témérité.
« Quant à la demande que le consul d'Espagne a faite de déposter les Algériens du cap Saint-Vincent, je ne puis y satisfaire sans leur déclarer ouvertement la guerre et sans contrevenir par conséquent à la promesse que je leur ai faite de les laisser en paix ^ »
«• Extrait d'une dépêche adressée par le roi au marquis d'Har-
Pendant que l'Espagne était en butte aux insultes des Turcs et des corsaires d'Alger^ de Tunis et de Tripoli, de hardis flibustiers^ dont la plupart étaient Français ou Anglais^ infestaient les côtes du Mexique et du Pérou.
Le traité de Yervins avait rétabli la paix entre la France et l'Espagne et toutes les colonies de ces deux royaumes. Mais un article secret avait apporté quelques restrictions à ce traité. Des lignes furent établies au sud et à l'ouest, et on les appela les lignes de Venelos des Amitiés^ Il fut convenu qu'au-delà du tropique du cancer au sud et du méridien des Açores à l'ouest, il n'y aurait pas de paix entre les sujets des deux couronnes, en sorte que les vaisseaux espagnols et français qui viendraient à se rencontrer au-delà de ces deux lignes pourraient courir les uns sur les autres, et que les prises seraient jugées bonnes comme si l'on eût été en pleine guerre , sans que la paix fût regardée pour cela comme enfreinte.
Les ministres de Henri IV donnèrent communication verbale de cette clause aux négociants des ports. Dès lors, on vit des armateurs du Havre, de Dieppe
court, le 21 septembre 1698. Archives du Miuistère des affaires étrangères.
et de Saint«-Malo se cotiser pour entreprendre des voyages à Vmal ou de long eour$. Leurs vaisseaux, chargés de marchandises de contrebande, ne partaient plus pour les Indes qu'armés en guerre et prêts à soutenir la lutte contre tous ceux qui viendraient les attaquer. S'ils rencontraient au-delà de Venclo$ des Amitiés quelque navire espagnol égaré de la flotte ou des galions, ils le capturaient et le ra« menaient en France. Aussi ces voyages étaient-ils extrêmement fructueux. En 1626, un vaisseau espagnol, richement chargé, fat pris dans Y enclos des Amitiés et réclamé par l'ambassadeur d'Espagne, mais il n'en fut pas moins jugé de bonne prise dans le conseil du roi \
Un grand nombre d'armateurs finirent par renoncer entièrement au commerce pour aller, comme ils disaient, courir le bon bord '. Excités par l'appât du butin, ils exécutèrent les entreprises les plus audacieuses. La plupart s'unirent avec d'autres aventuriers d'Angleterre et de Hollande pour pouvoir continuer avec plus de sécurité leur métier lucratif. Ce
1. Voyez le Mémoire adressé à Mazarin, le 32 mai 1648, avec ce litre: Advitpour U eonmercB d*oultrê mer, en traietant la paix. Archives du Ministère des aCEaires étrangères. Espagne, 1647 et