‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 175 sur 202 · IT · texte numérisé non relu

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auteurs sincèrement catboliques, fit dire à sainte Thérèse de Jésus , avec cette candeur qui lui était si naturelle : « Lorsqu'on enleva tant de livres composés en langue espagnole, afin d'en empêcher la lecture, j'en fus extrêmement affligée, car il y en avait plusieurs qui étaient une source de ccmsolations pour moi, et il m était impossible de lire ceux qui étaient écrits en latin. Ce fut alors que le Seigneur me dit : « Ne t'inquiète pas , je te donnerai le livre de vie. » On sait que sainte Thérèse ne fut pas à Fabri des persécutions du saintK)ffice, et quepeu d'hommes célèbres par leur savoir échappèrent aux poursuite» de ce tribunal redoutable. 11 suffit de nommer le premier archevêque de Grenade , Ferdinand de Talavera, l'apôtre des Alpujarras; Jean d'Âvila, l'apôtre de l'Andalousie ; Louis de la Gadena , chancelier de l'Université d'Alcala deHenarès ^ ; Barthélémy de Las Casas, que l'on accusa d'avoir soutenu des opinions contraires aux doctrine» de saint Pierre et de saint Paul, sur la soumission que les sujets doivent à leurs souverains ; Pierre de Lerma , qui fut accusé de luthéranisme , parce qu'il cherchait à ranimer le goût de la littérature ecclésiastique , en engageant ses disciples à étudier les Pères de l'Église et

1 . 11 chercha un asile à Paris, et fut reçu doeleor en Sorbonuc.

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à ne pas s'en rapporter aveuglément à l'autorité des maîtrefi *; Louis Ponce de Léon, qui passa cinq ans dans les cachots de Yalladolid, séparé de la so* ciété des hommes et privé de lumière , parce qu'il avait eu le malheur d'exciter la haine d'un de ses collègues jaloux du succès de son enseignement. Le prétexte de cette violence fut la traduction en vers espagnols du Cantique de Salomon , traduction si orthodoxe ({u'elle fut accueillie avec empressement en Italie et dans tous les pays catholiques. A cette époque , Louis Ponce de Léon ne l'avait pas même publiée; il s'était contenté de la confier, sous le sceau du secret , à un de ses amis dont l'indiscrétion le perdit ••

Lorsque les accusés appartenaient à des familles riches et puissantes, on taisait les noms des témoins qui déposaient contre eux, précaution cruelle, qui encourageait la délation en assurant l'impunité au délateur. Il arrivait souvent, dans ce pays où les haines de famille étaient aussi fréquentes qu'impla-* cables , que des innocents étaient condamnés sur de

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