‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 19 sur 202 · Simond!,t.XXV,p · texte numérisé non relu

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Courtrai, dont les fortifications avaient été rasées par ses ordres^ mais il conserva la forteresse de Luxerabourg.

Deux ans après , une nouvelle coalition se forma contre la France ; elle fut signée à Augsbourg le 9 juillet 1686. Le but des alliés était d'opposer une digue aux envahissements de Louis XIV, et de maintenir rintégrité de TEmpire telle qu'elle avait été garantie par les traités de Westphalie et de Nimègue et par la trêve de Ratisbonne. La roi d'Espagne entra dans cette ligue comme membre de TEmpire pour le cercle de Bourgogne, mais il ne joua qu'un rôle secondaire dans la guerre qui suivit. Sa faiblesse était si grande que, malgré l'épuisement de la France, obligée de lutter à la fois contre TEmpire , l'Angleterre, la Hollande , la Suède et la Savoie, il ne parvint pas à reconquérir les provinces qu'il avait perdues, et qu'il fut obligé de se tenir sur la défensive. Le duc de Noailles , gouverneur du Roussillon , passa les Pyrénées en 1689 , et , ranimant par ses proclamations les vieilles haines de la Catalogne contre la Castille, il réussit à tenir en échec une grande partie des forces de l'Espagne. Les troupes qu'il commandait étaient composées de recrues mal armées , mal approvisionnées ; l'élite des soldats français combat-

CHARLES II. Ai

tait en Flandre ^ en Allemagne , en Irlande et snr mer. Et cependant il parvint à se rendre maître de Campredon^ de RipoU , de Saint-Jean de las Badessas. En 1691, il s'empara d'Urgel et de Belver, et ces deux villes furent obligées de payer d'énorraes contributions pour échapper au pillage ^ En même temps le comte d'Estrées bombardait Barce > lonne. Huit cents bombes furent lancées dans cette ville. Elles brûlèrent la douane, l'arsenal, le palais du vice-roi, la cathédrale et une centaine de maisons. Les habitants ne parvinrent à maîtriser l'incendie que lorsque le bombardement eut cessé *. Pour calmer l'irritation des Catalans , le comte d'Estrées fit publier des proclamations dans lesquelles il les exhortait à se déclarer contre le roi d'Espagne, qui ne faisait rien pour les défendre. Il ajoutait qu'il n'avait cessé le feu qu'en considération des habitants de Barcelonne. Après cette exécution , il remit à la voile, et le 12 juillet 1692 il jeta l'ancre devant Alicante. Deux mille bombes lancées sur cette malheureuse ville la détruisirent presque tout entière *. Cette diversion permit au duc de Noailles d'investir

t . Mémoires de Noailles, 1. 1, p. 178 sq. Paris, 1777:

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