Cadalso, Cartas Marruecat, p. 72. Barcelonne
2. Dépêche du marquis de Villars, da 22 février 1681. ArcbiYes du Ministère des aflàires étraDgères. Gonespondance d'Espagne.
moire à Philippe III , sur les moyens d'arrêter la dépopulation croissante du royaume. Il lui recommandait d'alléger le poids des impôts^ en augmentant le nombre des contribuables^ c'est-à-<lire en supprimant les privilèges qui mettaient une foule de citoyens à l'abri de toute imposition. Cette mesure aurait eu pour résultat d'empêcher, ou du moins de rendre plus rares ces émigrations en Amérique, si fatales à l'Espagne. Il proposait ensuite d'abolir un grand nombre de charges aussi onéreuses pour le trésor qu'inutiles à l'État; de contraindre les grands à s'éloigner de la cour , à vivre dans leurs domaines^ au milieu de leurs vassaux^ pour encourager l'agriculture et répandre Taisance jusqu'au fond des provinces; d'accorder des privilèges et des récompenses aux laboureurs; de ne pas permettre qu'on les emprisonnât pour cause de dettes, pendant les mois consacrés aux travaux de la campagne. Il proposait même de remettre les dettes aux cultivateurs pour les encourager ^ La pensée de Sully inspirait les membres du conseil de Cas* tille, lorsqu'ils rédigèrent ce mémoire. « Le labourage
1 . Compendio de la Historia de Espana, por don Joseph Ortiz j Sanz, t VI, p. 331-346. Madrid, 1801.
€t le pâturage, disait le ministre de Henri lY , voilà les deux mamelles dont la France est alimentée, les vrais mines et trésors du Pérou^ m On sait qu'il encourageait partout Tagriculture et le défrichement des terres laissées incultes pendant les guerres de religion; qu'il avait obtenu un édit, contresigné par le roiy qui défendait de comprendre les instruments aratoires dans le nombre des objets exposés à la saisie; qu'il avait ouvert de tous côtés des routes plantées d'arbres fruitiers ou destinés à la marine ^ L'Espagne n'était pas placée, au commencement du XVII* siècle, dans des circonstances aussi favorables que la France; elle venait de bannir les Maures dont le travail l'avait longtemps enrichie , et, tous les ans, elle perdait quarante mille de ses habi* tants qui cherchaient fortune à l'étranger. Ainsi la raison d'État commandait impérieusement à Phi^ lippe III de remédier au mal, lorsqu'il en était peutêtre temps encore; cependant ce prince ne songea pas à convertir en lois les vœux exprimés par le conseil de Castille* Son successeur fit enfin paraître un décret pour arrêter les progrès de la dépopulation en Espagne. Â l'exemple de Colbert, il accorda des