‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 83 sur 202 · franc8« 4 Ranke, p · texte numérisé non relu

franc8« 4 Ranke, p

A lavénement de ce prince, la dette publique s'élevait à trente-cinq millions de ducats ^ Ses conseillers lui proposèrent une banqueroute, sous prétexte que les créanciers de son père étaient suffisamment indemnisés par les intérêts usuraires qu'on leur avait payés. Le roi rejeta cet avis pour ne pas anéantir le crédit public. Il prit la résolution de supporter le lourd fardeau que son père lui avait légué, et pour faire face aux dépenses qu'entraînait la guerre contre la France il falsifia secrètement les monnaies. Les remontrances de son confesseur et celles de l'assemblée des certes le déterminèrent à renoncer à cet expédient dangereux. Il recourut aux impôts. L'exportation des laines faisait la principale richesse de la Castille. Sous prétexte que les manufacturiers et les marchands devaient contribuer à l'entretien des flottes armées pour purger la mer des corsaires qui l'infestaient, Philippe II exigea un ducat ^ pour chaque sac de laine envoyé en Flandre, et deux ducats pour chaque sac de laine envoyé en France ou en Italie. Si la laine

1 • 289,100,000 francs. L'ambassadeur vénitien Tiepolo, dans une relation manuscrite à la seigneurie de Venise, évalue ainsi les dettes de la monarchie espagnole vers les commencements du règne de Philippe H : « E solecito quanto ogn' altro al accrescimento del denaro, e certo ha grandissima raglone dl farlo, essendo impegnate le entrade sue per 35 millioni d'oro. » Àpud Mignet, Introduction, p. xx. Note.

Page 1