‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 95 sur 202 · Campomanès, Educacion popular, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Campomanès, Educacion popular, 1. 1, p

exact de la vaisselle d'or et d'argent qu'ils possé^ daient. 11 justifiait cette mesure en alléguant que, d'après les informations qui lui étaient parvenues, la quantité de métaux préeieux fondus en vaisselle et en vases sacrés était si prodigieuse^ que^ si elle était convertie en monnaie et mise en circulation, elle suffirait pour ranimer le commerce et l'industrie et rendre à la nation son ancienne prospérité. Tout le monde comprit qu'il s'agissait d'une spoliation. Le clergé s'éleva contre cette mesure, dont il redoutait les effets surtout pour lui-même. Il l'attaqua dans ses écrits et du haut de la chaire, la qualifiant de violation directe des privilèges et immunités de l'Église. En vain la cour de Madrid obtint-^lle du pape Clément YIII un bref qui lui permit de disposer de l'argenterie du clergé, à condition d'en restituer la valeur dans Tespace de huit ans; en vain les évè-* ques de Valladolid et de Zamora donnèrent-ils l'exemple et livrèrent-ils volontairement la vaisselle de leurs églises : le clergé persista dans son opposition et résista avec tant de vigueur que l'édit de Philippe III ne fut pas exécuté*.

L'ordonnance rendue en 1601 pour soumettre les Biscayens à l'impôt des millones ne fut pas mieux

Page 1