‹ L'Espagne en 1850; tableau de ses progres les plus récentsChapitre 31 sur 45 · NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMBRE

Provinces des des prêtres d'habitants

par ordre églises qui les par église géographique. paroissiales. desservent, paroissiale (1849).

Badajoz 197 335 1,706

Cacerès 142 360 1,852

Séville 172 371 2,442

^? Cadix 78 197 4,695

/ Huelva 112 136 1,370

Cordoue 120 291 2,908

Jaen 156 295 2,000

Grenade 233 291 1,833

Alméria 133 267 2,2C0

Malaga 133 313 3,300

Murcie 125 218 3,200

Albacète 97 148 2,106

Valence 323 849 1,548

Alicanle 207 481 1,754

Castellon 154 467 1,673

Zaragosse 386 815 907

Huesca 835 920 296

Teruel 235 351 1,064

Barcelone 578 812 932

Tarragone 246 408 1,1 80

Lérida 91 3 696 216

Géronc 438 773 630

Navarre 854 1,412 175

Biscaye 210 445 675

Guipuzcoa 162 492 502

Alava 416 663 618

Baléares f . • . . » » »

Canaries » » »

L'Andalousie, et en général le midi de l'Espagne, ren-^ ferme les paroisses les plus chargées d'habitants; cela vient de ce que celte contrée contient un grand nombre de gros bourgs très-peuplés.

Malgré l'augmentation de la population, le nombre des

paroisses ne s'est que légèrement accru , car en 1799 i! y en avait 19,186, ce qui faisait 548 habitants pour chacune, tandis qu'actuellement le nombre des paroisses est de 19,518 et la moyenne de leurs habitants de 728.

Le haut clergé se compose de huit archevêques et de quarante-neuf évêques ainsi distribués :

Archevêché de Tolède. Evêques suffragants à Cordoue, Cuença, Siguenza, Jaen, Ségovie, Carthagène, Osma, Valladolid.

Archevêché de Séville. Evêques suffragants à Malaga , Cadix, Ceuta et aux Canaries.

Archevêché de Santiago. Evêques suffragants à Salamanque, Tuy, Avila, Coria, Placencia, Astora, Zamora, Orense, Badajoz, Mondonedo, Lugo et Ciudadftodrigo.

Archevêché de Grenade, dont dépendent les évêques d'Alméria et de Guadix.

Archevêché de Burgos. Suffragants : Pampelune , C ilahorra, Palencia, Santander, Tudela.

Archevêché de Tarragone. Suffragants : Barcelone, Gérone, Lérida, Tortosa, Vich, Urgel, Salsona, Ivice.

Archevêché de Zaragosse. Suffragants : Huesco, Barbastro, Jaca, Tarazona, Albaraci, Teruel.

Archevêché de Valence. Suffragants : Ségorie, Orihuela, Majorque et Minorque.

Enfiu, deux évêques, ceux de Léon et d'Oviédo, qui ne sont pas suffragants.

Ces renseignements sont extraits du Die. de Hacienda de M. Canga-Arguelles, ancien ministre des finances de l'Espagne; ils présentent donc toutes les garaulies d'exactitude. Mais M. A. de Labord, qui était en général bien renseigné, donne des nombres un peu différents, et nous ne savons pas si cette différence provient d'une erreur ou de changements opérés dans l'organisation des diocèses. M. de Labord cite les chiffres auxquels nous faisons allusion pour prouver que, proportionnellement à son étendue, l'Espagne n'avait pas autant d'ecclésiastiques que la France avant 1789 (Itinéraire, vol. v de la première édition, p. 19). D'après lui, il y avait alors :

En Espagne. En France.

Archevêchés et évèchés

Chapitres de cathédrales

Chapitres de collégiales

Abbayes d'hommes (réguliers)

Abbayes de filles

Prieurés royaux de filles. . . .

Chapitres de chanoinesses. . .

Individus du clergé séculier. .

Les devenus du clergé ont été diversement évalués, et même les recensements n'ont pas fourni des chiffres très-semblables. Cela vient, d'un côté, de la difficulté d'obtenir des renseignements de cette nature, et de l'autre, des variations que la valeur des produits subit par la hausse ou la baisse des prix; car on sait qu'une partie notable des revenus du clergé était perçue en nature sous le nom de dîmes. Nous dirons seulement que, d'après D. Juan Àlvarès Guerra, par exemple, les biens appartenant au clergé produisaient 56i,622, 000 réaux (14*1,155,500 f.), et les dîmes 200 millions de réaux ou 50 millions de francs, tandis que Conga-Arguelles évalue les dîmes à plus du double (4-80 millions de réaux) [1], et que d'autres auteurs ont encore des chiffres différents. Si, pour obtenir un produit approximatif, nous nous appuyons sur les impôts que payaient le clergé, ou plutôt sur la part des dîmes qui revenait au trésor, nous aurions, comme moyenne des années 1826 à 1835, la somme de 295,343,663 réaux (73,835,916 fr.) pour la valeur annuelle de la dîme, et ce chiffre peut être considéré comme le minimum, à cause de la source où il est puisé.

Quant aux biens du clergé, le document officiel suivant en indique la valeur totale selon l'estimation faite par l'administration (l re colonne). Cette estimation s'est trouvée très-inférieure à la valeur réelle, comme le montre la comparaison de la 2 e et de la 3 e colonne. La 2 e colonne

(1) Dans le supplément de son dictionnaire (Madrid, 1840) il n'arrive qu'à un total de 306,951,908 réaux.

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contient la valeur estimée des biens vendus; la 3 e , la valeur obtenue à l'adjudication. Les sommes que nous reproduisons représentent le capital dont les revenus sont évalués à 3 p. 0/0.

Valeur totale des biens du clergé

Provinces vendus"^ ^endusl vendus.

géographique. l'estimation.) restlmation.) Padjodicaiion.)

fr. fr. fr.

Madrid 53,333,147 32,196,262 70,675,302

Tolède 45,027,372 20,972,500 45,447,000

Guadalajara . . 8,814,750 5,465,045 9,425,232

Cuença 7,925,685 3,730,122 6,117,082

Ciudad-Réal . . 5,376,815 2,872,185 4,913,745

Burgos 19,789,287 5,504,450 13,332,312

Logrono 1^,613,402 4,949,390 9,067,062

Santander.... 3,869,550 1,380,022 2,462,555

Soria 6,187,680 1,028,647 2,868,440

Ségovie 16,117,940 6,096,460 12,093,345

Avila 16,143,687 5,860,777 13,573,030

Palencia 15,673,750 10,164,742 1 8,107,360

Valladolid.... 24,095,132 13,337,442 21,941,637

Léon 24,054,685 6,362,612 13,399,152

Zamora 25,071,312 12,711,247 22,666,965

Salamanque.. 30,044,342 18,618,117 39,632,360

Oviédo I2,914,5t5 2,482,730 5,350,412

Corogne(La).. 21,965,417 2,787,040 6,421,482

Lugo 7,108,345 2,001,722 3,443,615

Orense 16,217,845 1,590,595 1,899,310

Pontevedra... 10,937,140 611,336 1,051,657

Badajoz 22,(04,720 12,952,422 25,946,477

Cacerès 18,311,042 9,310,110 22,203,017

Séville 58,864,422 32,694,252 106,609,157

Cadix 34,731,500 15,758,505 32,724,602

Huelva 7,107,675 3,630,035 9,726,342

Cordoue 32,469,192 21,218,737 47,835,200

Jaen 22,992,315 15,683,297 28,095,092

Grenade 27,058,257 9,390,430 20,559, 73G

Valeur totale des bien» du clergé

Provinces par ordre géographique.

vendus et non ▼endos.

(Selon l'estimation.)

fr.

Alméria 5,908,162

Malaga 17,065,795

Murcie 10,107,032

Albacète 3,460,987

Valence...... 54,967,030

Alicante 11,625,652

Castellon . . . . 15,754,717

Zaragosse . . . . 40,312,650

Huesca 13,557,220

Teruel 7,152,097

Barcelone 21,101,980

Tarragone.... 13,338,832

Lérida 12,264,045

Gérone 10,051,667

Navarre 21,165,915

Biscaye 3,950,630

Quipuzcoa .... 3 , 303 , 595

Alava 5,887,357

Baléares 5,237,692

Canaries 5,004,005

vendus. vendus.

(Selon (Selon l'estimation.) l'adjudication.)

On aura remarqué combien l'estimation était restée an-dessous de la valeur réelle de ces biens, puisque ceux qu'on a vendus et qui avaient été évalués à 387,4.18,315 fr.

ont été adjugés pour la somme de 873*246,433,

et cela à une époque de guerre civile où toutes les propriétés étaient dépréciées. On ne doit pas oublier, en outre, que les circonstances jetaient uuc défaveur particulière sur ces biens. On n'exagère donc pas en estimant la

| valeur totale des biens du clergé (vendus ou non) à plus

l de deux milliards de francs.

Actuellement les affaires du clergé sont réglées par la loi du 20 avril 18V9, et l'Etat supporte, pour sod entretien, les sommes suivantes :

Personnel du clergé séculier du royaume (83,491,888 réaux ou) 20,872,972 fr.

Personnel du clergé paroissial des provinces basques (4,611,434 réaux ou) 1 , 152,858

Total 22,025,830

Matériel du culte du royaume 46,100,898)

Matériel des [47,420,512 r.

provinces bas- ( ou 11,855,128

ques . 1,319,614)

Total 33,880,958

Religieux claustrés :

Personnel.. 16,503,265 1 19,210,769 r.

Matériel.. 2,707,504 ( ou.. 4,802,692

Total général. . . 38,683,650 fr.

La suppression descouveuts est restée définitive ; mais jon a rendu au clergé séculier ceux de ses biens qui na- ! vaient pas été vendus au I er août 184-5. Ils en touchent

directement les revenus (23,918,560 r. ou 5,979,648 fr.);

c'est pourquoi ces derniers ne figurent point au budget.

Au moment de mettre sous presse, la Gaceta de Madrid publie le texte du Concordat conclu entre le saintsiége et l'Espagne ; nous croyons devoir en donner l'analyse :

La religion catholique reste la religion de l'Espagne, à l'exclusion de tout autre culte. L'enseignement public sera conforme à la doctrine catholique et placé, à cet égard, sous la surveillance du corps épiscopal. Le gouvernement lui accordera son appui pour l'accomplisse-

ment de ses devoirs, la conservation de la purelé de la foi et des moeurs et la suppression des livres nuisibles. Le clergé jouira, pour les matières ecclésiastiques, de la liberté définie par les canons de l'Eglise.

Le siège de Valladolid est élevé à la dignité métropolitaine. Les huit archevêchés existants sont conservés, ainsi que quarante- trois évêchés; il est créé trois nouveaux sièges épiscopaux, à Madrid, Ciudad-Réal et Victoria ; il en est supprimé neuf.

Les quatre ordres chevaleresques sont réunis, et il leur sera assigné un territoire diocésain. Sous le titre de Prieur des ordres militaires, un évèque in partibus y exercera l'autorité épiscopale ; les rois d'Espagne conserveront les droits et prérogatives du grand-mallre, suivant les prescriptions des bulles pontificales.

Un article règle l'organisation des chapitres, un autre fixe le nombre des bénéfices. La collation de quelquesuns de ces bénéfices et de plusieurs dignités capitulaires est réservée au patronage royal.

Tous les desservants de chapelle sont placés sous l'autorité du curé de la paroisse, nonobstant privilèges anciens.

Les curés sont nommés au concours, suivant les règles du concile de Trente. Les privilèges patrimoniaux sont abolis. Les vicaires sont nommés par l'évêque, après simple examen synodal du sujet.

Le gouvernement s'engage à établir sans retard des séminaires dans chaque diocèse, sans préjudice des séminaires généraux. Il établira des maisons d'ordres religieux pour servir de retraite aux ecclésiastiques.

Les couvents de femmes, qui servent à l'éducation, seront conservés ainsi que l'institut des filles de la Charité.

La dotation des prélats est fixée. L'archevêque de Tolède aura 160,000 réaux (40,000 fr.) par an; le prieur des quatre ordres, 40,000 réaux; les cardinaux auront, en outre de la dotation, 20,000 réaux.

La dotation du culte et du clergé est réglée d'après les mêmes principes. Le gouvernement pourvoira à l'entre-

tien des couvents établis. Les biens non aliénés leur seront rendus et vendus par l'intermédiaire des évêques, d'après des règles fixées; leur produit sera appliqué aux besoins des congrégations et au payement des pensions des religieuses, sans préjudice des obligations du gouvernement.

La dotation du culte et du clercé ne pourra pas être diminuée ; elle pourra être augmentée. Elle sera prise sur le produit des biens aliénés par la loi du 3 avril 1845, sur celui des aumônes de la croisade (crusada) et des commanderies et maîtrises des quatre ordres militaires -, enfin, sur celui d'un impêt que le clergé percevra lui-même en nature ou en argent, suivant convention faite avec les communes ou les particuliers, et avec l'appui de l'autorité. En outre, on restituera à l'Eglise ses biens non encore vendus, et ils seront convertis en rentes 3 p. 0/0. Le gouvernement s'oblige à faire accomplir les charges des fondations religieuses par ceux qui ont été nantis des biens de ces fondations, et prend pour lui les charges fondées sur les biens qui ont été aliénés.

L'administration des biens ecclésiastiques appartient au clergé, ainsi que celle du produit de la bulle et de la croisade, et des fonds provenant de l'induit quadragésimal. De plus, l'Eglise a le droit d'acquérir, à toute espèce de titre légitime.

Moyennant l'exécution de ces clauses, le saint-siége s'engage à ne molester en aucun temps les acquéreurs réguliers des biens du clergé, qui pourront en jouir en toute sécurité.

Le concordat confirme les conventions précédentes, etc., etc....

11 est inutile d'insister sur l'importance de cet acte à la fois politique et religieux , et qui a même une influence économique en inspirant la sécurité la plus complète aux acquéreurs des biens du clergé.

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