‹ L'Espagne en 1850; tableau de ses progres les plus récentsChapitre 39 sur 45 · Industries qui emploient des matières minérales · texte numérisé non relu

Industries qui emploient des matières minérales

Tuilerie et poterie. — 2,684 ouvriers faisaient annuellement plusieurs millions de tuiles, briques, etc. La faïence n'était fabriquée que dans trois provinces.

Fer. — Onze provinces seulement avaient des bauls fourneaux et des forges. En 1799, 12,933 ouvriers ont produit 15,256,820 kilogr. de fer marchand.

Quincaillerie. — 4,313 ouvriers. Produit, 3,589,380 kilogrammes.

La valeur totale des produits de ces industries, ainsi que de celles que nous n'avons pas énumérées en détail, a été établie ainsi qu'il suit par le recensement officiel :

Valeur des produits végétaux 331,044,297 fr.

animaux 93,862,184

minéraux 86,243,658

— — — mixtes 15,469,713

Les revenus des offices ministériels, etc., sont estimés à 13,231,667

Total 539,841,417 fr.

Selon Canga-ArgueUes, il faut augmenter ce chiffre d'un tiers pour compenser les atténuations inévitables d'un tel travail ; en opérant celte augmentation, nous trouvons environ 719 millions de francs pour la valeur totale des produits industriels.

D'après la même source officielle, les salaires entrent dans la somme de 539 millions pour les chiffres suivants : 49,732,816 fr. gagnés par 121,115 artisans, etc.,

habitant les bourgs et villages (3 réaux 1/2 ou 91 centimes par jour).

110,517,437 fr. gagnés par 242,230 artisans, demeurant dans les villes (5 rcaux ou 1 fr. 35 c. par jour).

Total.. 160,250,283 fr.

Nous chercherons maintenant à élablir l'état actuel de l induslrie espagnole. Les nombreux documents à notre disposition nous permettent de fournir des renseignements assez approximatifs; mais, si nulle part la statistique de l'industrie peut prétendre à une exactitude rigoureuse, c'est surtout actuellement en Espagne. Le progrès est si rapide que les chiffres d'aujourd'hui sont dépassés demain. De toute paît on voit s'élever des fabriques et des usines, fondées soit par des Espagnols, soit par des étrangers. Ces derniers affluent dans ce pays plein d'avenir, où il reste encore assez de champs en friche pour récompenser des hommes actifs et intelligents qui y apportent leurs talents ou leurs capitaux.

Néanmoins cette difficulté ne nous empêchera pas de faire un essai pour constater l'état actuel ; le résultat que nous obtiendrons pourra du moins servir de jalon pour mesurer les progrès futurs.

Commençons par les industries qui emploient des matières textiles.

1. Chanvre et lin. — Dans beaucoup de pays, et aussi en Espagne, le coton a remplacé le lin et le chanvre pour beaucoup d'usages domestiques, mais il ne paraît pas que la culture des derniers en ait diminué. Cela vient de ce que, dans beaucoup de provinces, la ûtature et le tissage s'exécutent encore presque uniquement à la main, et que le travail fait dans les moments perdus n'est pas compté. Il existe cependant dans la Catalogne, à Malaga, à Avilès, dans le Guipuzcoa, plusieurs établissements employant les machines les plus perfectionnées pour la filature du lin. Celte industrie nouvelle à même déjà progressé, surtout en Catalogne, où, en 1846, 3,200 ouvriers ont produit , au moyen de 1,600 métiers , 2,500,000 mètres de tissus valant environ 5 millions de francs. La Galice et le Léon , où pourtant la culture du lin et du chanvre est le plus répandue, ont fait le moins de progrès, et les toiles vendues par ces provinces proviennent du travail domestique.

En y comprenant la corderie, qui s'est également perfectionnée, les industries qui emploient le chanvre et le

lin, produisent pour environ 60 millions de francs de fils, toiles, rubans, bonneterie, dentelle, etc. (En 1799, 48,192,121 fr.)

2. Coton. — L'industrie des cotons a pris une certaine importance en Espagne. Elle est, en majeure partie, concentrée dans les provinces de la Catalogne, où elle occupe un grand nombre d'ouvriers et emploie des capitaux considérables. Il convient donc d'entrer dans quelques détails.

a. Filature. — On a filé en 1846, dans 1,164 établissements, 13,160,000 kilogr. de fils, dont 2,295,380 kilogr. ont été tordus. En 1841 on n'avait produit que 7,632,000 kilogr. de fils, dont 1,850,800 kilogr. tordus.

On a employé à cet effet les machines et moteurs suivants :

Moteurs. 1841. 1846. 1846.

Vapeurs... chevaux. 300 2,149 valeur. 5,655,260 fr.

Eau 565 1,192 1,882,105

Animaux 1,229 427 359,575

Machines. Broches. Valeur.

11,010(1) 9,572 1,206,378 1,258,440 » 48,479,525 fr.

Tours et machines à tordre.

Tours.

1 84 1 . . 313 ayant 30,000 broches valant »

1816.. 450 - 40,500 — - 426,315 fr.

Machines.

(1) Le nombre des machines est plus grand en 1841 ; cela vient de ce qu'à partir de cette époque on a remplacé les anciennes machines par d'autres beaucoup plus puissantes. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à comparer le nombre des broches existant en 1841 et en 1846.

Ces travaux ont élé exécutés par les nombres d'ouvriers suivants :

Nombre Salaire annuel total

en 1841. en 1816. en 1841. en 1846.

fr. fr

Hommes 1,670 5,710 1,555,211 6,491,540

Femmes 19,284 28,845 6,599,418 1 5,685,260

Enfants 10,530 14,488 1,410,136 2,744,340

fr. fr.

/En édifices 12,225,000 22,500,000

r - to „, JEn moteurs | . Ift/Wl i 7,896,945

C*** 1 ™* j En machines j 11 >™><**> j 51 [tëi ^70 ,

( En circulation 10,502,000 35,684,210

b. Tissage.

Nombre des métiers. Leur valeur.

fr.

En 1841 25,620

En 1846 57,875 6,985,255

Ouvriers 1841. 1846.

fr. fr

Hommes fc4,541 59,500 14,945,830 44,905,200

Femmes 11,215 16,500 2,999,145 13,547,340

Enfants 4,608 9,600 685,835 1,818,900

fr. fr

En édifices 10,727,606 21,578,945

Capitaux {En machines 4,177,010 6,985,255

En circulation 20,618,924 51,578,945

1841. 18KÎ.

I Tissus de toutes espèces 55,142,244 mètres. 95,948,000 mètres. Mouchoirs 519,816 douz««. 630,000 douz-" Couvertures diverses ? 30,000 pièces.

Non compris les tissus mélangés.

c. Impression.

L'impression sur étoffe de colon a progressé comme le reste de l'industrie cotonnière. Aux 62 fabriques de 18k i sont venus s'ajouter 7 nouveaux établissements. Les machines ont été augmentées et souvent remplacées par des instruments plus parfaits. Le nombre des ouvriers était, en 1841, de 1,40* hommes, 119 femmes .et 1,700 enfants : en tout, 3,223; en 1846, on comptait 1,986 hommes, 627 femmes et 2,236 enfants: en tout, 4,849. Le salaire des hommes est de 135 fr. par mois ; celui des femmes, 48 fr. 60 c, et celui des enfants, 18 fr. 90 c. La production a augmenté dans une progression plus rapide encore, et elle a fait marcher en même temps les blanchisseries et les teintureries.

Outre les manufactures de colon de la Catalogne dont nous venons de donner la statistique, il y a aussi a Malaga et dans le Guipuzcoa quelques établissements qui produisent des fils et des tissus; mais, quoique importante, la somme totale de leurs produits est loin d'atteindre le chiffre de la production catalane.

La valeur des produits de l'industrie des cotons a été estimée, en 1799, à 49,088,380 réaux, ou 12,272,095 fr.

Depuis, les prix ont considérablement diminué. Néanmoins, cette production a tellement augmenté qu'elle a pu être évaluée :

En 1841, à près de 80 millions, En 1846, à plus de 135 millions.

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