‹ L'Espagne en 1850; tableau de ses progres les plus récentsChapitre 41 sur 45 · COMMERCE · texte numérisé non relu

COMMERCE

Le commerce extérieur d'un pays n'est alimenté d'une manière durable que par l'excédant de sa production. Quels que soient les événements qui jettent de la perturbation dans une contrée qui a des denrées en abondance, au retour de la paix ou de la tranquillité, l'ancienne prospérité commerciale se rétablit comme par enchantement. Loin de ressembler à un convalescent qui ne recouvre ses forces que peu à peu, le commerce est plutôt assimilable à un ressort tendu , qui reprend immédiatement sa position naturelle quand on lui rend sa liberté.

C'est que dans un tel pays le commerce répond à un besoin dont il est difficile de faire taire la voix. Il n'en est pas de même du commerce de transit ou môme de transport. Le moindre obstacle que la marchandise trouve sur sa route suffit pour lui en faire prendre une autre, et nous changeons d'intermédiaire avec une grande facilité. On supprime même assez volontiers ces derniers, et celui qui a des produits à vendre tend, en général, à entrer en communication directe avec l'acheteur.

Gomme tous les pays du monde, l'Espagne trouve dans ses productions et ses consommations de quoi entretenir un commerce durable, mais ses transactions n'atteignent pas les chiffres considérables de plusieurs Etats voisins. Cela vient particulièrement de la faiblesse relative de son industrie, mais aussi un peu de l'impossibilité où se trouve une grande partie de son territoire de produire pour l'exportation. Il n'y a guère encore que le littoral qui puisse fournir des marchandises pour le commerce

extérieur, et ce n'est qae peu à peu que le centre y prendra une part active. Déjà, cependant, les progrès sont visibles, et ils deviennent chaque jour plus importants. Quand leur influence sera plus sensible, on verra croître avec plus de rapidité encore la valeur des marchandises importées ou exportées. Voici les chiffres constatés jusqu'à présent. {Documenté off.)

Commerce extérieur de V Espagne.

Importation . Exportation .

; Ce qui est remarquable, c'est l'excédant considérable et permanent de l'importation, dont le chiffre doit encore être augmenté de la valeur de la contrebande si active dans ce pays. Nous signalons ce fait sans l'expliquer, car nous ignorons les bases d'après lesquelles ces évaluations sont faites, et l'on sait que la même marchandise est estimée à des prix différents par les administrations des divers pays (1).

Nous avons quelques détails sur les éléments qui composent les chiffres atteints en 1846 et 1849 (2).

En 1846, l'importation et l'exportation se subdivisent ainsi :

que

Avec l'Asie...

Exportation 35, 763,000 ( 100 > 425 > 000 Importation 3,201,0001 o ft7<) ^ Exportation 471 ,000 f 3,672,000

(1) On se tromperait en croyant que la différence se solde en numéraire, car dans l'exportation figurent le numéraire et les métaux produits par les mines espagnoles.

(2) Pour 1846, voyez Failt commerciaux, septembre et octobre 1848. Pour 1849, la Gaccta de Madrid, du 24 octobre 1850 .

En 18W, les suites des événements politiques de 1848 ont encore exercé un effet sensible sur les transactions, comme on le voit par les rapprochements suivants :

Avec l'Europe) Importation 79,585,000 1 Àti nnn et l'Afrique. \ Exportation 83,826,000 ( 10,5,411 ' UUU Avec l'Améri-) Importation 77,423,000 i t gc> m « que } Exportation 44,609,000 < ^'^'WU

Avecl'Asie Importation 1,528,000 Arec I Asie. . . Exporlalion 671 ,000

Ainsi, tandis qu'on remarque une augmentation considérable dans le commerce de l'Espagne avec l'Amérique, celui qu'elle fait avec l'Europe a diminué. Cependant cette diminution ne saurait être que passagère, et le retour de la tranquillité la fera cesser.

Voici maintenant le développement par pays du commerce général de l'Espagne en 1846 :

Importations. Exportations. Total.

Europe : fr. fr. fr.

France 45,661,000 59,905,000 85,564,000

Angleterre 26,766,000 59,719,000 66,485,000

Suède 6,516,000 485,000 6,801,000

Villes banséatiques 2,711,000 1,571,000 4,082,000

Gibraltar 1,456,000 2,410,000 5,8-46,000

Portugal 260,000 5,152,000 5,592,000

Sardaigne 1,558,000 1,505,000 2,845,000

Russie 1,158,000 1,546,000 2,504,000

Danemark 945,000 786,000 1,729,000

Hollande . 956,000 749,000 1,705,000

Toscane 890,000 540,000 4,450,000

Afrique :

Alger 154,000 5,628,000 5,762,000

Amérique :

Cuba et Porto-Rico 41,848,000 21,674,000 65,522,000

Venezuela 8,568,000 810,000 9.178,000

Etats-Unis 1,525,000 5,508,000 6,655,000

Possessions anglaises 5,088,000 526,000 5,414, 000

Brésil 1,588,000 1,951,000 5,559,000

Uruguay..., 1,677,000 1,528,000 5,205,000

Equateur 2,705,000 80,000 2,785,000

l.a Plata 1,180,000 977,000 2,157,000

Mexique 43:2,000 1,974,000 2,106,000

Asie :

Iles Philippines ... 2,056,000 471,000 2,507,000

Possessions anglaises 1,165,000 » 1,165,000

Tous autres pays 1,832,000 5,036,000 4,868,000

Totaux 157,513,000 133,709,000 291,222,000

En ajootanl à ces chiffres ceux du commerce des îles Canaries, soil :

A l'importation 4,061,000 fr

A l'exportation 2,008,000

Total 6,069,000

on obtient la somme totale, pour le commerce de l Espagne, de 297,291,000 fr.

Ainsi le commerce de l'Espagne avec ses colonies (Cuba, Porto-Rico, les Philippines et les Canaries) forme un total de 72 millions, soit le quart de l'ensemble.

Il convient de rapprocher des chiffres ci-dessus présentés quelques renseignements sur la navigation.

Le mouvement général de la navigation sous tous pavillons s'est élevé, en 1846, entrée et sortie réunies, à 13,515 navires jaugeant 1,644,000 tonneaux. Sur ce total, 3,5G6 navires et 313,000 tonneaux ont navigué sur lest, et 9,949 navires étaient chargés. 5,590 de ces derniers, jaugeant 734,000 tonneaux, étaient sous pavillon espagnol, cl 4,359 navires, jaugeant 597,000 tonneaux, sous pavillon étranger, ce qui fait 55 p. 0/0 pour le premier, et 45 pour le second.

La valeur des marchandises transportées est de 183,940,000 fr. pour le pavillon espagnol, et 90,921, 000 fr. pour le pavillon étranger, soit 67 p. 0/0 pour l'un et 33 pour l'autre. Le pavillon espagnol a donc couvert les deux tiers des marchandises, ce qui est une proportion beaucoup plus favorable que celle que nous remarquons dans plusieurs autres pays.

Voici comment s'est décomposé par provenance et destination le mouvement général de la navigation :

uigmzeo Dy

es u

ta

ce

ir. ».-: — -5 5 i* io 51

1 BPS^aSS" S SfiBS"::"

^ >o lO M » h »

ad

— to > -

Page 1