‹ L'Espagne et l'Exposition de 1878Chapitre 18 sur 36 · COLONIES · texte numérisé non relu

COLONIES

Afrique. — Les possessions espagnoles sur la côte Marocaine sont au nombre de quatre et servent

de lieu de déportation, d'où leur nom de présides. Ceuta, la plus importante, en face de Gibraltar, est rattachée au continent par un isthme étroit; le voisinage des Mores oblige à une surveillance incessante, du reste les fortifications tombent en ruines. Le bagne organisé en atelier ne contient pas moins de 2,000 ouvriers. Vêlez de laGomera, Alucemas, petits îlots fortifiés qui exigent une garnison coûteuse. Melilla sur une péninsule; il serait facile d'y établir des comptoirs où viendrait s'approvisionner toute la population indigène. L'Espagne possède encore à la hauteur de l'embouchure de la rivière Muluga les trois îles Chaffarines, qui peuvent dans les mauvais tenaps offrir un excellent refuge.

Iles Canaries. Ce groupe se compose de sept îles habitées. La direction de leurs montagnes les rattache évidemment atf grand système de l'Afrique septentrionale et de l'Atlas ; le climat y est sain, la végétation magnifique dans les bons endroits, la mer qui les baigne très-poissonneuse. Les habitants sont répartis en quatre villes et quatre-vingt-quatorze villages ou hameaux; c'est une population douce, tonnète et religieuse ; la race primitive, les Guanches de sang berbère, a complètement disparu. Les sept îles sont : La grande Canarie : capitale Las P aimas (15,000 hab.), excellent mouillage. — Lanzarote^ où Ton élève des chameaux. — Fuerteventura^ dont le chef-lieu Betancurïa a pris son nom de son fondateur, Jean de Bethancourt, gentilhomme normand

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qui soumit ces îles au nom de l'Espagne en 1402. — Palma, avec une jolie ville du même nom, bâtie en amphithéâtre et fort industrieuse. — Hierro, Tlle de fer, la terre la plus occidentale de notre hémisphère. - Gomera, très-cultivée. — Ténériffèy célèbre par son pic-volcan^ haut de 3^710 mètres; commerce du m^ de la cochenille et de la soie. Là se trouve Santa-CruZf ville fortifiée, et Oi^otava, l'ancienne capitale des Guanches, où Ton avait fondé en 1788 uo grand jardin botanique, aujourd'hui presque abandonné.

Femando'Po, ainsi nommée du navigateur portugais qui la découvrit, fait partie comme Annobon des fies du golfe de Guinée ; possède un port de relâche, Santa-habel^ où les Anglais avaient fondé un établissement. Les produits exportés sont l'huile de palme et les bois de construction. Ces îles sont montueuses, boisées, fertiles, mais le climat y est humide, chaud et malsain. Le pic de Glarence qui domine Fernando-P6 n'a pas moins de 3,344 mètres.

Amérique. — Cuba^ l'île la plus grande et la plus occidentale du groupe des Antilles, a 1,000 kilomètres de longueur environ sur une largeur qui varie de ^àl70 kilomètres ; elle est traversée tout entière par une chaîne de montagnes dont le point le plus élevé est la sierra de Cobre (3,050 mètres) au sud-est. Les ^ôles sont en général basses, entourées d'écueils et de bancs de sable; le sol d'une fertilité remarquable

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donne communément deux récoltes par an; il est vrai que la plus grande partie attend encore d'être mise en culture; les produits principaux sont le sucre, le tabac, le rhum, le miel et la cire; les forêts renferment une grande quantité de bois précieux pour la construction ou la teinture ; enfin le bétail abonde.

Quoiqu'il en soit, Cuba pourrait facilement décupler ses produits et le nombre de ses habitants; mais en 1868, une révolte excitée par les exactions et le mauvais gouvernement des Espagnols a éclaté parmi les créoles et les nègres dans la partie orientale de rile; elle a duré près de dix ans, ruinant le pays et causant à l'Espagne d'énormes perles d'hommes et d'argent. Aujourd'hui le calme semble rétabli, mais il faudra de longues années avant de cicatriser tant de blessures.

La population se compose d'Européens, de créoles, de mulâtres et de nègres, les uns libres, les autres encore esclaves. A la vérité une loi du 4 juillet 1870 avait décrété la liberté pour tous les nouveaux nés et les esclaves âgés de plus de soixante ans, et pour les autres l'abolition graduelle de l'esclavage, moyennant indemnité payable en plusieurs termes aux propriétaires. Cette dernière mesure suspendue momentanément à cause de la guerre, sera reprise sans aucun doute et bientôt il n'y aura plus un seul esclave à Cuba. En attendant de 700,000 qu'ils étaient encore en i868, le nombre des esclaves est descendu

àl50,000 aujourd'hui; plusieurs colons ont volontairement affranchi leurs noirs.

Les villes principales sont la Havane (180,000 h.), dans la partie occidentale de l'île, capitale et siège du gouvernement colonial, très-commerçante, avec un port excellent qui peut contenir mille vaisseaux et des fortifications imposantes. Matanzas et Santiago de Cuba (30^000 hab.), ports do commerce. Puerto Principe y dans l'intérieur.

Pnerto-Rico mesure environ iSOkilomèlres de long sur 50 de large; le sol est partout montueux, fertile, et le climat plus sain que dans les autres Antilles; les productions ne diffèrent pas de celles de Cuba. Grâce à la loi du 4 juillet 1870, elle ne comptait plus que3J ,000 esclaves ; vint alors la loi du 22 mars 1873, faite spécialement pour cette île et qui décréta Tabolition totale de Tesclavage avec délai de six mois pour payer aux ayants-droit une indemnité de 35 millions de francs; cette somme, réunie au moyen d'un emprunt, devait être répartie par une commission après évaluation des esclaves, d'après leur âge, force, etc. ; il paraît que les propriétaires n'ont reçu qu'un premier à-compte. San- Juan de Puerto-Rico (30,000 h.) la capitale, ville maritime et commerçante, est située sur la côte septentrionale.

Ocêanie. — Les Philippines (Filipinas) font partie delà Malaisîc et se composent de 40 grandes îles et d'une iuQnité de petites. Les plus importantes sont :

Luçon, peuplée de plus de 2 millions d'habitants, capitale Manille (200,000 hab.), l'un des ports principaux de la merde Chine. — Panay^ oti l'on fabrique de fort beaux tissus. — Zébu^ renommée pour ses poteries. — Mindano^ dont une partie seulement appartient aux Espagnols. Ces îles renferment de nombreux volcans éteints ou en activité, aussi sont-elles souvent ravagées par des tremblements de terre. On ^ cultive le riz, la canne à sucre, le cacao, etc.; beaucoup de terres sont encore incultes. La population se compose de gens de races différentes, nègres, malais, blancs et jaunes, mais les métis chinois et espagnols se montrent de beaucoup les plus actifs et les plus industrieux.

Les îles Mariannes ou des Larrons, dans la Mieronésie, à 1,500 kilomètres des Philippines dont elles dépendent politiquement, sont volcaniques, nues et stériles. La principale, Guam^ réunit à elle seule les quatre cinquièmes de la population totale de TArchipel. Tinian sert de lieu de déportation. Restent les îles Palos et les îles Carolmes, également dans la Micronésie, mais l'autorité qu'exerce l'Espagne sur ces contrées encore sauvages est plus nominale que réelle.

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