ANCIENNES PROVINCES. PROINCES ACTUELLES
Séville.
Cadiz.
' L'Andalousie. { Huelva.
Cordoue.
Jaca.
Au Sud.../ /Grenade.
Le Royaume de Grenade.] Almeria.
Malaga.
Murcie.
Albacete.
Valence.
Le Royaume de Valence, l Alicanté.
A l'EsT ... j ( Castillon de la Plana.
( Les Iles Baléares Iles Baléares.
Presque toutes les provinces actuelles portent le nom de leur chef-lieu.
Culte. — La religion catholique est celle de TEtat, et les autres cultes ne sont que tolérés; du reste c'est à peine s'ils comptent ensemble 60,000 adhérents. Le clergé de l'Eglise établie est entretenu par l'Etat. En 1835, les cortès ayant supprimé lés maisons religieuses et confisqué leurs propriétés au profit de la nation, de longs débats s'ensuivirent avec la cour de Rome ; enfin un concordat conclu en 1839, a autorisé le gouvernement à vendre les biens ecclésiastiques, sauf les églises et les presbytères, à charge d'inscrire sur le livre de la dette au profit du clergé une somme équivalente au prix de la vente en rentes inaliénables à trois pour cent.
Nnl pays ne fut jadis autant que TEspagne peuplé de moines et de religieux; à la fin du siècle dernier, le nombre des ecclésiastiques s'y élevait à plus de 250,000, dopt 71 ,000 moines, 35,000 nonnes et près de 3,000 inquisiteurs ; aujourd'hui, grâce à la suppression presque complète des maisons religieuses, ce chiffre n'est plus que de 40,000 ; mais le clergé a gardé une grande influence. La hiérarchie de l'Eglise d'Espagne comprend, en dehors des colonies, neuf archevêchés, quarante-six évêchés, plus deux évêchés auxiliaires (Ceuta et Ténérife) et un prieuré des ordres militaires. L'archevêque de Tolède a le titre de primat d'Espagne.
Justice. — L'administration judiciaire est à peu près conforme à celle de la France : elle compte environ cinq cents justices de paix, une par commune, près de cinq cents tribunaux de première instance, quinze <îours d'appel et une cour suprême siégeant à Madrid. Du reste tout ce qui concerne la justice aurait besoin de grandes réformes, et sans parler du personnel de la magistrature qui gagnerait à être épuré, dans la procédure, dans la police, dans le système des prisons, il s'est introduit une foule d'abus qu'on aura de la peine à extirper.
Instrnction. — Jusqu'à ces derniers temps la raisère, la difficulté des communications, le despotisme étroit de la monarchie et du clergé, tout con-
tribuait à la fois à maintenir parmi les populations une extrême ignorance. Savoir lire pour une femme était chose immorale. Avant 1808 encore, l'instruction publique était entièrement au;c mains des ecclésiastiques; plus tard, TËtat a voulu la prendre à sa charge, mais faute d'argent, il laisse encore peser la plus grande partie des dépenses sur les communes et les parents; du moins exerce-t-il la haute surveillance sur les matières d'éducation. Le dernier recensement général daté de 1860 donnait les chiffres suivants :
SachaDt lire Sachant lire Ne sachant ni l'un et écrire. senlement. ni l'autre.
Hommes 2,414,000 317,000 5,035,000
Femmes 616,000 389,000 6,803,000
Total. . 3,130,000 706,000 11,838,000
Depuis lors, il s'est fait assurément un certain progrès, mais qu'on ne peut apprécier exactement, car ici comme en toutes les autres branches, à cause du trop long désordre causé en Espagne par les événements politiques, les statistiques précises font défaut. A la même date l'instruction secondaire était donnée dans cinquante-huit collèges publics par sept cent cinquante-sept professeurs à 13,881 élèves. L'instruction supérieure comptait dix facultés de littérature et de philosophie, jsix de théologie, sept de sciences, dix de droit, sept de médecine, quatre de pharmacie, suivies par6,181 élè-
ves sur lesquels les étudiants en droit fournissaient plus de la moitié.
Budget. Receliez et dépenser. — Les comp* tes véritables des rece,ttes et des dépenses n'ont pas été publiés depuis l'année 1870-71 ; on ne connaît que les évaluations du budget et ces évaluations diffèrent à tel point d'une année à l'autre qu'il est à peine permis de donner de l'état du trésor espagnol une idée approximative. Ainsi, de 1875 à 1878, l'écart pour les recettes va de 5-4o millions à 7.36 et pour les dépenses de 520 à 755, soit en deux ans près de 20O millions.
La guerre carliste et la guerre de Cuba ont énormément coûté; vint un moment, en 1875, où le ministère de la guerre absorbait à lui seul près de la moitié du revenu total qu'on espérait réunir, 246 millions. Mais les déficits annuels dataient de loin déjà; ils avaient cocnmencé sous le règne dlsabelle et n'avaient cessé de grandir; on essaya de les couvrir en partie par des emprunts, en parlie par des taxes extraordinaires, comme l'exemption du service militaire, en parlie par la vente des biens de l'Eglise. Cesbienssontencored'une valeur immense, mais jusqu'en 1858, par scrupule religieux, bon nombre de personnes hésitaient à les acheter; depuis le concordat, la vente s'est poursuivie plus activement.
Pourtant la proportion constante des dépenses
sur les recettes devait créer à la longue une dette nationale fort lourde. D'après un aveu semi-officiel publié dans un journal de Madrid, la dette publique se seraitélevée en juin 1877 à 55 milliards de réaux, soit près de 14 milliards de francs. En effet depuis le commencement de 1872, le gouvernement a pourvu à ses besoins surtout par des emprunts temporaires faits à un taux usuraire et dont la valeur nominale a servi à accroître la dette jusqu'à ces énormes proportions. Dans un tel état de choses et à moins de
circonstances tout à fait imprévues, il n'est guère probable que l'Espagne puisse d'ici longtemps satisfaire à l'intérêt de sa dette.
Armée.— L'armée espagnole se compose d'une armée permanente, d'une première réserve ou réserve active, d'une deuxième réserve ou réserve sédentaire. Tous les Espagnols au-dessus de vingt ans sont tenus de servir dans l'armée à l'exception de ceux qui fournissent un remplaçant, mais le chiffre delà levée annuelle varie selon les besoins. La durée du service est de quatre ans dans l'armée active, et tout soldat doit être libéré après avoir servi huit ans soit dans l'armée active, soit dans la réserve. La force rfominale des armées espagnoles, y compris les troupes de Cuba, était fixée à 180,000 hommes, pour 1877 ; dans ce nombre rentrent les carabmeros (douaniers) et les guardias civiles (gendarmes).
Pour les affaires militaires le royaume est divisé
INTRODUCTION i\
en douze districts ou capitaineries générales, qui se subdivisent elles-mônûes en commandements militaires; il faut y ajouter les trois capitaineries d'outremer : Cuba, Puerto-Rico et Philippines.
Le soldat espagnol est sobre, patient, d'un courage et d'une solidité à toute épreuve; comme marcheur il n'a point son pareil dans aucune armée de TEurope. Par contre le corps des officiers, beaucoup trop nombreux, n'est pas aussi bien composé qu'il pourrait l'être; très-braves eux aussi, ils sont sortis trop jeunes des écoles, ils n'ont pas assez étudié et, sauf quelques brillantes exceptions, manquent des connaissances toutes spéciales qu'exige la guerre moderne.
Marine militaire. — La marine espagnole comptait à la fin de juin 1877, soit à flot soit en construction : 63 vapeurs à hélice dont 10 vaisseaux cuirassés; 18 vaisseaux à aubes et 8 vaisseaux à voilesportant ensemble près de mille canons. Les dix cuirassés ont été construits en France et en Angleterre. Pour défendre les côtes de Cuba et de Puerto- Hico, l'Espagne a fait aussi construire aux Etats- Unis une flotille de plus de 30 canonnières à hélice, mesurant 107 pieds de long sur 22 et demi de large et portant chacune un gros canon sur pivot. Les équipages de la flotte se composent de 10,000 matelois et de 6,000 soldatade marine environ ; là encore le nombre des officiers est hors de proportion avec
celui des hommes. Comme Tarmée de terre, la marine se recrute par la conscription ; pour cela les côtes sont divisées en districts maritimes ; en 1875 le chiffre des hommes inscrits aux registres de la marine était de 72,000 entre dix-huit et trente ans.
Population et «uperOcle. — En 1768, l'Espagne comptait seulement 9 millions d'habitants et 12 millions en 1842. Le recensement de 1860, le plus réceut que Ton puisse citer, indiquait déjà 16,301 ,831 pour une superficie évaluée à 499,763 kilomètres carrés. D'autre part, des calculs faits à la fin de 1870, d'après les naissances et les décès, porteraient le chiffre de la population à 16,835,506, ce qui ne donne qu'un accroissement assez faible sur le cens de J860. La proportion est en moyenne de 33 habitants par kilomètre carré; dans le Guipuzcoa, dans la Galice, elle monte jusqu'à 96 et même au delà de 100 ; en revanche, dans la Manche, dans la Nouvelle-Castille et le royaume de Murcie elle descend à i4 et 15. Près des deux tiers du pays sont encore sans culture. 3 millions de personnes environ payent l'impôt sur la propriété; cette subdivision de la terre est l'ouvrage de ces dernières années, car en 1800 le nombre des ferm'es n'était que de 677,520 aux mains de 2*73,750 propriétaires et de 403,760 fermiers.
Commerce, AgrltwKure, Industrie. — L'im-
INTRODUCTION i3
portation en Espagne, calculée sur une période de dix ans, s'est élevée en moyenne à 4(30 millions. par an et Texportation à 300 millions et plus. Parmi les pays qui importent, la France a le premier rang et l'Angleterre parmi ceux qui exportent. La marine marchande était au 1" janvier 187G, de 3,01)8 bâtiments d'une capacité de 740, 691 tonnes dont 212 bâtiments à vapeur pour H 5,428 tonnes.
Depuis 1850, malgré l'instabilité du gouvernement, l'Espagne a fait de réels progrès au point de vue matériel ; le malheur est qu'en l'absence de toute donnée sérieuse, on ne peut, une fois de plus, avancer que des chiffres approximatifs : 2 milliards par an pour la production agricole, 1,500 millions pour la production industrielle ; encore semblent-ils un peu exagérés. La récolte des céréales est évaluée à plus de 100 millions d'hectolitres par an ; celle des vins à 12 millions. Comme richesse animale l'Espagne possède 700,000 chevaux, 1 million de mulets, 1,200,000 ânes, 3 millions de bêtes à cornes, 22 millions de moutons, 4 millions de chèvres et autant de porcs. Les branches principales de l'industrie sont : les laines, le coton, les farines, les huiles, les cuirs et les fontes. Enfin les mines, exploitées surtout au compte de l'Angleterre, ont donné en 1871 un revenu qui n'a pas été inférieur à 156 millions.
Les routes sont peu nombreuses, insuffisantes et en général mal entretenues , sauf dans quelques
provinces privilégiées; il y a deux causes à cet état fie choses si préjudiciable au commerce : d'abord les embarras déjà lointains du trésor, puis les difficultés presque insurmontables que présente un pays montagneux, tout coupé de torrents, de fondrières et de ravins.
La longueur des chemins de fer, au 1*' janvier 1876, était de 5,457 kilomètres terminés et de 2,000 kilomètres en construction ; ils appartiennent à des compagnies privées, qui toutes ont obtenu du gouvernement des garanties ou des subventions. Le réseau des chemins de fer de l'Espagne a son centre à Madrid et de là raj'onne vers dix cités du littoral : Barcelone, Valence, Alicante, Carthagène, Malaga, Cadiz, Lisbonne, Santander, Bilbao, Saint- Sébastien; il se rattache à la France par deux côtés, par Irun à Bayonne et par Gérone à Perpignan, aux deux extrémités de la chaîne des Pyrénées.
.Quant aux canaiix, beaucoup trop peu nombreux et qui servent plus encore à l'irrigation qu'à la navigation, on distingue surtout : le canal impérial d'Aragon, ainsi nommé parce qu'il a été commencé sous Charles-Quint, qui longe la rive droite de TEbre depuis Tudela jusqu'au-dessous de Saragosse (130 kilomètres) — on travaille à le continuer jusqu'à la mer (368 kilomètres) jet déjà la majeure partie de cette œuvre gigantesque a été accomplie ; — le canal de Gastille, d'une longueur de 152 kilomètres et se partageant en deux branches ; le Guadalquivir ca-
nalisé entre Sévîlle et la mer; le Tage canalisé vers la frontière du Portugal.
L'administration des postes a porté 7,o30,0(K) lettres pendant Tannée 1874 et il y avait 2,375 bureaux de poste au 1**' janvier 1875. La longueur des lignes télégraphiques en Espagne le 1*' janvier 1876 était de 12,298 kilomètres et celle du fil de 29,614. Dans l'année 1875 le nombre total des télégrammes expédiés a été de 1^590,820, dont un tiers administratifs.
Un décret royal du 15 avril 1840 a régularisé le système des anciennes monnaies de la manière suivante : Oi^ : le doublon d'Isabelle qui vaut 100 réaux ou 26 francs et quelques centimes de notre monnaie. Argent : le douro qui vaut 20 réaux, soit 5 francs 25. — Le medio-douro, appelé aussi escudo. — Le peseta qui vaut 4 réaux, soit un peu plus de l franc. — La media-peseta qui vaut 2 réaux. — Le réal, unité monétaire valant 26 centimes environ et qui est divisé fictivement en 34 maravédis. Cuivre : la pièce de 2 cuartos : il en faut 4, plus 1 ochavo, pour faire un réal, — le cuarto valant 4 maravédis, — Tochavo valant 2 maravédis. Du reste comme on n'a pas démonétisé les vieilles pièces qui sont toujours en circulation, la confusion est grande pour l'étranger.
De même le système métrique français des poids et mesures a été introduit en Espagne dès 1859 sans autre changement qu'une légère altération dçs
noms : el métro el litro, etc. ; pourtant les autres mesures sont souvent employées et comme elles varient avec les localités, cela encore prête à la confusion.
Colonies. — Les colonies espagnoles qui comprenaient autrefois presque toute TAraérique, ont encore, quoique bien réduites, une certaine importance. Ce sont :
. Les Canaries qui comptent
l pour une province
gjj \ Ceuta et les Presidios ou ba- Afrique. \ gncs de la côte marocaine .
(Fernando-Po Annobon Colonies de Guinée
En (Cuba
Amérique, j Puerto-Rico
En r Philippines
OcÉANiE. ] Carolines et Palaos
( Mariannes
Total