‹ L'Espagne et Napoléon (volume 2)Chapitre 2 sur 78 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Il y a exactement cent ans, commença le drame de la péninsule où le génie de JNapoIcon fat vaincu par la ténacité d'un peuple. Les Espagnols vont célébrer l'anniversaire séculaire de cette " guerre de l'Indépendance " qui, il l'époque moderne, fournit la meilleure preuve de leur énergie natiouale. L'actualité est dans toute sa force, mais le temps a marché r des deux côtés des Pyrénées les passions ont perdu lem* acuité, leur aigreur, leur intransigeance, il ne demeure plus qu'un grand exemple de patriotisme dont cliacun peut méditer la leçon.

C'est riieure de l'histoire, elle a besoin de paix et exige le recul des années écoulées.

Les documents abondent : témoignages, lettres, mémoires, rapports militaires, dépêches diplomatiques. Leur classement e.st long mais point impossible, la patience y suffirait. — La difficulté de raconter les événe- , ments réside dans la diversité, le heurt, la contradiction ~de8 principes en cause, à une époque d'extrême bouleversement. Si les hommes, dans leur action, paraissent

Il L'BSPAG.NE ET NAPOLÉON

sincères, bientôt les mobiles de leurs projets, la résullîiiitc de leurs efforts demeurent inceitains et mystérieux . Un esprit simpliste ne saurait donner raison, de faron absolue, à aucun des trois cbampions en présence : F'rance, Rspapne, Angleterre. La valeur militaire de l'une, le courage féroce de l'auti-e, l'adresse pereé^éraute de la dernière, impressionnent tour à tour. Il faudrait n'appailenir à aucune des trois races pour conserver l'impartialité de son jugement.

L'examen des faits est assez intéressant par lui-même, j'ai soubaité de m'y borner. Sur ce terrain précis, j'appelle l'attention du lecteur en lui fournissant l'explication de mon récit.

J'avais écrit l'histoire de {'Ambassade française à Madrid de 1 789 à 1804. L'accueil du public, l'indulgence des bistoriens, les encouragements de l'Académie, et aussi la logique du sujet, m'ont engagé à poursuivre cette i-taAe des rapports de la France et de l'Kspagne au temps de Xapoiéon. — Après la moit de Louis XVI, le " Roi catliolique " a combattu les jacobins régicides; en ITiHî il a conclu la paix avec la France républicaine ; de la France consulaire il s'est fait l'allié: il va peu à peu devenir la proie de la France impériale. A Bayoïme, eu I8(>8, l'ambition de Napoléon croit avoir pailie gagnée : les Bourbons sont prisonniers, Josepb Honapaite leur succède. Mais l'Espagne se soulève, lutte pendant six années et, tantôt vaincue, tantôt victorieuse, demeure triomphante. — La première journée de cette trilogie dramatique se terminait en I8()i à la proclamation de

preFack m

L'Eiupii-e ; la secuudc prend fîii ca 1 8tl8 avec l'abdioatioti lie Cbai'les IV ; la troisième cii iHl4 lors de la déchéance de Xapoléon.

Dans ce présent volume, te lideait sti lève sur le second acte, pour laisser voir des pei-sounafjes déjà connus, qui vont pousser jusqu'au bout les conséquences ébaucliées de leurs caractères et se iiiotivoir dans un décor nouveau. L'action s'affirme, jrraudit, se précipite.

Comment reproduire les péripéties mouvantes de la scène? J'ai cbercbé à le faire en suivant l'oceinple et le conseil de Jansen qui écrivait an début de son étude sur le premier partaj>;e de la Polojjne : ■" Sans m'occnpcr des problèmes politi(]ues contemporains, je nie suis .seulement proposé de raconter les faits tel.s qne, selon uia conviction, ils se sont réellement passés. J'ai voulu nunnner les clioscs par leur nom, me {gardant. de moraliser stérilement sur mon sujet, et de prononcer à tout instant snr les événements et les personnes une soite «le juifcment des moits, à l'éfEyptienne. Je n'ai voulu qu'aider le lecteur sagace, à ju([er la question par lui-même et, en toute connaissance de cause, apprécier une catastrophe qui a joué un rôle si important dans les destinées de l'Europe. »

Oui, en vérité, l'écneil du premier Empire est caclié là. Après Tilsitt, Xapoléon, arrivé au sommet, descend lu colline des prospérités; tôt on tard sa politique exténeure, condamnée à une surenchère incessante, devait uboulir à une catastrophe : l'aventure espa{;uolc fui

le caillou contre lequel il vint trébucher; il a été vaincu à Madrid bien plus qu'à Moscou. Son bon sens, à Sainte-Hélène, eut le courage d'en convenir : u Cette malbem-euse guerre m'a perdu; toutes les circonstances de mes désastres tiennent se rattacher à ce nœud fatal. Elle a compliqué mes embarras, divisé mes forces, détruit ma moralité en Europe... Les événements ont prouvé que j'avais commis une grande faute dans le choix de mes moyens... .le crus nécessaire, trop légèrement, de changer de dynastie... Les Espagnols, en masse, se conduisirent comme des gens d'honneur. « — Nous n'aurons pas sur les affaires d'Rspagne d'autres conclusions que les siemtes.

On est surpris de la quantité de conséquences fatales, en germe dans cette erreur : la puissance miUtaire de l'empire compromise, sa situation européenne diminuée, atteinte sa situation intérieure. — En 1808, l'Empereur, ne voulant pas affaiblir sa grande armée d'Allemagne, envoya des conscrits en Espagne; et ce fut en partie la cause de Baylen. — Ëclairé sm' les difficultés, il se réserve d'entraîner lui-même cette grande armée aux extrémités de ta péitinsule, puis, contraint de la quitter, il la confie à Soult, à Masséna, à Suchet pour l'emmener jusqu'au fond du Portugal et de l'Andalousie. Dès lors dispersées, scindées, épuisées par la lutte, mal renouvelées de jeimes recrues, ces «eiiles troupes ne retrouveront plus les triomphes d'Austerlitz, léna, Friedland ; elles auront besoin de contingents étrangei's qui les abandomieront à l'heure décisive; et apparaîtra la cause

initiale de la diminution de valeur des armées françaises.

Il semble que Napoléon se soit ptaoté un poignard dans le dos. Ce péril constant, créé à plaisir, de ses propres mains, sur noti-e frontière arrête ses projets en Orient, l'oblige à laisser la Russie y déployer ses prétentions, le paralyse aux bords du Danube, le dégarnit aux bords du Rhin. — Il a donné aux Anglais, maîtres desmers depuis Trafalgar, le foyer de résistance qui leur manquait sur la terre ferme, dans cette même péninsule d'où les maisons d'Autriche et de Bourbon avaient écarté leur influence et leurs vaisseaux.

b)nfin cette défense inlassable des autels et des foyers ranime en France des souvenirs éteints, excite la pitié des gens de cœur pour les causes malheureuses, réveille le sentiment de la justice contre les iniquités poUtiques; elle fomente la coalition tacite de tous les mécontents, et apprend aux Français à se désaffectiouner d'un régime qui, infidèle à ses brillants débuts, atteint à la fois l'esprit religieux, le respect monarchique, la sécurité sociale et la liberté populaire.

Du moins, et cette consolation nous est chère, dans cette folle entreprise, la gloire du drapeau demeure intangible; le courage, l'endurance, l'héroïsme, la belle ardeur guerrière de nos soldats ont conquis pendant sept longues années des lauriers immoitels, et à la fin de ces campagnes pénibles et meurtrières, on peut s'en tenir au jugement impartial que portait un générai

VI L'ESPAGNE ET hàPOLÉOX

belge, écrivant l'éloge d'un maréchal anfrlais (1) : >< Kn moins de trois mois les Français avaient détniit troi» armées castillanes, occupé Madrid, chassé les An{;lais, pris Saragosse, battu les Espagnols en Catalogne, occupé la Galice et fe-appé d'épouvante toute la péninsule. •■

A ce prix, quelle que soit l'issue de l'entreprise, non seulement l'Iionneur militaire est sauf, mais la gloii^e est assurée.

Les Espagnols au contraire ont brillé pai- la grandeur de leur cause plus que par les moyens de leur patriotisme. Au milieu des discussions intestines, en dépit de cette jactancia » iuseparable de nucstra raza ", dit le général de Aiteche, leur persévi-rance farouche a obtenu le dernier mot. Dans nue résistance nationale, religieuse et sociale ils repoussaient l'étranjfer pour demeuivr fidèles à leurs princes et défendre leurs coutumes ; — il-i s'indignaient de la destruction des monastères, du dépouillement de leur clergé, de ^ l'iinpiéti' " présiiméc des conquérants; — ils souffraient de la di'vastation de leurs champs ou du blocus maritinie qui paralysait le commerce colonial et tarissait la source des revenus d'outi'e-mer. La guerre était pour eux une question de vie ou de mort; elle ne leur permettait de poser les armes qu'anéantis ou délivrés.

Napoléon ne voulait pas croire à cette force secrète. Il se laissait tromper par les précédents de sa propre hi.stoire; il avait suffi que ce soldat couronné frappât du

(1) BrliLMOK'r, Hisloiie du .lue Je IVelliiigloii.

PREFACE vi)

pied les façades vermoidues de l'Eui'ope iiioiian;bique (iii dix-liiiitiètne siècie, pour les voir toutes s'écrouler dans ta poussière. La cour de Charles IV à bon droit lui paraissait la plus dt'-cri'-pite parmi tant de médiocrités, et les ïïourbons de Madrid, les plus dégénérés de cette race détrônée déjà à Paris, à Parme et à iSaples. Mais l'I'Jspaijne cliri-tienne se trouvait den-ièi-e eux, il ne le soupronnait pas; ses aj^ents diplomatiques et les nombreux messa{;ers envoyés aux nouvelles lui taisaient des vérités que leurs propres yeux distinguaient mal; ils en (■talent restés aux bons mots de Gît Blas ou de Figaro.

K(ït-il été avei-ti à temps, l'Empereur n'aurait admis ni compris l'obstacle.

Sa science politique s'appuyait sur les errements de la France contemporaine, élevée à l'école de Rousseau et prête, pourvu qu'elle se crftt en possession de toutes les licences, à se plier à tous les de,spoti,snies. Il pouvait pétrir à son gré cotte génération déi-acinée, émiettée sur la table rase de !a Révolution. — De l'autre côté des Pyrénées il trouvait un peuple vieux de croyances, jeune d'enthousiasme, demeuré à l'abri de ce scepticisme intellectuel qui se haussa des sarcasmes de l'Encyclopédie aux déclamations de la tribune, pour Bnir sous le couperet de la guillotine ou dans les antichambres des Tuileries.

C'est ce peuple des villes, ce sont ces labonreurs qui se levèrent tout d'une pièce contre l'envahisseur. Ils croyaient marcher à la croisade. Ils firent la guerre au couteau. On ne peut se tromper sur le caractère démo-

rratique de ce mouvement, mené par l'élément ^ peuple " «lu clergé, par le moine, le Fraile, vivant de l'existence commune des petites gens, leur appartenant par son origine, ses habitudes, sou apostolat et sa charité. L'épiscopat, en apportant les largesses de ses gros i-evenus; l'aristocratie, sans passion comme sans influence politicjues; les officiers, dans leur habitude de la discipline et leur respect du point d'honneur, soutinrent loyalement le drapeau des Espagnes. Mais le grand effoit appartient à cette " multitude <- qui défendait tes traditions, satis souci du lendemain, dédaigneuse des besoins matéi*icls, sincère jusqu'au sacrifice, croyante jusqu'au fanatisme, patriote jusqu'à la mort.

Napoléon Bonaparte aurait pu devinei- cette puissance indomptable dans le souvenir des dures années de sa jeunesse, des vertus familiales de sa race, des énergies du peuple corse. — L'ambition lui tourna la tête: l'injustice de son dessein obscurcit sou esprit : il s'égara.

Le plan général de cette étude peut donc se ramener à ces divisions : la chute des Bourbons, l'avènement des Bonapartes. Ce double épisode forme mes deux paities.

Dans la première, les titres seids des chapitres :

1* Trafalgar;

2' Le prince de la Paix ;

3° Le traité de Fontainebleau ;

i* Le procès de l'E-scurial ;

5* Murât Lieutenant de l'Empereur:

(>' Les princes à Bayoune,

exposent comment le roi d'I^spagne va perdre par dej^ivs : sa marine, son armée, son ioflnence, l'honneur, la coiiroDoe et la liberté.

La seconde partie, en six autres chapitres, suit la marche des événements qui se succèdent :

I * Le deux mai ;

2° La junte de Bayonne ;

;(* Le l'éveil d'un peuple;

i* Le roi " intnis ■> .

Klle dit enKn comment Napoléon, venu en i''spa{}De, rencontre successivement un triple obstacle : La i-ésistancc espagnole; le secours anglais; la diversion autiicliiennc.

Cecanevas exprime toute ma pensée et donne le ii-sum*'de mon récit.

Les sources manusciîies sont multiples, .l'indiquci'iii les piincipales :

L Archives dkm .^kfaihks étihxcÈmes. — \u Fonds " Espagne •> , volumes t>H6 à 678; la correspondance de nos ambassadeurs: legénéralBeurnonville (I8()ià IWHi;-, le marquis de Beaidiamais (180tî à I8UK), le comte de laForest {180H-1813). .l'ai publié de ce dernier diplomate les dépêches qui se réfèrent à ce présent vol imic ( I ). Ce sont par avance les pièces justificatives de ce travail.

(1) Correipoiulanve du romle île /-a Forest, ambanajeur ric Fiaiiiv^ en Eipagae publiée pour [a Sociale d'Hiitoire contemporaine, t. [" (avril IHOOjanvit-r 1809). — Pari«. 1905.

ï I/KSPAGNE ET SAPOLl'iOX^

II. Abciiivf:s watiokalks. — Dans la st-i-ie AF, IV, les cartons HHiîi à 1608 : » Le oonimandeiiicntdeMiirat " et ses lettresàrEmperein'(l). — Les cartons l(!<>î*, KîlO: " Chiuijïement de dynastie •• ; — Iflll. I(îl2 : - Lettres du roi Joseph à Napoléon "; — UilS à IfîlT : » Commandeineiit de l'EmpercHr - (novendirc lH08-janvier I8()it).

AF, IV. ItîI5. Lettres de Savary (2).

AF, IV. I(Î8(). Douze lettres de Talleyrand à Napoléon (3).

III. Les sources espafjnoles coulent a bond a minent des aicliivcs d'ALCAl^ DE Hékakés (transportées en partie à Madrid), où se trouvent la correspondance du prince de la Paix : Estado, dossiers 52 Ui et 5218; et. la correspondance de l'ambassade d'Fspa{;ne en France, 5210 à

A SiMANC.AS, les dépêches envoyées à la Junte supri'uie par les ambassadeurs espaffuols en Anjjleterre : Estado, dossiers 8171-8172 {^).

L'indication des Imprimés nécessitera mie hiblio{[raphic particulière et nombreuse. Bornons-nous ici â de sommaires renseignements :

(1) Ellco on) él^ imprimëce par le baron l.umbroto en 1899.

(î) Jp^tiipubliéi-t dont la Ittime dtt QucKioni Ai'ilan'^uM. janiicr IBOO.

(3) J'en ai Fait la publication dan> la Revue ilet Çxminni hislon<jM%. oclobro 1900.

(ft) Jr ronToic à mon Rappnrt rfr Mhtioa en Ëupagni-. 189G, int<5ré dan» Te IMIetin Hùtorique de 180T (Imprimerie nationale) et * mon article : In Fiance cl f F.ipagne pendant le premier ICmphe, d'nprèi lee Archive» espagnotcB (Bihliographe moderne. 1809). pour le> détail» sur le» BipCU de Pampelanc, Burgo», Saragoixe. Alcala. Simanm». Madrid. Cordouc, Grenade. Sévllle et Cadii.

Avant tout la Correspondance de l'Eiiipefeur : 1' la publication officielle, tomes IX à XVlï ; 2* le recueil des Lettres inédites de M. Léon Lecestre. Il n'y a pas de documents plus impressionnants; ou croit entendre la voix du maître, car ces épitres sont des dictées, qui ont conservé ainsi la spontanéité vivante de la parole.

Les Mémoires du roi Josepli, corroborés par ceux du inarécbal Jourdan. La collection des u Mémoires >• de Pasquier, Barante, Miot, Savai-y, Talleyrand, Metternich, Marbot, Castellane, Tbiébault, Lejeune, Bausset, Saint-Cbamans, Mme de Rémusat et la duchesse d' Abrantès, Sucbet, Foy, Boulard, Dellard, Oonneville, et vingt autres.

Pour la partie iiitlitairc, spécialement : le général Gomez de Aileclie, ses quinze volumes de la Giierra de la Indeptndencia contiennent de nombreuses pièces du ministère de la {juerrc à Madrid; et le commandant Balagny qui a donné sur ta Campagne de Napoléon une publication du premier mérite par le parallèle des documents relatifs au\ trois armées française, espagnole et anf;laise.

Pour la partie diplomatique, les tomes VI et V^II du grand travail d'Albeit Sorel sur {'Europe et la Révolulion, et l'Histoire des Cabinets de l'Europe d'Armand Lefebvre qui savait beaucoup de cboses et dont les renseignements n'ont pas vieilli. J'ai naturellement fait état le plus souvent des liistoriens cpii m'ont honoré tie leurs conseils : en suivant le chemin magistralement tracé par les savantes synthèses de M. .Sorel, l'imparitalité sereine

XII L'ESPACNE ET NaPULRON

du ronite Vantlal et les passionnantes études de M. Frédéric Masson sur la famille impériale.

Les travaux anciens du baron de Bourgoiog, Tableau de l'Espagne; du comte de Laborde, Itinéraire descriptif; de Fischer, Voyage en Espagne; de Rebfues, l'Espagne en 1808; de Townsend, Voyage en Espagne, sont toujours des témoi^ages de premier ordre pour la pby- Hionomie et les mœurs de la péninsule au début du dixneuvième siècle.

Chez, les Espagnols il convient de consulter la multitude quasi innombrable des brochures et des journaux de l'époque, les traditions d'histoire locale et les travaux d'ensemble de Toreno, de Muftoz Maldonado, de Principe. On retrouve enfin des détails bien caractéristiques des hommes, des choses et du temps en Usant les nombreux petits volumes des Episodios nacionales de Perez Oaldos.

Les péripéties de cette histoire s'appuient constamment SUT le résultat des opérations militaires et exigent le récit des combats; rapports, états de situation, souvenirs des acteurs permettent cette reconstitution; mais, OD le peut croire, je me suis épargné le ridicule de discuter les plans de campagne de l'Empereur et de donner des conseils de tactique à ses généraux.

J'ai souhaité aussi d'ajouter à la sincérité du contrôle et à la patience des recherches, le scrupule dans les descriptions, au retour des pays parcourus et des lieux visités. Peut-on reconstituer les événements autrement que dans leur cadre?

Études et voyages me furent facilités en France par les énidits du Ministère des Affaires Étrangères, de la Bibliothèque Nationale et des Archives; en Espagne par mes confrères de l'Académie d'histoire de Madrid, et nos agents diplomatiques ou consulaires. Grâce à ces collaborations discrètes mais précieuses, le chercheur, mis .sur les pistes heureuses, est payé à l'avance de ses peines, il n'a plus qu'à acquitter la dette de sa gratitude et à enregistrer les souvenirs charmants des heures fécondes.

L'ESPAONE ET NAPOLÉON

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