‹ L'Espagne et Napoléon (volume 2)Chapitre 49 sur 78 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Ce qu'il y a de remarquable dans toute cette afhire, c'est le choix que la Cour a fait parmi le Conseil de CastiUe des membres les plus pauvres pour être juges dans ce procès.

La Cour espérait les gagner : tous se sont couverts de gloire. On assure que les Conseillers ont été à la Cour pour se pr^nter en corps i Leurs M. H. Cath., qu'ils en ont reçu les reproches les plus grands. Les juges n'ont répondu que par une respectueuse inclination. Ce qui prouve que la nation espagnole a envisagé ce procès généralement comme inùfiie, c'est le respect qu'elle témoigne aux juges et à tous ceux qui ont montré quelque énergie. Le Cardinal de Bourbon, archevêque de Tolède a préféré de donner sa démission plutôt que d'abandonner l'archidiacre Escoiquitz (te Roi n'a pas voulu accepter sa démission).

Le chapitre de Tolède ayant appris que d'Argumoza (frère du

secrétaire de légation à Florence et du capitaine de vaisseau), avocat pensionné de ce chapitre, avait refusé de défendre le cbaooine Ëscoiquitz devant la commission, lui a retiré sa confiance et son traitement.

Don Eugenio CabtUlero, Conseiller de Castille, est mort deux jours après son éloquent rapport, de chagrin et de désespoir des suites de ce procès. — C'était un grand magistrat.

Des couvents se sont disputés pour rendre les devoirs à ce juge intègre; quand on a parlé de prix : Les moines ont répondu que puisque c'était pour ce grand Conseiller de Castille mort pour défendre la bonne cause, ils exigeaient la condition que ce fut aux frais du couvent, et avec toute la magnificence possible. Tout le monde s'est empressé A'assisler à celle cérémotde et de rendre à la mémoire de ce Magistrat la justice qu'il a su lui-même si bien départir. Don Eug. Caballero est mort pauvre.

Le plaidoyer de Joven de Salas, avocat du Duc de l'infantado est, dit-on, superbe : la Duchesse a voulu lui faire un présent magnifique. Cet avocat a répondu : j'ai rendu justice k l'innocence, je refuse tout, je suis récompensé par Cesiime publique. D'après le décret royal, le Duc de l'infantado avait demandé pour l'exil ses terres en Biscaye distantes de plus de 60 lieues de Madrid. Cela lui a été refusé. Le Duc a alors demandé d'aller & Grenade, on lui a ordonné de se rendre à Ecija, nom d'une petite ville près de Se ville.

Espagne, Tot. «73, M. 168.

INSTRUCTIONS A l'aGBNT SECRET BLONDBL

A. M. Blondel.

6 tiintit 1808.

Sa Majesté m'a autorisé, H'. , à vous envoyer à Barcelone. Votre mission n'a aucun caractère ostensible j c'est pour une affaire particulière que vous paraîtrez vous rendre dans cette ville : vous y résiderez tant que le Gouvernement français ie jugera nécessaire et pendant votre séjour vous correspondrez régulièrement avec moi.

4T« L'ESPAOnS KT MAPOLBON

Dans un moment ou différent* oorpi de troapM françataos flOBt en Espagne, et où des événeateots digmis de reRW«|ue sa sont passés à Madrid, la situation du pays et l'opinion puUiqae nit^ritent d'être particulièrement observées, surtout dans les partics de l'Espagne cpii sont voisiae* de nos frontières et qui se trouvent sur le pass«(^ Jos Croupes que S. M. poartttît eoeon avoir à fairo passer «a Portugal ou en Espagne. Barcelone est devenue sens ce rapport no point important d'observation.

Vous cbercherez, i connaitre quelles sont les dispositioas des habitants envers les Français, quelle est leur opinion snr la situation de l'Espagne, sur son gouvecneiaent actuel, et queb sont leurs sentiments pour l'Empereur. Voua examinerea, son* tous ces rapports les dispositions des officiers civils et militaires. Ëtant sans caractère public, vous aures pins de Milites pour faire vos remarques, pour recevoir des avens, des oonBdeoces, pour vous Former des liaisons qui vous peraiettent de pénétrer dans les intentions des personnes que voas auies le plus d'intérêt à connaître. Vous me transmettrez des renset^Bements exacts sur la situation dii port, sur le nombre et l'état des bétimenb qui s'y tronvent, sur les événements de mer, sur tous les mâuvcments maritimes qu'il vous sera possible de connaitre^ partàc^iremeot sur les croirières des Anglais et sur toutes les nouvelles qu'on recevrait de leurs opérations dans la Méditerranée. Handes-Bioî quel est le nombre des troupes espagnoles qui sont en Catalogne, quelle est la situation des places, la nature et la quantité des munitions, les ressources que pourrait y trouver un corps d'armée, soit dans son passage, soit pour s'y arrêter; l'état des routes, le degré de facilité des communications, enfin tout ce qui peut faire connaître le pays sous le rapport du sol, des ressources, des habitants.

Barcelone est une des villes d'Espagne qui ont avec la capitale et les autres villes principales du Royaume le plus de relations. Cette position vous permet d'agrandir le cercle de vos obsenations et vous pourrez, m'adresser celles que vous aurez occasion de faire sur la situation des autres parties de l'Espagne.

Observer et me faire part de vos remarques, voilà toute votre mission. Vous n'avez aucune démarche à faire près des autorités du pays : l'un des premiers moyens de rendre votre voyage utile est de n'en pas laisser pénétrer l'objet.

Je désire des renseignements nombreux; mais je les désire surtout exacts et je compte assez sur votre bon esprit pour être persuadé que vous ne votis en tiendrez pas aux bruits publies, A des rapports, a des conjectures, mais que vous ne vous atlachcrex

APPEHDICCS «17

qu'à bien voir. La plus sùrc preuve de zèle et d'être constamment exact et impartml. C'est la première qualité que j'attends de vous, ' et, c'est parce qu'elle est nécessaire et qu'il s'agit d'une mission de confiance que vous avez été désigné.

E$pagnt. Tol. 673, fol, 154.

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