LE PRINCE DB LA PAIX NOHUÉ GRAND AMIRAL ET ALTESSE SÉRÉNISSIUE
CéduU de Charles IV.
... Afin que vous puissiez librement employer les forces mari* times qui sont suffisantes à la défense de mes domaines d'Espagne et d'Amérique, et seconder les vues de mon allié l'Empereur de France, je déclare que vous entriez en jouissance des mêmes pouvoirs et des mêmes facultés dont furent investis et sous le même titre de généralissime ou celui de capitaine ou gouverneur général de mer et amiral général, les sérénissimes don Juan d'Autriche, fils du roi don Carlos 1", le second don Juan d'Autriche, fils de Philippe IV, et l'infant don Philippe mon bien-aimé oncle et beau-père.... En vous conférant en outre le titre de protecteur du commerce maritime de tous mes sujets d'Espagne et d'Amérique, ma volonté est que vous ayez le commandement général de toutes ces dites forces, vaisseaux, frégates et tous mes autres bâtiments réunis ou séparés, des officiers et équipages, à ce que vous pourvoyez, en mon nom, à tout ce que vous jugerez plus avantageux et nécessaire... Que vous exerciez de même envers mes sujets employés sur tous les bâtiments de mon armée navale et flotte marchande, toute la juridiction suprême, civile, crimin'elle, haute, basse, pure et mixte que je pourrais exercer moi-même ; que vous puissiez donner des commissions A votre choix à une ou plusieurs personnes pour qu'en votre lieu et place, et on mon nom, elles puissent instruire toutes causes judiciaires et contentieuses.
... J'ordonne qu'il soit créé un conseil sous te nom de Conseil d'amirauté, dont vous serez le président... Pour remplir ces différentes places, vous me proposerez des sujets dont le mérite a été reconnu... Je vous autorise en attendant à donner tous les ordres que vous jugerez nécessaire à mon service, lesquels revêtus de votre signature et celle du Secrétaire de l'amirauté devront être
4M L'BSPAOHB IT NAPOLÉON
exécutés ponctuellement et lana aucune excsption par tous les individus auxquels vous les adresserez.
Je déclare CD outre que pour conserver l'éclat delà haute diijnïtc de généralissime de mes armées de terre et d'amiral général de mes forces maritimes dans tous mes domaines, qu'en considération de vos services extraordinaires et des qualités distinguées de votre personne, — j'ordonne que de bouche et par écrit, il vous soit donné le titre d'Altesse Sérénissime avec toutes les prérogatives, droits, honneurs, immunités, franchises correspondantes à une dignité aussi marquante; enfin j'ordonne a tous mes conseils, chancelleries, audiences, tribunaax de mes royaumes, vice-rois, capitaines généraux, officiers généraux et subalternes de la marine, à toutes mes forces maritimes et autres personnes de quelque qualité, prééminence et dignité que ce puisse être dans mes états, d'obéir, exécuter et respecter vos ordres, en tout ce qui est relatif à mon service, comme à moi-même; que les ministres et bureaux de la marine vous fournissent tous les renseignements néceuaires pour tout connaître et disposer de la manière que vous jugeres le plus convenable à cet effet, ma volonté étant que vous soyez investi de tous les droits et prérogatives attachés à l'amirauté général« d'Espagne...
L8j«nTierl807.
MARIAGE DB PBRDINACID
Lettre du prince des Atttiriet à CEmpereur.
La crainte d'incommoder V. H. I. et R. au milieu de ses exploits et des affaires majeures qui l'entourent sans cesse, m'a empêché jusqu'ici de satisfaire directement le plus vif de mes désirs, celai d'exprimer, au moins par écrit, les sentimens de respect, d'estime et d'attachement que j'ai voués & un héros qui effitce tous ceux qui l'ont précédé et qui a été envoyé par la Providence pour sauver l'Kurope du bon le verse in mit total qui la menaçait, pour affermir les trônes ébranlés et pour rendre anx nations la paix et It^bonhetir. Les vertus de V. M. I., sa modéra tion, sa bonté m«me envers set plus injustes et implacables »u>emii;
APFRNDICBS Ml
tout me faisait espérer que l'expression de ces eantimeiis en serait accueillie comme l'effusion d'un cœur rempli d'admiration et de l'amitié la plus sincère.
L'état où je m« trouve depuis longtems, et qui ne peut échapper à la vue perçante de V. M. 1., a été jusqu'à présent un second obstacle qui a arrêté ma plume prête à lui adresser mes voeux; mais plein d'espérance de trouver dans ia magnanime générosité do V. M. I., la protection la plus puissante, je me suis déterminé non-seulement à lui témoifiner les senlimens de mon coeur envers son auguste personne, mais à l'épancher dans son sein comme dans celui du père te plus tendre. Je suis bien m&lheureui d'être obligé, par les circonstances,! cacher comme un crime une action si juste et si louable; mais telles sont les conséquences funestes de l'extrême bonté des meilleurs rois.
Rempli de respect et d'amour filial pour celui à qui je dois le jour et qui est doué d'un coeur le plus droit et le plus généreux, je n'oserais jamais dire qu'à V. M. 1. ce qu'elle connaît mieux que moi, que ces mêmes qualités si estimables, ne sen'cnt que trop souvent d'instrumcns aux personnes artificieuses et méchantes
[tour obscurcir !a vérité aux yeux des souverains, quoique si anaogue à des caractères comme celui de mon respectable père.
Si ces mêmes hommes qui, par malheur, existent ici, lui laissaient connaître a fond celui de V. M. I. comme je le connais, avec quelle ardeur ne souhaiterait-il pas de serrer les nœuds qui doivent unir nos deux maisons! Et quel moyen plus propre pour cet objet que celui de demander à V. M. 1. l'honneur de m'alUer à une princesse de son auguste Emilie? C'est le vœu de tous les sujets de mon père, ce sera aussi le sien, je n'en doute pas, malgré les efforts d'un petit nombre de malveillans, aussitôt qu'il aura connu les intentions de V. M. I., c'est tout ce que mon cœur désire; mais ce n'est pas le compte de ces égoïstes perfides qui l'assiègent, et ils peuvent, dans un premier moment, le suc^ prendre. Tel est le motif de mes craintes.
Il n'y a que le respect de V. M. 1. qui puisse déjouer leurs complots, ouvrir les yeux à mes bons, à mes bien-aimés parent, les rendre heureux et faire en même tems le bonheur de ma nation et le mien. Le monde entier admirera de plus en plus la bonté de V. M. L, et elle aura toujours en moi un fils le plus reconnaissant et le plus dévoué.
J'implore donc, avec la plus grande confiance, la protection paternelle de V. M. L, afin que non-seulement elle daigne m'accorder l'honneur de m'allior à sa famille, mais qu'elle aplanisse toutes les difficultés, et fosse disparaître tous les obstacles qui
4«S L-ESPAGNE ET HAFOLÉON
|>euvent s'opposer A cet objet de mes vœux. Cet effort de bonté de la part de V. M. I. m'est d'autant nécessaire, que je ne puis de mon côté en faire le moindre, puisqu'on le ferait passer peut-être pour une insulte faite à l'autorité paternelle, et que je suis réduit à un seul moyen, à celui de me refuser, comme je le ferai avec une invincible constance, à m'allier à toute personne que ce soit, sans le consentement et l'approbation positive de V. H. I., de qui j'attends uniquement le choix d'une épouse.
C'est un bonheur que j'espère delairontéde V. M. I., en priant Dieu de conserver sa précieuse vie pendant de longues années.
Ëcrit et signé de ma propre maîn et scellé de mon sceau, À TEscurial, le II octobre 1807.
DeV. M. I. etR.
Le très affectionné serviteur et frère,
Ferdinand.
INSTRUCTIONS DE CHAHFAGNY A BEADHARNAIS
S8 octobre 1807.
. . . Vous profiterez de toutes les ouvertures qui vous seront faites, en les écoutant, les discutant, et laissant entrevoir qu'un accommodement est encore possible si le Portugal reçoit les troupes françaises comme auxiliaires. Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez faire aucune promesse positive, encore moins prendre le plus léger engagement. C'est cette heureuse illusion de la paix que vous aurez à entretenir pour Militer les succès de notre armée et la capture de la flotte portugaise. A ces effets, vous devez donc déclarer que vous n'avez pas les pouvoirs nécessaires pour arrêter la marche du général Junot, mais que vous êtes autorisé à écrire à ce général d'entrer à Lisbonne sans commettre d'hostilité, pourvu que le Prince Régent n'en ordonne aucune, que ses troupes n'en commettent pas et qu'elles soient dispersées dans leurs différentes garnisons de manière à ne donner aucune inquiétude... Vous ferez comprendre au prince de ta Paix l'importance de s'emparer de la flotte portugaise. De ton c6té te prince doit dire que fermée /rançaùe ne peut téjavmer en
APPENDICES 46é
Espagne, que cela est trop contraire aux intérêts de son iouoerain, qu'elle doit presser sa marche et qu'on ne peut s'arranger qu'à Lisbonne.
L'intention de l'Empereur est que vous ne signiez aucun acte, que vous n'écriviez rien s'il est possible. Cependant, si le succès de cette mesure tenait à une lettre de vous, vous devez l'écrire, mais dans le sens que cette dépËche vous indique.
Eipagne, vol. 672, fol. S19-SX0.
RAPPORT DE H. DE TOCRHON A L'eXPEBEOB
30 décembre 1S07.
£n arrivant à Bayonne, je me suis rendu chez M. le g' Dupont, qui n'étant dons cette ville, que depuis deux jours, n'a pu me donner sur l'Espagne, que des renseignements très incertains; il avait envoyé un off" du côté de Bilbao et de S'-Sébastien, et un second à Pampelune; il attendoit leurs rapports. Je suis arrivé le 26 9*" à Madrid, le 27 M. de Beauhamois me conduisit à l'E^urial, le Roi nous accorda une audience pour 6 heures du soir du môme jour, la Reine étoit avec S. M. I. lorsqu'elle nous reçut; j'eus l'honneur de remettre au Roi, la lettre de l'Empereur, et de lui dire que j'avois ordre de mon souverain, d'en attendre la réponse, le Roi et la Reine dans cette audience parlèrent beaucoup de leur attachement pour l'Empereur. J'avois été voir dans la journée la bibliothèque de l'Escunal et j'y avois rencontré H. le prince des Asturies qui s'y trouvoit avec plusieurs off" et plusieurs moines, S. A. R. parut du dernier embarras, en apprenant qui j'étois et sortit quelques minutes après en me saluant avec beaucoup de bienveillance. Quelques heures avant mon départ de Madrid on est venu chez moi de la part du prince des Asturies, pour me prier de mettre ses respects aux pieds de l'Empereur, et pour me témoigner ses regrets de n'avoir pu me parler dans la bibliothèque, où il n'avoit osé m'entretenir, à cause des circonstances où il se trouvoit. I^ 29, je fus avec M. de Beauhamois chez M. le prince de la Paix, le 30 je reçus la réponse du Roi, après avoir passé 5 jours à Madrid, j'en suis
4U l-espaonb bt napoléon
parti dans la nuit du 1" au 2 x'" et suie retourné »a France par Valence, Tortose, Tarragone, Barcolonne, Fi^uiere« et Perpignan.
A. Bayonne j'avais appris par les nouvelles d'Espagne, que l'opinion était tout à tait en faveur de M. le prince dei Asturies, c|ue M. le prince de la paix y était généralement détesté et qu'on ne regardoit la conspiration que comme une invention du généralissime. Je pris à Bayonne des lettres de recommandation pour Vittorta et Burgos, je trouvois dans ces deux villes, ainsi que sur toute ma route jusqu'à Madrid, en passant par Aranda de Duero, que les malheurs de M, le prince des Asturies l'avoient rendu l'idole de la nation, que le prince de la paix en étoit regardé comme le tyran et le partisan des Anglots, je trouvois chez les Castillans de l'enthousiasme pour l'Empereur et les français.
En arrivant à Madrid je trouvois une opinion plus prononci^e en faveur de M. le prince des Asturies, et la Laine contre le prince de la paix plus forte encore que dans les provinces. Toutes les classes le détestent, et l'accusent d'être l'ennemi de leur pays, les grands, la noblesse, le clergé, les nég", le peuple, ne voient en lui que l'oprobre de la nation, j'ai été à même de consulter l'opinion de toutes les classes, j'ai trouvé dans toutes les niênies scniiments. Connaissant par moi-même l'eiprit qui animoiont la Biscale, les deux Castillcs et la capitale, et des rapports auxquels je dcvois ajouter foi m'ayant fourni sur l'Arragon, la Navarre des renseigaements positifs sur le bon esprit qui animaient ces deux provinces, je crus qu'il convenoit â ma mission de lotoumer en l'rance par le Royaume de Valence. J'ai trouvé partout le mCnie cntousiasme pour le prince des Asturies et la mente haine pour le prince de la paix, le même esprit anime Darcclunno et la Catalogne. Dans tout le royaume de Valence, l'Ârra^jon et la Catalogne, l'opinion qui avoit toujours été jusqu'à présent contre les français s changé totalement depuis les derniers événements. Tous les yeux sont tournés vers rËmpercur. L'Espagne dans ses malheurs regarde Sa Majesté Impériale comme le seul appui qui puisse la sauver, on ose espérer qu'il daignera prendre le prince des Asturies sous sa protection, lui choisir une femme, et délivrer l'Espagne de la tyrannie qui l'opprime.
Le prince de la Paix. — J'étois bien aise de voir M. le Prince de la paix, et de chercher à démêler les sentiments de cet homme qui depuis 17 ans gouverne l'Espagne avec un despotisme dont on n'a aucune idée hors de la péninsule. On ne peut lui refuser quelqu'ombre de talent, mais en l'évaluant à sa juste valeur on peut dire avec vérité, que l'astuce, la souplesse et l'intrigue composent tout son mérite. J'ai été frappé de son peu de
tenue, de «on air embarrassé et de trouver en lot tout ce qui caracti^rise l'homme tout à fait médiocre, je ne craint pas d'avancer qu'il oc posBède aucune des connoissance» nécessaire* pour occupper avec quelque (;loire le poste éminetit auquel il est parvenu, il n'a aucune connoissance en diplomatie, il n'est pas plus fort pour les affaires de Tintérieur; on ne peut se faire une idée de l'état de délabrement où se trouve l'Espagne. On n'a fait sous ce régne aucun établissement avantageux ; il tau t en excepter le port de Tarragone qui a été construit sur des plans présentés sous CbarLes III ; les finances sont anéanties, les voles perdent 50 0/0, les pensionnaires de l'élat, arriérés de ^ mois, tous les genres de service en souffrance, l'Espagne est au dernier degré d'anéantissement, le prince rempli de morgue avec tout ce qu'il ne craint pas, est bas avec celui que sait lui inspirer la moindre crainte, d'une sordide avarice, tous les moyens lui sont bons pour satisfeire cette passion, on ne peut évaluer ses richesses, soit en terres qu'il a achetées, soit en concessions qui lui ont été faites par le Roi, soit en lingots, il dispose de toutes les finances sans en rendre compte, n'a aucune représentation, passe sa vie avec une fille de concierge du Buen Ketiro à Madrid, il en a plusieurs enfants, le Roi a fait cette femme Comtesse deCastille(l) : ce qu'il y a de vraiment étonnant c'est que dans 17 ans de puissance absolue, le prince n'aie pas eu l'adresse de se foire plus de par- Itians.
Le r&i d'Esptign». — Le lloi d'Espagne est un honnête homme, très borné, qui « une confiance entière dans la Reine et dans le prince de la Paix; cependant l'administration de ce prince commence à lui paroître pesante; mais il est incapable de prendre un parti, il ne s'occupe d'aucune affaire, la Reine lui a persuadé que la clwsse étoit nécessaire à sa santé, et il chasse deux fois par jour quelque temps qu'il fasse, le matin depuis 9 heures jusqu'à midi, le soir depuis 3 h. jusqu'à 5.
La reine ^Espagne. — I.n Reine d'Espagne a de l'esprit mais c'est tout à fait un esprit d'intrigue; elle s'est totalement eniparée de la confiance du Roi qui la croit la femme la plus vertueuse de aon Royaume. C'est elle qui a iait la fortune du Prince de la Paix, qui s'en soucie fort peu actuellement, elle le sert auprès du Roi, de tout son pouvoir parce qu'il lui donne de l'argent; on dit qu'il a trouvé le moyen dans le temps de leurs amours do se foire donner un écrit de sa main qui la met tellement dans sa dépendance qu'elle n'a plus d'option, on dit qu'elle est aussi lassée de
{!) ComlGMe de CiDielfiel.
4«6 L'ESPAG^E ET NAPOLÉON
son despotisme, mais qu'elle ne peut lui être contraire, joint i ce qu'elle a toujours besoin de lui pour subvenir à toutes ses dépenses, on ne peut se foire une idée de ses débauches, c'est la Hessaline de son siècle.
Le prince des Àsturîes. — M. le prince des Asturies a 33 ans, est d'un extérieur agréable, le genre de vie que mènent les Infants d'Espagne n'est pas propre à le fiairc bien connaître; il a eu une assez bonne éducation dirigée par un ecclésiastique d'origine française, on lui accorde de l'âme et de l'élévation dans tes sentiments il est d'un caractère assez faible, et sent très bien combien son éducation eut pu être meilleure. Le prince de la Paix a cberché constamment à éloigner de lui, tout ce qui avoit une certaine valeur.
Dom Carlos. — Dom Carlos, second Infant, âgé de 19 ans a montré beaucoup de fermeté dans ces dernières circonstances, surtout dans ses réponses au président du Conseil de Castille, il est fort attaché â son frère, le prince des àsturies.
Dom Francisque. — Dom Francisque est le 3* infant, il est âgé de 13 ans, on le regarde généralement comme (ils de la Reine et du Prince de la Paix â qui il ressemble beaucoup. C'est tout à fait un enfant.
Armée espagnole. — L'armée espagnole est composée d'environ 75,000 bommessans compter les milices qui peuvent être évalaéei i 30,000 bommes. Elles n'ont point encore reçus (sic) d'ordre pour ta plupart et il leur faut toujours au moins trois mois pour se réunir, en portant A 45,000 b. les armées espagnoles en Hannovre et en Portugal, il restera 30,000 b. répartis dans le royaume.
Places. — Les places de S'-Sébastien et de Fontarabie tombent en ruine. Les places de ta Catalogne sont tout â fait sur le pied de paix; quant à Pampelune je m'en suis rapporté an g' Dupont qui y a envoyé un off".
Gouverneurs. — Le C" de Biscaie n'est point encore nommé depuis que dom Benito est nommé inspecteur (1). Le maréchal de camp Antonio C'de Guipuzcoa a été fait ministre de la guerre (2). On croit que M. Devit, homme du prince de la Paix aura le commandement des provinces de Biscaîe, Guipuzcoa et d'Alava.
Arragon. — Le vice-roi d'Arragon Juan de Guillarmoi (3) vieil-
(1) Beoito San Juan.
(t) Antonio Olaga«r Félin.
(3) Jorge Juan de Guittelmi.
lard instruit est mené par François de Vacco (1) sur lequel on ne ' peut compter.
Le C* en second Charles Maury (2) Lt. g), homme de mérite ainsi que te Lt. du Roi Vicenti Buctaminte (3).
riavarre. — Le duc de San Carlos après avoir été obligé de donner sa démission de grand maitrc de la maison du Roi, fut envoyé en qualité de vice-roi en Navarre, où il étoit adoré, il est maintenant détenu à Pampelune depuis les derniers événements. Il a pour successeur le gouverneur de Barcelonne, homme dur qui Y étoit détesté.
Cataloijne. — Le C» de Santa Clara vice-roi a été destitué et appelle au Conseil de Castille ce qui est tout à fait une retraite, c'est un homme nul, il est remplacé par le G" Espalette de Verre (4). On ne peut concevoir cette nomination, le C" est l'ennemi du prince de la Paix. Il a été anciennement exilé, emprisonné, et destitué de gouverneur du Conseil de Castille.
nouvelle Castille. — Dom François Negreto (5), fils du C» de Campo de Alangc, est vice-roi de la Nouvelle Castille, il est entièrement dévoué au prince de la Paix.
Valence. — Le vice-roi s'appelle Ischierdos (6), c'est un homme d'un certain âge dont la femme s'occupe à thésauriser.
Résidences royales. — La Cour va A Aranjuez dans les 1" jours de janvier, et y reste jusqu'aux derniers jours de juin, elle se rend alors à Madrid y passe jusques dans le courant d' aoust, demeure de cette époque au 1" 8*" à S<-Yldephonse, et les 3 derniers mois de l'année à l'Escurial.
Conspiration du prince des Asluries. — Rien ne peut donner une idée plus juste do l'administration du prince de la Paix, que cette prétendue conspiration de M. le prince des Asturies. Il en a été question 2 h. après le départ de M. de Turcnne; le prince de la Paix fit semer par ses agents qu'elle avait été découverte par une main puissante et amie qui en avoït donné avis, on ne déguisoit pas qu'on vouloit parler de l'Empereur, et que l'objet de la mission de M. de Turenne y avoit rapport. Cette nouvelle absurde trouva cependant dans le peuple des gens qui y ajoutèrent foi,
(i) Francitco VicB.
(2) Carlo. Mori.
(3) ViceDte Bualsmenle, liealenant du roi à Saragoiae. {i) Comte Ezpeleta de Veyre.
(5) Franclico Xarier de Negrcle.
(6) Sans doute le Meulenaot-général d Conicit ■aprtme de la guerre; mail le ' comte de )« Coaqniata.
4M L'ESPAGMB KT HAPOLËON
maÎR le« hommes sages ne purent y croire un seul fairtut. L* masse du peuple bientôt détrompée changea du tout au tout, le prince des Anaries maHieurcux devînt son idole, l'Empereur son espoir, et le prince de la Paix fut tout k fait dépopularîsé.
Le prince des Asturies fut mis aux arrêts au moment oà l'on dfHina avis au public de cette conspiration. Ses p^iers furent saisis, on dit qu'on y trouva des brouillons de lettres à l'Empereur. La Reine se permit de fouiller elle-même son (ils, on fit arrêter à Pampeiune le duc de San Carlos, le duc de l'infontado fut conduit à l'Escurial, ses papiers saisis, un ancien précepteur du prince des Àeturies fut enfermé, on fut cberclier à Cadix un ancien maître d'arithmétique du prince qu'on incarcéra ainsi qua deux off™ de sa maison. L'héritier de la couronne montra de la fermeté et de la dijijTiité dans cette circonstance, dom Carlos parla avec énergie au président du conseil de Caslille, et lui dit qu'il rfpondoit eur sa tête de ce qui arriveroit au Prince des Asturie*, qu'il n'avoit pas te droit de le juger, que ce droit appartenoit aux Cortès seuls. Cependant le Gouvernement adressa aux vice-rois et gouverneurs des relations de la conspirattMi qui furent affîcbées partout et lues à la lëte des rég". Citoyens et soldats en furent également indignés et nommèrent Godoï comme en étant i'sulear. On fit chanter à Madrid un Te Deum en action de grâces de la découverte de la conspiration. Tous les fjrands d'Espagne furent invités à s'y trouver, 4 seulement y assistèrent; c'est alors que parurent les lettres de M. le Prince des Asturies au Roi et à la Reine, il fut remis en liberté, on changea toute sa maison et il fut obtigé de manger avec la Reine. Le Roi pendant tous ses évèoemens n'en fût pas moins à la chasse, comme â son ordinaire; j'ai vu des personnes qui m'ont assuré que le Roi n'avoit su la consfuration que plusieurs jours après qu'elle eut éclaté, et qu'il s'en était plaint amèrement. Ces mêmes personnes pensoient que le prince des Asturies n'étoït point l'auteur des deux lettres au Roi et à la Reine qui ont passés sous son nom, mais je n'ai point assez de preuves pour présenter cette opinion comme certaine.
Ce qu'il y a de constant c'est que le Prince de la Paix avoit dirigé cet événement pour perdre M. le Prince des Asturies et qu'au contraire il l'a rendu cher à la nation, tandis qu'il lui a feit perdre le peu de faveur populaire qu'il pouvoitavoir.
Conclusion. — L'Espagne est dans un moment de crise, elle attend son sort de l'Empereur. Elle le regarde comme son seul appui, elle le regarde comme le protecteur du prince des Asturies qui est tout son espoir. J'ignore s'il entre dans la politique de l'Empereur d'accordersa protection à ce jeune prince et de fsire
APPEHDlCKg M»
finir le rqfne du prince de la paix qui ne peut être regardé i^ue comme un Euppot des Ângluis (I) sur qui on ne peut p»9 compter, témoin SB. proolamation de l'hiver dernier et les propos indécena qu'il £c permet tous les jours.
J'oee supplier qu'il me soit permis de parler avec la franchise qui me caractérise, elle est fondée dans mon dévouement pour ia gloire de mon maitre, j'ai dit ce que j'ai vu, je dirais ce que je pense. 11 n'y auroit aucun avantage pour la France, de soutenir le prince de la Paix et jamais on ne pourroit avoir de garantie sur sa fidélité, i moins de lui accorder des avantages qui ne »en>ient point compatible peut-être avec la gloire de l'Empereur. Quoique je sacbe très bien que Sa Majesté Impériale Mt certaine de faire penclier la balence qu'elque parti qu'elle prenne, cependant j'observerai que la nation espagnole eet tellement opposée au prince de la Paix qu'il feudroit bien longtemps pour la faire changer de sentiments.
En protégeant au contraire le princs des A.sturies, l'Empereur se fait k jamais des partisans zélés de toute la natitm espagnole; elle n'est point k dédaigner quoiqu'anjourd'huy couriiée sous an despotisme révoltant, h la moindre leur d'espoir on trouveroit en elle des sentiments généreux; l'Espaffne est, je le répèR, dans un moment de crise il feut en la dirigeant la faire tourner à son avantage, la nation française en recueillera tout le fruit, maïs i) ne faut pas en perdre l'instant, les moments sont prétieux.
Dans cette hypothèse je penserois qu'il seroit utile d'envoyer à l'ambassadeur de France à Madrid une note très pressente pour qu'il inter\'int dans l'afhire des ducs de L'infantado et de San Carlos, que cette note fût tellement pressente que la Cour de Madrid ne put avoir aucun prétexte pour refuser leur sortie, il serait alors nécessaire qu'on fit circuler soit à Madrid soit dans les provinces qu'ils doivent leur liberté aux bontés de l'Empereur. Cette démarche feroit un excellent effet, ces deux seigneurs étant fort aimés, ce sont des hommes de valeur, surtout le duc de l'infantado; la protection que Sa Majesté leur auroit accordé seroit pour la nation espagnole un garent de l'intérêt que l'Empereur daigne prendre à son sort. Pendant ce temps, il faudroit envoyer 15000 1^' à Valladolid qui pourront au moment d'agir pousser une avant-garde jusqu'à Valdestillas éloigné de 8 lieues pour s'assurer le passage du pont sur le Duro. Valladolid n'a point de
(t) Je me mi* asturé par moi-même que le* Angloia biBoical publiquement le commerce dans 1» porU d'Etpagne avec te lenle précaution d'avoir dv« pHpim amMeawi. (Natt île M. 4» Touifion.)
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L'E»pagne — taés. Um«. jt 3,000 bommet. M t^wi. ;: i foreDteDTOTésil»ariie»(*rt.ttp^o.,^ , législatif. Tion «'atio« ,}« ly. ,„,.„ e 5» ^ parleboukLnr— .^--j— :.
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i7o l'espagnb et napoléon
fortifications et a une population de 10000 âmes, 2000 hommei suffîroient à Burgos éloigné de 40 lieues de Valladoltd mais il faudrait 2 postes intermédiaires de mille bommes chaque entre Burgos et Valladolid. 1000 bomnies seroient nécessairesà Hiranda sur l'Ebre pour en garder le pont. Mîranda est à 32 lieues de Burgos et à 12 de Vittoria. Ces 1000 hommes serviroient d'avantgarde à un corps de 7 à 8000 hommes cju'il faudrait placer à Vittoria, ville importante par sa population et sa position, étant au déboucbé des défilés. 1000 hommes seroient nécessaires à Mondragon et autant à Umieta; pour entretenir les communications libres il seroit nécessaire d'établir des postes de correspondance d'Iron à Valadolid. d'Iron à 1 lieue de Vittoria, le pays est montagneux. Cette armée seroit forte de 29 à 30000 h. qui seroient plus que suffisant pour donner des loix à l'Espagne. Pour ne rien donner au hasard on pourroit avoir une réserve de quelques mille hommes à Bayonne, et pouvoir disposer dans un moment qu'on ne peut prévoir d'une division de l'armée du g' Junot. Pendant que cette armée se rendroit à sa destination il faudrait s'occuper du Prince des Asturies. Le moyen le plus sur de le tirer de son espèce de prison seroit qu'il convint à l'Empereur de le nommer généralissime de ses troupes en Espagne, on mettroït alors un agent auprès de lui pour le diriger. Le prince étant une fois à Vailadolid il lui seroit aisé, en faisant marcher un corps de troupes sur Madrid d'avoir beau jeu du prince de la Paix qu'il ne faudroit pas laisser sortir du Royaume parce qu'il en emporteroit des sommes énormes. Les circonstances détermineroient sur les mesures ultérieures à prendre soit d'engager le Itoi à abdiquer, soit en faisant nommer le prince des Asturies Régent, ces mesures au 1" coup d'œil paroitront sévères, mais aux (jrands maux de grands remèdes sont nécessaires; et en réfléchissant au caractère foible du Roi, à l'ascendant qu'a la Reine sur lui, il faut la mettre dans l'impossibilité de pouvoir intriguer et de troubler l'Espagne de nouveau, on se persuadera qu'il est nécessaire d'opter entre un des deux moyens proposés, on s'occuperoit ensuite de choisir une femme pour le Prince qui convint à la France. Il faudroit que l'agent qu'on donneroit au Prince des Asturies eut assez la confiance de son Souverain pour avoir des pouvoirs étendus et un crédit assez considérable pour faire face aux dépenses, on doit compter que le prince des Asturies sera dénué de tout.
En corapoitant un nouveau ministère, M. le duc de l'infantado paroitroit devoir convenir pour en être le chef, il paroitroit aussi convenable d'y faire entrer M. le duc de San Carlos, et le C" de
APPENDICES ill
Florida Blanca ancien ministre de Charlcfl III disgracié au c' de ce Règne pour s'être opposé à l'avancement du prince de la Paix. On ose assurer, vu les dispositions actuelles des Espagnols, que les moyens proposés auroient les plus heureux résultats, et qu'on ne croit pas que tout homme impartial, qui aura parcouru l'Espagne dans ce moment, et qui aura été à même de juger sa position, puisse être d'un avis différent.
SO décembre 1S07.
Ph. DE TOURNON.
AF IV, 1680, Aouier 1807, pièce 16.
PBOCÈS DE l'eSCURIAL Beaiihamais à Champagny.
(Rêur«èt) Madrid le 19 novembre 1807.
MONSEIGNEOn,
J'ai l'honneur d'informer V. Ex. d'un événement qui est arrivé cette nuit : je pense qu'il ne sera pas inutile que V. Ex. ait cone de ma conduite dans cette circonstance assez extraordi-
naire.
On est venu à trois heures du matin m'annoncer qu'une voiture venant de l'Escurial s'était arrêtée à la porte de mon hdtel, qu'un particulier demandait à me parler secrètement de la part du Prince dei Asturies, et qu'il avait une lettre qu'il ne voulait confier qu'à moi seul. J'ai tait venir de suite M. de Missiessy, mon secrétaire particulier, je lui ai donné l'ordre de voir cet individu et de lui dire de ma part que je n'avais pas l'honneur d'être en rapport de correspondance avec M. le Prince des Asturies, que je ne voulais par conséquent recevoir aucune lettre sans autorisation, qu'en ma qualité d'Âmbos&adeur, je ne connais que S. M. Catholique. Ce particulier ayant fortement insisté à vouloir me parler et à me remettre cette lettre : j'ai renvoyé mon secrétaire lui déclarer formellement que je ne voulais pas le recevoir, que s'il désirait absolument laisser cette lettre, que je la transmettrais à V. E. pour la mettre sous les yeux de S. M. I., mais qu'il ne
i1% t'BSPACME KT NAPOLÉON
lui en serait pas môme Uisté un reçu. Cet «firent a encore persisté liMifftemp* à vouloir me voir et me parler, et pour m'y engager, il a débité mille et mille contes abaunles. Il a dit entre aatres ohoscs que le Prince des Asturies était aorti le matni de cbei Lours MM. extrêmement content et qu'il savait que l'Ëmperear le serait aussi. Je lui ai fait répéter pcrur la dernière fois qu'il pouvait s'en aller, qu'il devait garder sa dépêche, que j'étsis pénétré de respect pour toute la famille royale, que j'étais Ambassadeur de S. M. I. uniquement auprès de S. M. C, que je n'avais rien à régler avec M. le Prince des Âsturics, encore moins à lui écrire ou à lui repondre sans autorisation. Cet agent ne pouvant réussir à faire adopter son plan, s'est décide à repartir, en laissant la lettre Goi-disaitt du Prince de^ Asturies à mon secrétaire.
J'ai l'honneur, Monsei^jneur, de joindre ici cette dépêche. La physionomie embarrassée du messager, la teneur de la lettre dont les détails me sont inconnus, me semblent coïncider d'une manière assez originale avec le plan pittoresque du procès.
Eipagne, vol. 67S, Fol. 312.
PBOCÈS DE l'ESCUHIAL
BuF.i.KTis, Madrid 1« féïrier 1808.
Sur le procès des accusés Duc de tlnfantado. Bornas, etc.
Il est certain que la peine de mort de^'ait être portée contra ie Duc de rtniantado, le Marquis d'AyeriMts, et le chanoine Escoiquitz, fils du lieutenant général de ce nom. La Cour qui se croyaà assurée de la faiblesse des juges conseillera de Costille avait répandu le bruit que les accusés auraient la condamnât!^ de perdre la tête, mais que S. M. catholique coanBtmrait la peine en une prison perpétuelle. En effet don Simon àa Vi^as, Itomne vendu au Généralissime, qui faisait les fonctions de fiscal de cstte commission, avait conclu à la peine capitale contre HH. de l'Infantado, J'Àyerbas et Ëscoiquitx. L.a copia de la procédure ayant été communiquée aux juges conseillers, les miniRtres de S. M. C. ayant pressé l'instructiou et le jugement.
APPBNBlCBg 413
DoB Eu^io Cabatlera, Jùoal de wrdines, bc sentant très mal lo 3Ô janvier, fit demander ù MM. les Conseillers de Castilie, ses collègues, de te faire transporter sur son lit an lieu de la séance, pour y émettre son ¥Oeu Mvant son hottte dernière, dans l'a^ire la plus imporlajite au salât de sa patrie, au bonhenr de son Roi, et de son auguste famille et i l'acquit de sa conscience. Après une courte délibération les Conseillers se sont transport<5s chez leur confrère M. Caballero [>our y continuer la procédure. On trouva le malade revêtu de la tege magistrale et il voulut opiner le premier et i! demanda que don Simon de Vie^ fiûsant les Fonctions de fiscal ayant donné ses conclusions, avait perdu le droit d'assister aux séances judiciaires. Après ce préambule, Aaa André de la Sauça (c leva et dit : Seigneurs, si le 6scal ne sort pas, je ne prononce pas dans cette affaire et je m'en vais. Les Conseillers ayant approuvé cette proposition, Simon Viegas, fiscal, est sorti. — Alors don Eugenio Alvarez Caballero, Conseiller de Ccstille ayant pris la parole, fit un rapport trèft-éloquent sur le procès : il finit par adopta' la conclusion d'un de ses coUè^fues, se pronon- Çant pour l'innocence des accnsés. Due de llnfiintado, Harq'' d'Ayerbas, Escoiquitz et autres prévenns : ii adressa un compliment aux avocats défenseurs, Joven de Salas, Hemandes Martines, Josepb d'Azoarei et Madrida d'Avila sur leur coura^ dans une circonstance aussi périlleuse.
Les conclusions étaient : I* Que des juges ne pouvaient prononcer <pie sur des pièces originales, tpii seules pouv«dent fermer le corps d'un procès et suitoul d'un procès criminel ;
2° Que les 80 jours que, suivant les lois de Castilte, tout prévenu devait ivclamer pour se justifier cX pour produire des pièces originales et authentiques, n'avaient pas encore commencé à courir, puisqu'il n'y avait pas eu de sentence publique qui ordonnait ces preuves ;
3' Que le corps du procès contenu dans des copies informes fusseat-ellei valides ne donnaient aHesBUidiee de soupçon contre l'innocence des accusés.
4* Que si S. M. Cath. voulait mettre une suite à cette afhire comme le Conseil de Castilie te demandait, il CaHait absolument recommencer les informations, ouli'r de nouveau le Prhtce des Asbiries, a|^>eler les Princes, Grands ou autres seigneurs dénoncés, accusés ou impliqués, que pour cet effet le PHnœ des AsttiHes, comme Prince juré, ne pouvait être entendu (jue par devant les Coriis du Royaume et pour les autres Infants, Altesses ou Grands de l'État, ils devaient étro witendus par devant les cinq chambres do Castilie assemblc-vs on séanoe publique et à portes ottvertes.
414 L'ESPAGNE ET HAPOLiON
S* Qu'en outre les ditt commissaires fussent-ils les juges légitimes des accusés (ce qui n'était pas), il (allait avant tout que le Conseil de CastiUe en séance publique connut et fui informé quelle était la main inconnue qui avait dénoncé le prétendu complot, tout tribunal, même celui de la Sainte Inquisition, devant parfeitement connaître les délateurs, avec cette différence que celui-là avait teut le droit de ne pas être confronté avec les pré-
Que d'après cet énoncé, le Conseil assemblé croyait ne point trouver matière à rendre une sentence quelconque, et que puisque S. H. Cath. voulait savoir l'avis des Conseillers assemblés, il pensaient d'après leur conscience que dans l'état actuel de la procédure (fatrelle légale et valable), les prévenus accusés devaient être mis sur le champ en liberté et conserver leurs rang, dignités, prérogatives, etc., etc. Cette conclusion adoptée unanimement, les juges ont signé ; ils se sont embrassés avec attendrissement, en jurant que cet acte était pour t'acquit de leur conscience et de l'honneur de l'Espagne, dussent-ils porter leur tète sur un échahud pour avoir rendu hommage à la vérité et avoir sanvé l'boDneur national et de tout les bons Castillans.
Cet avis a été porté au pied du trdne. S. H. Cath. a paru voir avec plaisir ce résultat — ... Maïs quelques heures après, pour trancher toute difficulté, le Ministre de Grèce et de Justice, Marquis Gaballero, qui (dit-on) s'est avoué être l'auteur de tous les actes qui ont été bits dans cette af&ire, a reçu de S. H. Cath. l'ordre d'expédier et de signer les actes d'exil et de prison contre les prévenus...