LIBRAIRIE PLON LES PETITS-FILS DE PLON ET NOURRIT
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PublisheJ 11 March 1908.
PRÉFACE
Jl y a exactement cent ans, commença le drame de la péninsule où le génie de Napoléon fut vaincu par la ténacité d'un peuple. Les Espagnols vont célébrer l'ann'versaire séculaire de cette « guerre de l'Indépendance » qui, à l'époque moderne, fournit la meilleure preuve de leur énergie nationale. L'actualité est dans toute sa force, mais le temps a marché : des deux côtés des Pyrénées les passions ont perdu leur acuité, leur aigreur, leur intransigeance, il ne demeure plus qu'un grand exemple de patriotisme dont chacun peut méditer la leçon.
C'est l'heure de l'histoire, elle a besoin de paix et exige le recul des années écoulées.
Les documents abondent : témoignages, lettres, mémoires, rapports militaires, dépêches diplomatiques. Leur classement est long mais point impossible, la patience y suffirait. — La difficulté de raconter les événements réside dans la diversité, le heurt, la contradiction des principes en cause, à une époque d'extrême bouleversement. Si les hommes, dans leur action, paraissent
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sincères, bientôt les mobiles de leurs projets, la résultante de leurs efforts demeurent incertains et mystérieux. Un esprit simpliste ne saurait donner raison, de façon absolue, à aucun des trois champions en présence : France, Espagne, Angleterre. La valeur militaire de l'une, le courage féroce de l'autre, l'adresse persévérante de la dernière, impressionnent tour à tour. Il faudrait n'appartenir à aucune des trois races pour conserver l'impartialité de son jugement.
L'examen des faits est assez intéressant par lui-même, j'ai souhaité de m'y borner. Sur ce terrain précis, j'appelle l'attention du lecteur en lui fournissant l'explication de mon récit.
J'avais écrit l'histoire de \ Ambassade française à Madrid de 1789 à 1804. L'accueil du public, l'indulgence des historiens, les encouragements de l'Académie, et aussi la logique du sujet, m'ont engagé à poursuivre cette étude des rapports de la France et de l'Espagne au temps de Napoléon. — Après la mort de Louis XVI, le u Roi cathohque " a combattu les jacobins régicides; en 1796 il a conclu la paix avec la France répubhcaine ; de la France consulaire il s'est fait l'allié: il va peu à peu devenir la proie de la France impériale. A Bayonne, en 1808, l'ambition de Napoléon croit avoir partie gagnée : les Bourbons sont prisonniers, Joseph Bonaparte leur succède. Mais l'Espagne se soulève, lutte pendant six années et, tantôt vaincue, tantôt victorieuse, demeure triomphante. — La première journée de cette trilogie dramatique se tcj'niinait en 1804 à la proclamation de
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l'Empire ; la seconde prend fin en 1808 avec l'abdication de Charles IV ; la troisième en 1814 lors de la déchéance de Napoléon.
Dans ce présent volume, le rideau se lève sur le second acte, pour laisser voir des personnages déjà connus, qui vont pousser jusqu'au bout les conséquences ébauchées de leurs caractères et se mouvoir dans un décor nouveau. L'action s'affirme, grandit, se précipite.
Comment reproduire les péripéties mouvantes de la scène? J'ai cherché à le faire en suivant l'exemp'e et le conseil de Jansen qui écrivait au début de son étude sur le premier partage de la Pologne : « Sans m'occuper des problèmes politiques contemporains, je me suis seulement proposé de raconter les faits telsque, selon ma conviction, ils se sont réellement passés. J'ai voulu nommer les choses par leur nom, me gardant de moraliser stérilement sur mon sujet, et de prononcer à tout instant sur les événements et les personnes une sorte de jugement des morts, à l'égyptienne. Je n'ai voulu qu'aider le lecteur sagace, à juger la question par lui-même et, en toute connaissance de cause, apprécier une catastrophe qui a joué un rôle si important dans les destinées de l'Europe. »
Oui, en vérité, l'écueil du premier Empire est caché là. Après Tilsitt, Napoléon, arrivé au sommet, descend la colline des prospérités; tôt ou lard sa politique extérieure, condamnée à une surenchère incessante, devait aboutir à une catastrophe : l'aventure espagnole fut
le caillou contre lequel il vint trébucher; il a été vaincu à Madrid bien plus qu'à Moscou. Son bon sens, à Sainte-Hélène, eut le courage d'en convenir : « Cette malheureuse guerre m'a perdu ; toutes les circonstances de mes désastres viennent se rattacher à ce nœud fatal. Elle a compliqué mes embarras, divisé mes forces, détruit ma moralité en Europe... Les événements ont prouvé que j'avais commis une grande faute dans le choix de mes moyens... Je crus nécessaire, trop légèrement, de changer de dynastie... Les Espagnols, en masse, se conduisirent comme des gens d'honneur. » — Nous n'aurons pas sur les affaires d'Espagne d'autres conclusions que les siennes.
On est surpris de la quantité de conséquences fatales, en germe dans cette erreur : la puissance militaire de l'empire compromise, sa situation européenne diminuée, atteinte sa situation intérieure. — En 1808, l'Empereur, ne voulant pas affaiblir sa grande armée d'Allemagne, envoya des conscrits en Espagne; et ce fut en partie la cause de Baylen. — Éclairé sur les difficultés, il se réserve d'entraîner lui-même cette grande armée aux extrémités de la péninsule, puis, contraint de la quitter^ il la confie à Soult, à Masséna, à Suchet pour l'emmener jusqu'au fond du Portugal et de l'Andalousie. Dès lors dispersées, scindées, épuisées par la lutte, mal renouvelées de jeunes recrues, ces vieilles troupes ne retrouveront plus les triomphes d'AusterUtz, léna, Friedland; elles auront besoin de contingents étrangers qui les abandonneront à l'heure décisive; et apparaîtra la cause
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initiale de la diminution de valeur des armées françaises.
Il semble que Napoléon se soit planté un poignard dans le dos. Ce péril constant, créé à plaisir, de ses propres mains, sur notre frontière arrête ses projets en Orient, l'oblige à laisser la Russie y déployer ses prétentions, le paralyse aux bords du Danube, le dégarnit aux bords du Rhin. — Il a donné aux Anglais, maîtres des mers depuis Trafalgar, le foyer de résistance qui leur manquait sur la terre ferme, dans cette même péninsule d'où les maisons d'Autriche et de Bourbon avaient écarté leur influence et leurs vaisseaux.
Enfin cette défense inlassable des autels et des foyers ranime en France des souvenirs éteints, excite la pitié des gens de cœur pour les causes malheureuses, réveille le sentiment de la justice contre les iniquités poHtiques; elle fomente la coahtion tacite de tous les mécontents, et apprend aux Français à se désaffectionner d'un régime qui, infidèle à ses brillants débuts, atteint à la fois l'esprit religieux, le respect monarchicfue, la sécurité sociale et la liberté populaire.
Du moins, et cette consolation nous est chère, dans cette folle entreprise, la gloire du drapeau demeure intangible; le courage, l'endurance, l'héroïsme, la belle ardeur guerrière de nos soldats ont conquis pendant sept longues années des lauriers immortels, et à la fin de ces campagnes pénibles et meurtrières, on peut s'en tenir au jugement impartial que portait un général
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belge, écrivant l'éloge d'un maréchal anglais (1) : « En moins de trois mois les Français avaient détruit trois armées castillanes, occupé Madrid, chassé les Anglais, pris Saragosse, battu les Espagnols en Catalogne, occupé la Galice et frappé d'épouvante toute la péninsule. »
A ce prix, quelle que soit l'issue de l'entreprise, non seulement l'honneur militaire est sauf, mais la gloire est assurée.
Les Espagnols au contraire ont brillé par la grandeur de leur cause plus que par les moyens de leur patriotisme. Au milieu des discussions intestines, en dépit de cette jactancia « inséparable de nuestra raza », dit le général de Arteche, leur persévérance farouche a obtenu le dernier mot. Dans une résistance nationale, rehgieuse et sociale ils repoussaient l'étranger pour demeurer fidèles à leurs princes et défendre leurs coutumes ; — ils s'indignaient de la destruction des monastères, du dépouillement de leur clergé, de « l'impiété » présumée des conquérants ; — ils souffraient de la dévastation de leurs champs ou du blocus maritime qui paralysait le commerce colonial et tarissait la source des revenus d'outre-mer. La guerre était pour eux une question de vie ou de mort; elle ne leur permettait de poser les armes qu'anéantis ou délivrés.
Napoléon ne voulait pas croire à cette force secrète. Il se laissait tromper par les précédents de sa propre histoire; il avait suffi que ce soldat couronné frappât du
(1) Bnui.MOM, Histoire du duc de Wclliiii;lon.
PREFACE
pied les façades vermoulues de l'Europe monarchique du dix-huitième siècle, pour les voir toutes s'écrouler dans la poussière. La cour de Charles IV à bon droit lui paraissait la plus décrépite parmi tant de médiocrités, et les Bourbons de Madrid, les plus dégénérés de cette race détrônée déjà à Paris, à Parme et à Naples. Mais l'Espagne chrétienne se trouvait derrière eux, il ne le soupçonnait pas ; ses agents diplomatiques et les nombreux messagers envoyés aux nouvelles lui taisaient des vérités que leurs propres yeux distinguaient mal; ils en étaient restés aux bons mots de Gil Blas ou de Figaro.
Eût-il été averti à temps, l'Empereur n'aurait admis ni compris l'obstacle.
Sa science politique s'appuyait sur les errements de la France contemporaine, élevée à l'école de Rousseau et prête, poun^u qu'elle se crût en possession de toutes les licences, à se plier à tous les despotismes. Il pouvait pétrir à son gré cette génération déracinée, émiettée sur la table rase de la Révolution. — De l'autre côté des Pyrénées il trouvait un peuple vieux de croyances, jeune d'enthousiasme, demeuré à l'abri de ce scepticisme intellectuel qui se haussa des sarcasmes de l'Encyclopédie aux déclamations de la tribune, pour finir sous le couperet de la guillotine ou dans les antichambres des Tuileries.
C'est ce peuple des villes, ce sont ces laboureurs qui se levèrent tout d'une pièce contre l'envahisseur. Us croyaient marcher à la croisade. Ils firent la guerre au couteau. On ne peut se tromper sur le caractère démo-
cratique de ce mouvement, mené par l'élément « peuple » du clergé, par le moine, le Fraile, vivant de l'existence commune des petites gens, leur appartenant par son origine, ses habitudes, son apostolat et sa charité. L'épiscopat, en apportant les largesses de ses gros revenus; l'aristocratie, sans passion comme sans influence politiques; les officiers, dans leur habitude de la disciphne et leur respect du point d'honneur, soutinrent loyalement le drapeau des Espagnes. Mais le grand effort appartient à cette K multitude " qui défendait les traditions, sans souci du lendemain, dédaigneuse des besoins matériels, sincère jusqu'au sacrifice, croyante jusqu'au fanatisme, patriote jusqu'à la mort.
Napoléon Bonaparte aurait pu deviner cette puissance indomptable dans le souvenir des dures années de sa jeunesse, des vertus familiales de sa race, des énergies du peuple corse. — L'ambition lui tourna la tète; Tinjustice de son dessein obscurcit son esprit : il s'égara.
Ije plan général de cette étude peut donc se ramener à ces divisions : la chute des Bourbons, l'avènement des Bonapartes. Ce double épisode forme mes deux parties.
Dans la première, les titres seuls des chapitres :
1° Trafalgar;
2° Le prince de la Paix ;
3* Le traité de Fontainebleau;
4" Le procès de l'Escurial ;
5° Murât Lieutenant de l'Empereur;
6* Les piinces à Bayonue,
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exposent comment le roi d' Espagne va perdre par degrés : sa marine, son armée, son influence, l'honneur, la couronne et la liberté.
La seconde partie, en six autres chapitres, suit la marche des événements qui se succèdent ;
1* Le deux mai;
2° La junte de Bayonne ;
3* Le réveil d'un peuple ;
4" Le roi « Intrus » .
Elle dit enfin comment Napoléon, venu en Espagne, rencontre successivement un triple obstacle : La résistance espagnole; le secours anglais; la diversion autrichienne.
Ce canevas exprime toute ma pensée et donne le résumé de mon récit.
Les sources manuscrites sont multiples. J'indiquerai les principales :
L Archives des affaires étrangères. — Au Fonds « Espagne » , volumes 666 à 678; la correspondance de nos ambassadeurs : le général Beurnonville (1 804 à 1806) , le marquis de Beauharnais (1806 à 1808), le comte de la Forest (1808-1813). J'ai pubhé de ce dernier diplomate les dépêches qui se réfèrent à ce présent volume (1). Ce sont par avance les pièces justificatives de ce travail.
(1) Correspondance du comte de La Forest, anthassadeur de Franf.e en Esparjne publiée pour la Société d'Histoire contemporaine, t. I" (avril iSUOjanvier 1809). — Taris, 1905.
II. Archives nationales. — Dans la série AF, IV, les cartons 1605 à 1608 : « Le commandement de Murât » et ses lettres à l'Empereur (1). — Les cartons 1609, 1610: « Changement de dynastie » ; — 1611, 1612 : « Lettres du roi Joseph à Napoléon »; — 1613 à 1617 : « Commandement de l'Empereur » (novembre 1808-janvier 1809).
AF, IV. 1615. Lettres de Savary (2).
AF, IV, 1680. Douze lettres de Talleyrand à Napoléon (3).
III. Les sources espagnoles coulent abondamment des archives d'ALCALA de H en ares (transportées en partie à Madrid), où se trouvent la correspondance du prince de la Paix : Estado, dossiers 5216 et 5218; et la correspondance de l'ambassade d'Espagne en France, 5210 à
A SiMANCAS, les dépêches envoyées à la Junte suprême par les ambassadeurs espagnols en Angleterre : Estado, dossiers 8171-8172 (4).
L'indication des Imprimés nécessitera une bibliographie particulière et nombreuse. Bornons-nous ici à de sommaires renseignements :
(1) Elles ont été impriiTu^cs par le baron I,unihroso en 1899.
(2) Je lésai publiées dans la Revue des Qu(-stii>ns Inatorùjties, janvier 1900.
(3) J'en ai fait la publication dans la lievue des Questions hisloiùiues^ octobre 1900.
(4) Je icnvoie à mon Rapport de Mission en E-sp-TP-ne, 1896, insëré dans le Ihitletin llistoiique de J897 (Imprimerie nationale) et à mon article : la France et l' F.spaqne pendant le premier Empire, d'après les Archives espagnoles (/^jA/jo (//a/)/) e moderne, 1899), pour IfS détails sur les Dépôts de Pampclnne, Rir;;os, Saragosse, Alcala, Siuiancas, Madrid, Cordoue, Grenade, Séville et Cadix.
PREFACE
Avant tout la Correspondance de l'Empereur : 1° la publication officielle, tomes IX à XVII; 2° le recueil des Lettres inédites de M. Léon Lecestre. Il n'y a pas de documents plus impressionnants; on croit entendre la voix du maître, car ces épitres sont des dictées, qui ont conservé ainsi la spontanéité vivante de la parole.
Les Mémoires du roi Joseph, corroborés par ceux du maréchal Jourdan. La collection des " Mémoires » de Pasquier, Barante, Miot, Savary, Talleyrand, Metternich, Marbot, Castellane, Thiébault, Lejeune, Bausset, Saint-Chamans, Mme de Rémusat et la duchesse d' Abrantès, Suchet, Foy, Boulard, Dellard, Gonneville, et vingt autres.
Pour la partie militaire, spécialement : le général Gomez de Arteche, ses quinze volumes de la Giierra de la Independencia contiennent de nombreuses pièces du ministère de la guerre à Madrid; et le commandant Balagny qui a donné sur la Campagne de Napoléon une publication du premier mérite par le parallèle des documents relatifs aux trois armées française, espagnole et anglaise .
Pour la partie diplomatique, les tomes VI et VII du grand travail d'Albert Sorel sur V Europe et la Révolution, et V Histoire des Cabinets de l'Europe d'Armand Lefebvre qui savait beaucoup de choses et dont les renseignements n'ont pas vieilli. J'ai naturellement fait état le plus souvent des historiens qui m'ont honoré de leurs conseils : en suivant le chemin magistralement tracé par les savantes synthèses de M. Sorel, l'impartiaUté sereine
du comte Vandal et les passionnantes études de M . Frédéric Masson sur la famille impériale.
Les travaux anciens du baron de Bourgoing, Tableau de iEspacjne; du comte de Laborde, Itinéraire descriptif; de Fischer, Foyage en Espagne; de Rehfues, i" Espagne en 1808; de Townsend, Voyage en Espagne^ son toujours des témoignages de premier ordre pour la physionomie et les mœurs de la péninsule au début du dixneuvième siècle.
Chez les Espagnols il convient de consulter la multi tude quasi innombrable des brochures et des journaux de l'époque, les traditions d'histoire locale et les travaux d'ensemble de Toreno, de Munoz Maldonado, de Principe. On retrouve enfin des détails bien caractéristiques des hommes, des choses et du temps en Usant les nombreux petits volumes des Episodios nacionales de Ferez Galdos.
Les péripéties de cette histoire s appuient constamment sur le résultat des opérations militaires et exigent le récit des combats; rapports, états de situation, souvenirs des acteurs permettent cette reconstitution; mais, on le peut croire, je me suis épargné le ridicule de discuter les plans de campagne de l'Empereur et de donner des conseils de tactique à ses généraux.
J'ai souhaité aussi d'ajouter à la sincérité du contrôle et à la patience des recherches, le scrupule dans les descriptions, au retour des pays parcourus et des lieux visités. Peut-on reconstituer les événements autrement que dans leur cadre?
PBEFACJE
Études et voyages me furent facilités en France par les érudits du Ministère des Affaires Étrangères, de la Bibliothèque Nationale et des Archives; en Espagne par mes confrères de l'Académie d'histoire de Madrid, et nos agents diplomatiques ou consulaires. Grâce à ces collaborations discrètes mais précieuses, le chercheur, mis sur les pistes heureuses, est payé à l'avance de ses peines, il n'a plus qu'à acquitter la dette de sa gratitude et à enregistrer les souvenirs charmants des heures iécondes.