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CHAPITRE V

La résistance espagnole.

(Novembre-Décembre 1808.)

Rassuré à l'entrevue d'Erfurlh, Napoléon dirige vers l'Espagne la Granfle Armëe et va en prendre le commandement. — Il rejoint Joseph à Vittoria. — Premières menaces. — Il blâme le maréchal Lefebvre de son offensive à Durango qui trouble le plan d'ensemble. — L'armée de Blake est écrasée par le duc de Bellune à Espinosa de los Monteros.

Combat de Burgos. — Pillage de la ville. — Séjour de l'Empereur. — Décrets contre les « traîtres ». — Le maréchal Soult envové dans le pays de Santander. — Le maréchal Lannes en Aragon; sa victoire à Tudèle.

Napoléon marche sur Madrid. — Affaire de Savary à Sépulveda. — La charge des Polonais à Somo Sierra. — Attaque de Madrid. — Agitation patriotique de la ville. — Sommations, menaces, capitulation. — Sévérités et indulgences. — Décrets contre les ordres religieux, l'Inquisition, les droits féodaux, le Conseil de Castille. — Suspects et séquestres. — Hostilité irréductible des Madrilènes. — Proclamation impériale. — Audience à la municipalité. — Serment au roi Joseph. — La villa de Chamartin. — Revues militaires. — Nouvelles des Anglais; Napoléon part subitement à leur rencontre.

Résumant sa pensée sur la solution des affaires d'Espagne, Napoléon avait écrit à Joseph : « Il faut que j'y sois. " Il avait raison, car l'occupation se changeait en conquête. Cette lettre du 13 octobre était datée d'Erfurth, du jour même où il venait de river le Tsar à sa politique en lui arrachant, au

prix assez modique des Provinces Danubiennes, la garantie morale de toutes ses prises depuis dix ans : alliance éventuelle contre l'Autriche; accord secret pour imposer à l'Angleterre la paix; acceptation anticipée de l'envahissement de TEspagne; reconnaissance immédiate de la dynastie des Bonapartes substituée à celle des Bourbons.

En évacuant « gracieusement » la Prusse, Napoléon croyait acheter sa reconnaissance, était assuré de plaire à la Russie, et rendait disponible une partie de la Grande Armée. Pour contenir l'Autriche, il lui suffisait de 100,000 Françdis en Allemagne, des 100,000 hommes du prince Eugène en Italie, des 20,000 soldats de Marmont en Dalmatie. Quand il se crut prêt, il accentua son assurance secrète par une manifestation publique : sa réponse à Fontanes, à l'ouverture du Corps législatif, sonnait comme une fanfare dans le paisible temple des lois : « Je pars dans peu de jours pour me mettre moi-même à la tète de mon armée, et avec l'aide de Dieu, couronner dans Madrid le roi d'Espagne et planter mes aigles sur les forts de Lisbonne » .

Res, non verba. Dès le 5 août, il faisait rentrer d'Allemagne 80,000 hommes d'un seul coup; le 7 septembre, il organisait six corps d'armée :

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