L'ALCAZAR DE SÉVILLE
demain de son mariage avec Blanche de Bourbon, Pierre le Cruel abandonna sa femme pour aller retrouver Maria de Padilla, qui l'attendait au château de Montalvan.
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GRAND PATIO DE L'ALCAZAR DE SÉVILLE (page 811).
AO . CAS . Te a ce aîtracce : 0 La tradition rapporte que le roi permettait à ses favoris d accompagner sa maitresse au baño, A
et que ceux-ci, croyant plaire à leur maitre, poussaient la flatterie jusqu'à boire l'eau du bain encore tiède. Un jour, le roi ayant remarqué que l'un d'eux s'était abstenu de porter l'eau à ses lèvres, lui demanda ce qui l'empêchait de suivre l’exemple des autres courtisans :
« Señor, répondit-il, despues de haver catado la salsa, yo quisiera tambien catar la perdiz. »
On ne dit pas si Pierre le Cruel eut la fantaisie de lui faire trancher la tête pour une si belle réponse.
Quand Maria de Padilla mourut, le roi de Castille lui fit faire à Séville des obsèques dignes d’une reine. On voit encore dans la Capilla real, la chapelle principale de la cathédrale, son tombeau à côté de celui de saint Ferdinand.
= Nous parcourûmes, au premier étage de l'Alcazar, quelques pièces qui servent d'habitation aux princes de la famille royale, lorsqu'ils séjournent à Séville : dans une de ces pièces, qui passe pour avoir été oceupée autrefois par Pierre le Cruel, on nous fit remarquer quatre têtes de mort peintes sur la muraille. Suivant la tradition, Pierre le Cruel aurait, comme exemple, fait accrocher à ce mur les têtes de quatre juges prévaricateurs, et les peintures auraient été faites plus tard pour perpétuer le souvemir de la Justice du roi.
Cet étage, du reste, n'aurait rien de remarquable sans une très-jolie chapelle qu'on appelle la Capilla de Azulejos, parce qu’elle est en partie revêtue de carreaux de faïence peinte. Le fond de cet oratoire est occupé par un autel large d’un peu plus de trois mètres dont le devant et le retable sont entièrement revêtus d'azulejos. Sur le devant de l'autel, un tableau du plus beau style de la renaissance italienne représente divers ornements dans le goût du temps, parmi lesquels on remarque des grenades, emblème de la récente conquête du royaume moresque ; ces gracieux ornements, qu on pourrait eroire composés par Nicoletto de Modène, servent de eadre à un grand sujet représentant l’Annonciation. Les flèches et le Jon, ainsi que l’F et l'Y plusieurs fois répétés, montrent que ces faïences ont été peintes sous le règne de Ferdinand et d'Isabel, /os reyes cathôlicos *.
Le retable se compose d’un grand tabléau carré à cintre surbaissé occupant le fond, et de deux parties saillantes pemtes dans le même style que le tableau que nous venons de déerire ; la bordure, qui représente l'arbre de Jessé et plusieurs prophètes, rappelle beaucoup les enluminures des manuscrits du quinzième siècle. La composition principale, comprenant une dizaine de figures, représente la Visitation ; sur un des carreaux de faïence se lit le nom de l'artiste, écrit en caractères romains :