MARAICHERS VALENCIENS
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à Valence, el on en voit une grande quantité suspendue en énormes tresses blondes aux murailles de la Llotju. Ge gracieux édifice date de la fin du quinzième siècle ; la façade est surmontée de créneaux en forme de couronne qui lui donnent un air tout à fait héraldique; quant à l'intérieur, il est de la plus merveilleuse élégance. Qu'on se figure une salle immense dont la voûte, haute comme celle d'une cathédrale, est supportée par des rangées de colonnes torses semblables à d'énormes câbles de pierre; dans le fond une large porte, surmontée d’une ogive élégante, laisse apercevoir un jardin planté de citronniers et d'orangers, aussi vieux peut-être que le monument.
C'est dans les environs de la L/otja que se trouvent les orchaterias, où l'on va prendre la délicieuse boisson qu'on appelle orchata de chufas : c'est comme un sorbet à la neige, fait avec le lait d’une espèce d'amande de terre dont le goût et la grosseur rappellent assez la noisette. La chufa, tout à fait inconnue chez nous, n’est autre que le cyperus esculentus de Linné, détail que nous aurions toujours ignoré probablement, sans un de nos amis, savant professeur de l'université de Valence. Dans la plupart des villes d'Espagne, on trouve des orchaterias de chufas ; cette industrie est exclusivement exercée par des Valenciens, qui débitent leur orchata sans quitter le costume de leur province.
La cathédrale, appelée aussi la Seu, comme en Catalogne, offre un mélange de tous les styles qui se sont succédé depuis le treizième siècle jusqu'à l’époque actuelle ; comme dans toutes les églises espagnoles, l'intérieur est très-sombre, et ce n'est qu'à certaines heures que quelques rayons de soleil, pénétrant dans la nef, permettent d'entrevoir d'assez bons tableaux de l'école valencienne.
Une des chapelles a conservé sans altération aucune son aspect du quinzième sièele : c’est une
très-haute salle voûtée, dont les murs sont ornés de divers engins guerriers du moyen âge, et d'é-
normes chaînes de fer suspendues en guirlandes, qui servaient, dit-on, à fermer l'entrée du port de Marseille, et furent déposées là comme ex-voto par un roi d'Aragon.
Le clocher de la cathédrale, qui est assez élevé, s'appelle le HMecalet ou Muuelete, du nom d’une énorme cloche pesant deux cent quinze quintaux, qui fut bénie le jour de Saint-Michel, et qui sert à annoncer aux laboureurs de la Auerta les heures des irrigations. Rien ne saurait donner une idée de la vue splendide dont on jouit du haut du Micalet : toute la ville qui s'étend à vol d'oiseau avec ses maisons aux terrasses blanches, et les dômes de ses nombreuses églises dont les tuiles brillent au soleil comme du cuivre poli; autour de la ville, la kuerta qui déploie à perte de vue son immense ceinture verte, avec un horizon de montagnes bleues et roses baignées d’une lumière transparente; l'A/bufera, grand lac qui se confond avec la mer, sur laquelle des voiles latines brillent çà et là, et le port de Grao, dont les navires élèvent leurs mâts qui se confondent avec les palmiers. C'était surtout une heure avant le coucher du soleil que nous aimions à jouir de ce spectacle, sans pouvoir Jamais nous rassasier.
Valence a deux charmantes promenades, l’A/ameda et la Glorieta, sur les deux rives opposées du Guadalaviar. Là, on peut se faire une idée de la douceur du climat de Valence. Toutes sortes d'arbres des pes tels que des bambous énormes, des chirimoyas et des bananiers, y sont cultivés en plein air et sy émaillent de fruits parfaitement mûrs.
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soie venaient traiter leurs affaires ; aujourd'hui encore le commerce de la soie est très-important
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Le Guadalaviar où Turia, malgré ses quatre beaux ponts de pierre, est absolument à ec les trois quarts de l'année. En revanche, il déborde quelquefois l'hiver, et cause des épi lerribles, Depuis les montagnes de F'Aragon, où cette rivière prend sa source, les riverains lui font de nor breuses saignées pour les irrigations. |
Les ivrigations sont depuis des sièeles la principale source de la richesse du pays; bien avant 19238. ae de la conquête par Jayme ou Jacques 1° e/ Conqguistador, les Arabes avaient mis à exécution le vaste projet de dériver, au moyen de huit canaux principaux, les eaux du Guadalaviar, lesquelles allaient se perdre dans la Méditerranée. Ces canaux existent encore; le plus important , celui de Moncada, est comme la grande artère qui se subdivise en un nombre infini de veines ou canaux plus petits.
nommés wcequias, chargés de porter la fertilité jusque dans les moindres champs de la Auertu.
Grâce aux plus mgénieuses combinaisons de digues, azudes, qui permettent d'éleveret d'abaisser à volonté le niveau, les Arabes surent éviter deux inconvénients opposés : celui de ne pas donner assez d'eau à un champ, et celui de linonder outre mesure.
Chaque champ est arrosé d manla, c'est-à-dire que l'eau s'y répand en nappe, et couvre la surface comme ferait un vaste manteau. Retenue par un bour-
relet de terre qui entoure le champ, l’eau s'écoule chez le