LES CHARDONS
ÈS
RSS
DE
LA MANCIIE.
LA
= um
és ou ICH o TE
voulu placer la scène où don Quichotte se fait revêtir des insignes de la chevalerie. Cette sue
semble en effet, par sa position, le premier endroit où l'intrépide chevalier dut s'arrêter lorsqu'il
se décida à quitter sa maison pour courir les aventures. La venta de Quesada, avec ses tourelles ébréchées, offre au premier abord l'aspect de quelque ancienne forteresse démantelée. On nous fit voir, dans le fond de la cour, un puits auquel on a donné le nom du chevalier errant, et qui communique, dit-on, avec le cours souterrain du Guadiana : il paraît que les objets qu’on y jette disparaissent, subitement emportés par un courant rapide. Le premier relais que nous trouvâmes ensuite est un bourg appelé Villarta de San Juan. Le Guadiana passe sous la route, à ce qu’on nous assura, à peu de distance des maisons. Le parcours souterrain de ce fleuve est appelé e/ Puente, c'est-à-dire le pont. On raconte à ce sujet qu’un Espagnol, se trouvant à l'étranger, affirmait que son souverain possédait dans ses États, entre autres merveilles, un pont qui avait plus de. sept lieues de large, et sur lequel paissaient de nombreux troupeaux.
Les moulins à vent abondent encore dans les plaines de la Manche, et on pourrait découvrir dans certains cantons, comme le firent don Quichotte et son fidèle écuyer, jusqu’à trente ou quarante molinos de viento. Il faut dire que ces moulins sont de petite dimension, ce qui peut expliquer jusqu’à un certain point l'erreur du héros de Cervantès. Quant à leur grand nombre, il s'explique par la quantité considérable de blé que produit la contrée. Nous nous disions que quelqu'un de ceux dont nous voyions tourner les ailes était peut-être celui-là même contre lequel, après l'avoir traité de poltron et de lâche, le brave chevalier se précipita couvert de son écu et la lance en arrêt. L’aile du moulin brisa la lance, et jeta au loin dans la campagne le chevalier et Rossinante, l’un et l’autre en fort mauvais état. On sait la suite de l'aventure. Sancho remet en selle, tant bien que mal, son pauvre maître tout couvert de horions, et qui néanmoins se dirige vers le Puerto Lapiche, persuadé que dans un chemin aussi fréquenté il trouverait un grand nombre d'aventures. Ce puerto, que nous venons de franchir, est un défilé entre deux monticules bordés de chaque côté de maigres oliviers, et qui conduit au village du même nom. C’est en apercevant le Puerto Lapiche que don Quichotte s'écria : « Ami Sancho, c’est ici que nous pouvons mettre le bras jusqu’au coude dans ce qu’on appelle les aventures. » Ces mots à peine achevés, il litla rencontre de deux moines bénédictins accompagnant un carrosse qu'il chargea avec tant d'impétuosité. C’est au même endroit qu'après avoir jeté sa lance, il tira son épée, embrassa son écu et attaqua à outrance un Biscayen de l’escorte qui manqua de le pourfendre jusqu'à la ceinture, lequel Biscayen reçut à son tour un si grand coup d'épée sur la tête, qu'il rendit le sang par le nez, la bouche et les oreilles, malgré le coussin dont il s'était fait un bouclier.
Nous nous servions, pour suivre l'itinéraire du chevalier de la Manche, d’une carte spéciale dressée par Bory de Saint-Vincent, qui nous fut d’une grande utilité. D’après cette carte, nous devions laisser à quelques lieues sur notre droite le Toboso, où vivait l'adorable et incomparable Dulcinée. Le nom du Toboso vient de {oba; celui d’une terre poreuse d’origine volcanique, trèsabondante dans le pays. On emploie cette terre pour fabriquer des tnajas ou jarras dont nous aurons bientôt l’occasion de parler. Malgré son nom sonore, le Toboso n’est, en réalité, qu’un pauvre village d'environ trois cent cinquante habitants. Une chose frappera tous ceux qui, comme
nous, feront le voyage de la Manche, le Don Quichotte à la main : c'est l'exactitude avec laquelle
de nous ia ape pour rs à la venta “ Au Cest a, M que a ès a