UNE PORTE DU MOYEN AGE, A TOLÈDE
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UN RELAI A ILLESCAS, ENTRE TOLÈDE ET MADRID (page 548).
De Tolède à Madrid, — Illescas. — Aranjuez. — Le Palais : el Gabinete: les jardins; la Calle de la Reina: le Jardin de la Isla; les fontaines ; la Casa del labrador : un roi chasseur ; le gibier et les animaux exotiques. — Une lucha entre un taureau et un tigre. — Les anciens herradores. — Les ânes d'Aranjuez. — Les Espagnols aiment-ils la campagne? — Un poëte réaliste, — Arrivée à Madrid ; quelques mots sur son histoire. — Les anciennes maisons : somptuosité des appartements, — Quelques strophes du Madrid ridicule. — Le climat. — La Puerta del Sol. — Cherté des loyers. — Les boutiques et les marchands en plein air. — L'eau de Madrid. — Quelques mots sur la presse espagnole : les grands journaux; la petite presse ; les feuilles satiriques, théâtrales, tauromachiques, ete. — Les journaux à Barcelone et dans les provinces. — Quelques feuilles républicaines et carlistes nouvellement écloses.
Le voyage de Tolède à Madrid exigeait autrefois une Journée entière ; on ne comptait cependant qu'une douzaine de lieues de chemin; mais quel chemin, et quelles lieues! Des lieues d'Espagne, et un chemin poudreux l'été, fangeux l'hiver, fastidieux en toute saison. « De Madrid
4 Tolède il y a douze lieues, chemin tout uni... moins les côtes, » dit malicieusement une chanson
De Madrid à Toledo Hay doce leguas, Todo camino Ilano..
Ménos las cuestas.
On n'avait d'autre alternative que de faire ce long voyage dans une étroite diligence aux durs
coussins, ou dans une antique calesa qui parfois restait embourbée jusqu'au moyeu, malgré la hauteur démesurée de ses roues, ce qu’un voyageur appelait le naufrage de terre. On s'arrêtait à Illescas, à mi-chemin, pour goûter un repos bien nécessaire, en dépit de cette singulière étymologie, d’après laquelle le nom d’///escas serait emprunté au COR et à la fin d'une phrase latine : Z/ie non quiescas : Tu ne te reposeras pas ici. Le diner de la posada pouvait inspirer quelque méfiance au voyageur, surtout s’il se rappelait certain chapitre du roman de Lesage, dans lequel il est question d’un chat qu’on offrit à Gil Blas sous le nom de lièvre, gato por liebre, comme dit le proverbe espagnol. On avait ensuite le temps, pendant que le mayoral faisait la sieste, d'aller voir Nuestra Señora de la Caridad, quelques curieux tableaux du Greco, de des-
Dsiner la tour arabe ou le chœur de Santa- Maria, et une maison où logea François I°', s’il faut en croire la tradition, lorsqu'il se rendit à sa prison de Madrid.