LES BORDS DU CARRION, À PALENCIA
Palencia ; la cathédrale ; légende de San Antolin. — La cathédrale de Léon ; le couvent de San Marcos et ses sculptures ; San Isidro el Real. — Astorga. — Ta Maragaterta et les Maragatos. — La feria d'Astorga. — Quelques mots sur la cuisine en Espagne. — Sobriété des Espagnols. — La olla podrida et le puchero. — Les garbanzos et les altramuces. — Jamon dulce, morcillas, chorizos, ete. — Le chocolate de Astorga. — Ancienneté du chocolat en Espagne. — Quelques traités curieux. — Philippe V et Saint-Simon. — Anciennes recettes. — Une aventure tragique. — La jécara de chocolate. — La Galice : Villafranca de! Vierzo ; Lugo.— Les Segadores gallegos. — Quelques chansons sur les Galiciens. — Santiago. — Saint Jacques de Compostelle. — La cathédrale; le pértico de la Gloria. — Oviedo; les reliques de la cathédrale. — Les Asturies. — Covadonga. — L'inscription du roi Silo. — Le Puerto de Pajares.
Palencia, l'ancienne, Pallantia romaine, est une des villes les plus agréables de Ja Vicille-Castille, et une des plus riches en souvenirs. C’est ici que le romancero place le mariage du Cid avec Dona Ximena; le rio Carrion, sur les bords duquel nous fimes d’agréables promenades, y figure maintes fois. L'université de Palencia, la plus ancienne d’Espagne, existait deux cents ans avant celle de Salamanque. La situation de la ville, avec sa colline de l'Ermita del Otero, sa rivière, son canal et ses embranchements de chemin de fer, est une des meilleures de la Péninsule. Mais la gloire de Palencia, c’est la cathédrale. L'extérieur est d'une architecture simple, et l'intérieur est un musée où brillent de charmants ouvrages des quinzième el seizième siècles. La chaire, entièrement en noyer sculpté, est un charmant ouvrage de la Renaissance. Le travail du fer est représenté par une belle reja qui porte la date de 1522. Les vêtements sacerdotaux, précieusement conservés dans la sacristie, sont des chefs-d'œuvre de l'aiguille. N'oublions pas l'orfévrerie : la belle custodia de Juan de Benavente est le
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meilleur ouvrage d'un platero castillan dont le nom mériterait d’être plus connu, et qui est digne de prendre place à côté de Juan de Arfe. En parcourant la cathédrale, nous remarquâmes des fleurs de lis en plusieurs endroits. Comment les armes de France sont-elles venues prendre place dans une église castillane ? Une légende nous l’apprend. Sous le règne de Don Sancho, un anachorète, San Antolin, vivait retiré dans une forêt. Un jour, le roi poursuivit un cerf qui se réfugia jusque dans la grotte du saint ermite : celui-ci arrêta le bras du roi au moment où il allait percer l'animal d’une flèche. Le roi donna la forêt à San Antolin, et la cathédrale fut bâtie sur l'emplacement occupé par sa grotte; on voit encore cette grotte dans une crypte située au milieu de l’église, et dans laquelle se trouve aussi le puits du sait, dont l’eau possède, dit-on, des vertus miraculeuses. Or San Antolin était Français, et c’est pour faire