‹ L'EspagneChapitre 244 sur 287 · CHAMPS D OLIVIERS CAMPAGNE DE SARAGOSSE · texte numérisé non relu

CHAMPS D OLIVIERS CAMPAGNE DE SARAGOSSE

Les Aragonais et leur costume ; la cinta morada: les alpargatas. — Ricla. — Cariñena. — Teruel; la légende de {os Amantes de Teruel. — Calatayud ; la Morerta; le Castillo del Reloj. — Medina-Celi. — Sigüenza. — La médecine

populaire en Espagne : Barberos, sangradores, sacamuelas, euranderos et autres Charlatans; la saignée au bras et au pied; quelques couplets satiriques contre les médecins; le Médico de si mismo et autres recueils populaires. — Guadalajara : le palais des ducs de l’Infantado; la Sala de Linajes et le Patio. — Saragosse : l’Aljaferia ; la Torre Nueva (Tour penchée). — La Casa de la Infanta. — Les marchands d'images : romances populaires ; histoires de brigands : chansons andalouses ; satires contre les Andalous, etc. — La Seo. — Notre-Dame del Pilar : le Pilier sacré ; quelques Vierges vénérées. — Les saints populaires : San Anton et les panecillos; deux cerdos en loterie ; un saint dans un puits: quelques coplas; San Juan de Dios, San Roque, San Pedro, etc. — La Vie de saint Benoit en séguidilles comiques.

Nous voici au cœur de l’Aragon, une des provinces les plus intéressantes de la Péninsule. L'Aragonais, sous un aspect rude qui ressemble parfois à de la grossièreté, cache un fond de loyauté et de générosité. Son entêtement est proverbial, et 1l lui sera facile, dit un ancien refran, d'enfoncer un clou avec sa tête : Clavard un clavo con la cabeza. Les mauvaises langues “ont même jusqu'à affirmer qu'il a la tête assez dure pour enfoncer le clou en frappant du côté de la pointe... Quand un Aragonais vient au monde, dit le proverbe, sa mère prend ne assiette et lui en donne un coup sur la têle. Si l'assiette se casse, c'est preuve que la tète

LE

Û | à Te AU . x | , " Ce à ÈS Mg ‘ LA n L L À x + | “ EX

716 CHAPITRE VINGT-SEPTIÉ ÊME.

est dure : l'enfant est un bon Aragonais ; si au contraire c'est la tète qui est case, airs c'est un mauvais Aragonais. y LE" 2; Le costume est des plus pittoresques, surtout quand il est porté par un de. ces SM

gaillards bien découplés, à la taille serrée par une large ceinture violette; — nous insistons sur cette couleur, qui est en faveur d'un bout à l’autre de l’Aragon,: surtout pour les ceintures, — fujas moradas. C'est aussi la couleur du ruban auquel est attachée l’image de la sainte patronne que tout bon Aragonais porte à son Cou :

Todos los Aragoneses

Llevan al pecho colgada

La imägen de su patrona, Con una cinta morada.

La coiffure des Aragonais est d'une grande simplicité : autour de leurs cheveux, ils portent un mouchoir de couleur, roulé en corde, et qui, au lieu de s'élever en pointe comme celui des Valenciens, se noue simplement sur la tempe droite. La ceinture violette dont nous venons de parler retient une culotte courte et collante, de velours vert ou noir, ou bien de cuir d'un ton fauve comme l’amadou. Les bas bleus, sous lesquels se dessine un mollet nerveux, sont parfois coupés à la cheville, de manière à laisser le pied nu dans des a/pargatas attachées avec des rubans noirs. Chacun connaît cette chaussure de chanvre tressé; il n’y a guère de province où l’on en use autant qu'en Aragon. Elle est tellement commune, qu’elle a donné naissance à une locution proverbiale particulière au pays; en effet, on dit en Aragon compañia de alpargata. en parlant d'un homme peu constant, qui abandonne ses compagnons, de même que l’a/pargata, chaussure de peu de durée, ne tarde guère à manquer au marcheur qui la porte. On donne le surnom d’alpargata où d'alpargatilla à celui qui sait arriver à ses fins en tapinois, Comme fait un homme qui marche sans bruit. I1y a un quatrain popülaire d’une profonde philosophie. suivant lequel : « Celui qui se fie aux alpargatas, — Et met sa confiance dans les femmes. — N'aura jamais un sou de sa vie, — Et marchera toujours nu-pieds. »

Quien de alpargatas se fia, Y à mugeres hace caso, No tendràä un cuarto en su vida, Y siempre andarä descalzo.

Les Aragonaises sont justement renommées pour leur beauté : bientôt nous les verrons déployer toutes leurs grâces dans la jota, la danse nationale:

En continuant notre route vers la partie méridionale de l'Aragon, nous arrivons bientôt à Ricla, une vieille petite ville espagnole, qui s'élève en amphithéâtre sur une colline à droite de la voie, et que domine une élégante tour carrée, surmontée d’un clocher octogone. On y faisait, au seizième siècle, des armes à feu d’un beau travail et d’une grande élégance. La campagne, arrosée par les eaux du Jalon, est d'une merveilleuse fertilité. A quelques lieues de l’autre côté des montagnes qui s'élèvent à notre gauche, s'étendent les vignobles de Cariñena. célèbres en Espagne. Cariñena se trouve sur la route de Saragosse à Teruel, une des principales villes de l’Aragon, et une des plus curieuses de toute l'Espagne. Quand nous aperçûmes de loin les vieilles murailles de Teruel, ses tours crénelées et ses portes fortifiées, elle nous rappela Tolède et Avila. Dans la Calle de los Ricos Hombres, une des rues principales, nous nous crûmes transportés en plein moyen âge: Teruel occupe le centre d'une vaste contrée

‘(LèL 06e

d) VuvVrvIvu va v MOUV NV AUOT OS II SC STI NM OTIL AE

RD EPS

Page 1