‹ L'EspagneChapitre 245 sur 287 · OR MT AC O0 OM · texte numérisé non relu

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au lieu d'être estofado, c'est-à-dire peint et doré. C’est l'ouvrage d’un sculpteur français nommé *. Gabriel Yoli, qui était sans doute venu se fixer à Teruel, car nous vimes un autre retable de L 2 ua À sa main dans la Parroquia de San Pedro. C'est aussi par un architecte français PL ON ee Eu

vers la même époque, un magnifique aquedue, encore bien conservé, — los Arcos de Teruel..

Mais c'est surtout par une légende que la ville est célèbre. Les Amantes de Teruel sont aussi connus ici qu'Héloïse et Abailard, ou Roméo et Juliette. Bon nombre d'auteurs espagnols, depuis le seizième siècle, ont publié des livres sur ces amants célèbres, qui ont aussi défrayé une quantité de romances populaires ; nous en avons, pour notre part, plus d'une dizaine dans notre collection. L'auteur du Trovador, une pièce qui a servi de modèle au livret du Trovatore de Verdi, Garcia Gutierrez, a composé un drame sous le titre de /os Amantes de Teruel. Chez nous, Frédéric Soulié et d’autres encore se sont inspirés du même sujet. C’est l’histoire de deux fiancés poursuivis par la fatalité, et qui ne purent se réunir que dans la tombe. En 1555, comme on travaillait à des réparations dans l’église de San Pedro, on retrouva la tombe des deux amants, et leurs corps furent exhumés. En 1708, on les transféra dans le cloître, où ils furent placés debout, dans une niche fermée. C'est là que nous les vimes, encore assez bien conservés, et vêtus seulement d’un jupon de tulle; nous copiâmes cette inscription, placée au-dessus de leurs têtes : |

Aqué yacen los celebres Amantes de Teruel D. Juan Diego Martinez de Marcilla, y Doña Isabel de Segura. Murieron en 1217, y en 1708 se trasladaron à este panteon.

Reprenons le chemin de fer de Saragosse, et arrêtons-nous à Calatayud, l’ancienne Calatayut dont le nom revient plus d’une fois dans le romancero du Cid. C'est l'ancienne Bibilis des Romains, la patrie de Martial, qui a décrit sa ville telle qu’elle est encore aujourd'hui, froide et triste. Le poëte nous la présente aussi comme célèbre pour ses eaux et pour ses armes : aquis et armis nobilem; les eaux du Salo — le Jalon d'aujourd'hui — donnaient au fer une trempe excellente : Armorum Salo temperator. Dès notre première sortie dans la ville, nous apercevons le café Bilbilitano, où nous allons prendre une orchata, et quand nous en sortons, nous nous trouvons dans la calle de Marcial : on voit que les habitants de Calatayud sont jaloux de leurs anciennes gloires. La seconde ville de l’Aragon est divisée en deux parties : la ville basse et les Barrios altos (faubourgs élevés), qu'on appelle aussi la Moreria. La ville basse, en partie moderne, possède quelques églises, comme celles de San Martin et du Santo Sepulero, qui méritent d’être visitées; mais la vraie curiosité de Calatayud, c’est la Moreria, l'ancien quartier des Mores, qui occupe plusieurs monticules dominant la ville, et dans lesquels sont creusées des grottes, comme dans le Sacro-Monte de Grenade. Nous n'avons rien vu d'aussi misérable que ce faubourg. Qu'on se figure des trous percés dans la montagne, et dans lesquels vivent pêle-mêle, avec des animaux immondes, des malheureux à peine couverts de haillons. Ces grottes, composées d'une seule pièce, sont d'autant plus malsaines que la fumée n’a d’autre issue que la porte d'entrée: et si nous ajoutons qu'elles sont parfois à un mètre en cohtre-bas du sol, on se fera une idée de la saleté qui règne dans ces réduits. Quelques-uns des malheureux qui vivent là exercent le métier de tisserands, ce qui rend ces demeures encore plus insalubres ; les femmes et les enfants travaillent à la préparation du chanvre. Il y a sans doute parmi les habitants de la Moreria plus d’un descendant de ces Moriscos, si nombreux en Espagne au seizième siècle, et dont quelques-uns restèrent dans le pays comme des parias, oubliés lors de l’édit d'expulsion que rendit Philippe HI. Le Castillo del Reloy (de l'Horloge),

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dont les ruines pittoresqu M cminent ce paux à faubourg, remonte évidemment au temps des Arabes ; il en est de même du nom de Calatayud — le château d'Ayub (Job). L'Aragon est une des provinces où l’on retrouve le plus de souvenirs de la domination musulmane. Les Morisques y étaient très-nombreux, notamment dans la partie méridionale. Navagiero, parlant de la petite ville d'Aranda, située à peu de distance de Calatayud, qu'il visita en 1523, dit que le château était encore entièrement peuplé de Mores : « 7 Castello era anchor

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