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LA TOUR PENCHÉE (TORRE NUEVA), A SARAGOSSE

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LEDECINE POPULAIRE

instrument de bois sur antique. Bientà ha-

ville très-bien ine, et qui a donné gnole. « Medina-Celi, lisons-nous dans le Æidèle (

ledina

est ainsi nommée à cause de sa situation sur une hauteur, pour la distinguer d’une Médine, que les Espagnols appellent De! Campo, bâtie dans une plaine...» L'auteur, par une | | confusion assez plaisante, a pris le nom arabe pour un nom latin, et a cru qu'il signifiait la | Ville du ciel. Les villes sont assez rapprochées sur la ligne de Saragosse, car en une heure on de arrive à Sigüenza, une assez jolie petite ville, qui s'élève en amphithéâtre sur une colline #4 couronnée par le palais épiscopal, qu'on appelle e/ Alczar. Sigüenza paraît avoir été autrefois : une de ces petites villes vouées aux plaisanteries et tournées en ridicule, comme chez nous Car-

pentras. Pont-à-Mousson ou Quimper-Corentin. Cervantès nous dépeint le curé d’Argama-

silla, qui condamna au feu les romans de chevalerie de l’Ingénieux Hidalgo de la Mançhe, comme un homme docte et gradué à Sigüenza. On pourrait croire que l’université de Sigüenza |

était purement imaginaire ; il n’en est rien, et sa fondation remonte, assure-t-on, à l’année

1441. Elle existait même encore vers la fin du siècle dernier, si nous en croyons le Vago ita-

liano (le père Caimo), qui assista à une thèse publique de médecine et d'anatomie, dans la-

quelle on agita la question de savoir « de quelle utilité ou de quel préjudice serait à

l'homme d’avoir un doigt de plus ou un doigt de moins... »

Peu de temps après notre arrivée à Sigüenza, l’un de nous ayant été pris d’une imdisposition subite, nous crûmes prudent d’avoir recours aux lumières d’un médecin de la ville. On nous indiqua don Narciso Pastor, qui, après une consultation des plus rassurantes, nous envoya chez le boticario don José Molinero, avec une ordonnance en règle. Nous ne savons si le docteur Pastor avait étudié à la fameuse université de Sigüenza; il nous parut un homme imstruit et sensé, et sa méthode n'avait rien de commun avec celle du docteur Sangrado : aussi la maladie disparut-elle comme par enchantement. Les médecins et la médecine ne diffèrent guère en Espagne, dans les villes du moins, des autres pays. Dans les campagnes, il n’en est pas de même ; souvent on n’a recours qu'aux barberos ou à quelques curanderos, charlatans qui ne connaissent guère que la saignée, les sangsues, et certains spécifiques tels que l’ungüento de la madre Tecla, le bälsamo del cura de Tembleque, la conserva del padre Bermudez, et autres compositions qui remontent peut-être au temps d’Avicenne. Les Espagnols d'autrefois, comme les Orientaux, avaient une grande répulsion pour la chirurgie; c'était une profanation de toucher un corps mort, une impiété de mutiler l'ouvrage de Dieu. On dit que l’Inquisition demanda à Philippe I qu'André Vésale fût brûlé à Madrid pour avoir disséqué un cadavre.

On sait que le 4arbero espagnol est également comadron (accoucheur) et sacamuelas (arracheur de dents) ; quelquefois même il prend le titre de Profesor aprobado de cirugia ; on voit souvent, au-dessus de sa boutique, un tableau représentant un bras ou un pied d’où jaillit un filet de sang; car il est aussi sangrador. I y a longtemps que l'usage de la saignée est très-répandu ei Espagne : « Ils se la font faire hors du lit tant que leurs forces le leur permettent, dit un ancien voyageur, et. lorsqu'ils en usent par précaution, ils se font tirer du sang deux jours de suite du bras droit et du bras gauche, disant qu'il faut égaliser le sang. » Un autre assure qu'on

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