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MIRANDA DE EBRO

Les Provincias Vascongadus : Alava, Guipüzcoa et Vizcaya. — Les fueros. — Ancienne noblesse. — Les Casas solares. —

La langue basque ; quelques ouvrages en vascuence. — Vitoria : la Plaza Nueva ; le marché ; un proverbe sur les

figues. — La fausse monnaie et les faux-monnayeurs. — Le cidre des Provinces Basques, ou Zagardüa. — Le chacoli. — Zumärraga. — Mondragon. — Encore des Gitanos. — Vergara. — Les Carlistes; gravures populaires ; la Historia de Cabrera; Mosen Anton. — Isasondo. — Beasain. — Le viaduc d'Ormaiztegui. — Tolosa : l'église de Santa-Maria. —

Hoy se sacan änimas ; ancienne dévotion aux âmes du Purgatoire. — Quelques anecdotes : Philippe IV et ses cent mille messes ; le comte de Villa Mediana et le religieux ; comment on représente les âmes du Purgatoire ; el toque

de las énimas. — Les montagnes ; encinas et alcornoques. — La côte de las Salinas. — Les carros basques ; singulier bruit produit par leurs roues ; quelques détails à ce sujet. — Saint-Sébastien, — Zarauz. — Guectaria. — Zumaya. — Deva. — El drbol de Guernica. — Bilbao ; les cargueras. — Pasajes; les batelières basques. — Irun. — Fontarabie.

— La Bidassoa et l’île des Faisans.

Après avoir quitté la station de Miranda de Ebro, nous suivons pendant quelque temps le

Ladorra, rivière encaissée et rapide, l’un des affluents de l'Ébre. A certaines courbes de la voie, nous apercevons les sommets anguleux de la Sierra de Oca, qui se dessinent sur le ciel en déchirures bientôt bizarres : nous arrivons à Vitoria. Depuis quelque temps déjà, le pays est plus fertile et plus riant ; çà et là, des maisons de campagne aux murs blancs ont un air d’aisance et de propreté ; nous venons de quitter la Vieille-Castille pour entrer dans Îles Provinces Basques. On donne le nom de Provincias Vascongadas, et quelquefois simplement celui de Provincias, aux trois provinces d’Alava, de Guipüzeoa et de Vizcaya, qui occupent la plus grande partie de la contrée montagneuse du nord-ouest de la Péninsule, et représentent à peu près l'ancienne Canlabria. H n'est guère de pays en Europe qui ait conservé aussi purement ses vieilles traditions

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de race, de caractère et de langue. Ces intrépides montagnards, qui résistèrent aux Romains, aux Goths et aux Arabes, ont toujours été jaloux de leur indépendance et de leur liberté ; ils jouissent depuis des siècles de certains droits où prérogatives, — fueros, — qui ont fait donner à leur pays le nom de provinces exemples, — provincias exentas. On prétend que les Basques, qui se croient tous des kidalgos, se regardent commeles plus purs, les plus anciens caballeros de l'Espagne. «Ils s’estiment tous cavaliers, jusqu'aux porteurs d'eau, dit un ancien voyageur. » On se souvient de

la fureur du Biscayen, — e/ gallardo Vizcayno, — lorsque le Chevalier de la Manche, avant son mémorable combat, lui dit qu'il

nest pas caballero. Un auteur basque, Perochegui, appelle modestement son pays « fleuve abondant de Noblesse, abstraction de Noblesse, le plus ancien séminaire de la Noblesse d’Espagne. » Il n’est pas étonnant que nous rencontrions Si souvent, jusque dans les plus petites villes tant d'anciennes maisons nobles, — casas solares, — dont la porte principale est ornée d'un énorme écusson où les armoiries du propriétare sont sculptées dans la pierre.

Les Basques, comme chacun le sait, parlent un langage particulier, intelligible pour eux seuls. On connaît le mot prêté à Scaliger : «On prétend, disait-il, que ces gens-là s'entendent entre

eux; pour moi, je nen CroIs rien. » Le mot vascuence, qui sert à désigner l'idiome basque, sionifie également « ce qui es tellement obseur et confus, que personne ne peutle comprendre.»

Cervantès, quand il introduit sur la scène le Biscayen, le fait parler BERGER CASTILLAN, A MIRANDA DE EBRO, en mauvais espagnol, et en

biscayen plus mauvais encore :

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en mala lengua castellana, y peor vizcayna… 1 n’est pas impossible que le proverbe : « ve comme une vache espagnole » vienne, comme on l’a prétendu, d'un autre proverbe plus ancien : «parler comme un Basque espagnol. » Les Basques se donnent à eux-mêmes le nom d'Euscaldunac ; is appellent leur langage Euscara, et leur pays Euscaleria. 11 n’est pas de fables et d'absurdités qui n'aient été débitées au sujet du vascuence : suivant un auteur, c'était la langue dont Adam se servait dans le Paradis Terrestre ; c'était aussi le langage des anges ; apporté dans toute sa pureté par Tubal, longtemps avant la confusion des langues dans la tour de Babel, il était parlé dans toute la Péninsule, ete., ete. Il y a même un dicton espagnol d'après lequel le

LA LANGUE BASQUE. | a

Diable, après lavoir étudié à Bilbao pendant sept ans, ne parvint à en apprendre que trois mots. On à voulu trouver quelques analogies entre le basque et d'autres langues, notamment le celte et irlandais; un auteur anglais, M. G. Borrow. pense que cet idiome est d’origine tartare, à cause de sa ressemblance avec le mantchou et le mongol : il y voit. un élément prédominant de sanserit. Plus récemment, on a prétendu que les "Basques descendent de la grande tribu des Chaouias, établie dans la province de Constantine. D’après une lettre d'un officier français qui à séjourné dans cette tribu, les Chaouïas s’entendaient avec les bûcherons basques qui travaillaient dans la forêt de Batna. Toutes ces allégations sont fort discutables. et l'opinion la plus vraisemblable est celle de Humboldt, qui pense que la langue basque est originaire du pays mème, et qu'elle à été dans des temps éloignés parlée dans toute l'Espagne. Un fait cer-

LE RIO ZADORRA (page 101).

lain, c'est qu'il y a dans l'espagnol bon nombre de mots qui dérivent du basque : le P. Larramendi prétend même qu'ils s'élèvent à deux mille, ce qui nous parait exagéré.

Ce P. Larramendi est l’auteur d'un des plus curieux ouvrages publiés sur la langue basque : le Diccionario trilinqüe del castellano, bascuence y latin, imprimé à Saint-Sébastien en 1745, ell deux volumes in-folio, et qui, devenu très-rare, à été réimprimé dans la même ville il y a Fan vingtaine d'années. Nous citerons encore un autre livre de ce savant jésuite, une os basque intitulée : Æ7 émposible vencido (L'impossible réalisé), Arte de la lenqua taonpene, MAR quelques poésies populaires et quelques ouvrages qui ont eu les honneurs de l HAS el peut guère dire que la langue basque ait une littérature. On à prétendu que la prononeration

TN once: d'autres. au contraire. affirment qu’elle est dure et difficile ; quant à nous. en est harmonieuse ; d’autres, au contraire, affirment q ee

To CHAPITRE VINGT-NEUVIEME.

nous avouerons qu'elle nous à toujours semblé assez rude. Nous m'avens pourtant pas la prétention de trancher la question, et nous nous bornerons à citer la plaisanterie que les Espagnols prètent à un Andalous : «Les Basques écrivent Salomon, et prononcent Nabuchodonosor, »

Il était presque nuit quand nous arrivèmes à Vitoria, la capitale de la province d'Alava.

RAVCHARR E

LA SIERRA DE OCA, PRÈS MIRANDA DE EBRO (page To1).

Les rues étaient silencieuses et faiblement éclairées : rues de province, calmes et tranquilles sl en fat jamais. Arrivés sur la place principale, nous apercûmes sur la facade de l'église une statue de la Vierge entourée d’une auréole formée par de nombreuses lumières ; nous pensions que cette ilumination avait lieu à l'occasion de quelque fête, mais on nous assura que la statue était

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PLACE DE L'ÉGLISE, A VITORIA (page 154).

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