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PAYSANNE BASQUE (ENVIRONS DE BILBAO

Après avoir traversé les stations d'Andoain et d'Hernani, — un village qui, malgré son nom, n’a aucun rapport avec le héros d’un drame célèbre, — nous arrivâmes à Saint-Sébastien, ville moderne, charmante et coquette; ses rues, presque entièrement rebâties à neuf, sont alignées au cordeau et se coupent à angle droit : c’est le Trouville, le Biarritz de l'Espagne, le rendez-

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vous de la société élégante de la Péninsule pendant la saison des bains de mer. Malgré le voisinage de la frontière, Saint-Sébastien a un caractère espagnol assez prononcé, avec sa place entourée d’arcades, où se donnent les courses de taureaux, avec ses maisons à balcons et à miradores. Le marché était fort animé ; nous y remarquâmes certains paniers d’osier, cuévanos, que les paysans mettent, comme une selle, sur leurs mules et sur leurs chevaux.

La nouvelle route de Saint-Sébastien à Bilbao, qui borde presque constamment le golfe de Gascogne, traverse un pays très-peuplé et d’une grande fertilité. La culture est superbe, et témoigne des habitudes laborieuses des habitants : souvent on voit les femmes travailler dans les champs.

Voici une vieille qui descend de la montagne, les épaules chargées d’un énorme fardeau de bois, ce qui ne l'empêche pas de marcher d’un pas alerte; plus loin, c'est une Jeune fille qui porte avec aisance sur sa tête un vase plein de lait, comme une : Na canéphore antique. Déjà nous avions | remarqué plusieurs de ces laitières basques au marché de Saint-Sébas- re tien; leur magnifique chevelure, en RENE partie cachée par un fichu blanc, 1h | retombe sur les épaules en deux | pie longues tresses, qui doivent, au prix n où sont les cheveux, représenter une | | valeur considérable. Un voyageur du } dix-septième siècle faisait de ces I

paysannes basques un portrait auquel

il n'y aurait guère à changer aujour- A jure 1e d'hui : « Ces filles sont grandes; Ki° (il l leur taille est fine, le teint brun; les AE dents admirables, les cheveux noirs et lustrés comme du jais; elles les nattent et les laissent tomber sur

leurs épaules, avec quelques rubans qui les attachent; elles ont sur la I tète un petit voile de mousseline brodée de fleurs d'or et de soye qui voltige et couvre le sein... » Nous traversons Zarauz, une charmante station de bains de mer, fort à la mode depuis quelques années, puis Guetaria, Zumaya et la jolie petite ville de Deva. Nous sommes tout près du village de Guernica, célèbre depuis longtemps par son chêne plusieurs fois séculaire, — &/ drbol de Guernica, — sous lequel les juntas de la province se réunissaient pour délibérer sur les affaires du pays. La petite ville de Bermeo, une de nos dernières étapes, a donné naissance à l'auteur de la Araucana, Alonso de Ercilla, le poëte-soldat, qui écrivait ses vers sur le pommeau de sa selle. On arrive à Bilbao après avoir remonté le Nervion pendant une dizaine de kilomètres. La es anciennes rues, fort étroites, sont d’un aspect original,

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