‹ L'EspagneChapitre 264 sur 287 · PAYSANS AVEC LEURS GUEVANOS D'OSIER (SAINT-SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

PAYSANS AVEC LEURS GUEVANOS D'OSIER (SAINT-SÉBASTIEN

en rencontre soixante où quatre-vingts à la fois...» Un autre se plaignait en ces termes du grincement des roues : «Je ne sais si la puanteur des rues les plus sales n’est pas plus supportable à l'odorat que ce bruit aigu et perçant ne l'est aux oreilles. Les roues des charrettes de ce pays sont composées de deux planches clouées ensemble et grossièrement taillées en figure circulaire ; on pourrait, si l'on voulait, remédier à ce bruit désagréable : il suffirait pour cela que les charretiers graissassent leurs essieux ; mais ils prétendent qu'alors le diable ferait du mal à leurs bœufs, et que le bruit le fait fuir. Avez-vous jamais vu une meilleure raison pour épargner la graisse ? »

Si l'on voulait en trouver une plus plausible pour expliquer le bruit en question, c'est encore à Cervantès qu'il faudrait s'adresser, car il parle, dans son Don Quichotte, des roues des chars,

. . . . ” s < > és 1 à 1: € 10 ] de cuyo chirrio aspero y continuado se dize que huyen los lobos y los ossos. «ce bi da aigu el © 1

incessant qui, dit-on, met en fuite les loups et les ours.» La vérité est que les paysans basques se plaisent à entendre le bruit de leurs roues; nous en avons questionné plusieurs, et leurs réponses ne nous laissent aucun doute à ce sujet. Un habitant d'Alsäsua nous disait dernièrement que c'est surtout à l’occasion des noces qu'on se plaît à entendre crier les chars qui portent les mariés et les invités, — et cela malgré l'amende d'une peseta dont les alcaldes de certains vil-

lages menacent les amateurs de cette singulière musique.

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