CÔTE DE DEYA (MAJORQUE
Les 11Es BaLeares. — Ancienneté de leur civilisation ; les Gymnésies des Grecs ; la fronde. —— Richesse de Majorque au
moyen âge. — La Majolica. — L’imprimerie à Majorque. — Palma : la cathédrale ; les écussons armoriés ; comment on sonne à l'élévation ; la Puerta de los Apôstoles. — La Llotja. — Santa-Eulalia et San-Miguel. — Le couvent de
San-Francisco de Asis et Raymond Lulle. — Le Borne et la Rambla. — Ancienne réputation de beauté des Majorquines. — Le cardinal de Retz à Palma. — Les Casas consistoriales. — Anciennes demeures de Palma ; l’ameublement
au moyen âge. — Le palais de Montenegro ; Me Sand et la carte nautique. — Les anciens juifs de Majorque : la Chueteria. — Excursion dans l’île : le Castillo de Belver. —— Valldemosa ; souvenirs de l’auteur d’Indiana. — Les paysans majorquins et leur costume. — Deya. — Llu£h Alcari. — Soller et ses orangers. — La quinta d'Alfabia. —
Le château de Raxa : un musée d’antiquités romaines. — Le plateau d'Aumalluch. — Le Gorch Blau. — Pollenza. — Alcudia. — Le Port-Mahon. — L'ile de Minorque. -- Arta et ses grottes. — Les Clapers del Gegans et les Talayots. — Manacor. — Felanitx et ses vases d'argile. — Llumayor.
I y à dans la Méditerranée, non loin de la côte orientale d'Espagne, à distance égale de Marseille et d'Alger, un petit groupe d'îles, les Baléares, pays bien rarement visité par les touristes, et que beaucoup de personnes ne connaissent que de nom. Les îles Baléares offrent cepen-
‘dant, réunis dans un petit espace; les attraits les plus variés : vestiges d'une époque inconnue, ‘monuments arabes et chrétiens du moyen âge, végétation presque tropicale, sites charmants et sauvages, population honnête et hospitalière, nous trouverons tout cela dans ce coin béni du ciel.
L'histoire des iles Baléares remonte aux temps les plus anciens. Les Grecs, lisons-nous dans Diodore de Sicile, les appelaient Gymnésies, parce que les habitants vivaient nus pendant l'été. Les Romains les nommèrent Baléares à cause de l’adresse des insulaires à se servir de la fronde. Les mères employaient, pour exercer leurs enfants, un moyen assez original : elles fixaient un pain à un poteau, et les laissaient à jeun jusqu’à ce qu’ils l’eussent atteimt. L'argent et l’or monnayés étaient bannis de chez eux, parce que, disaient-ils, ces deux métaux sont la source de malheurs sans nombre. On raconte que, sous le règne d’Auguste, les insulaires des Baléares
envoyèrent une députation à Rome pour implorer le secours des soldats de l'empereur contre les
lapins qui ravageaient le pays, adversaires nouveaux pour les légions romaines. Plus tard, ces iles furent occupées successivement par les Vandales, par les Goths et par les Arabes de Cordoue ; ceux-ci furent chassés sous Charlemagne, et les Français s’y établirent à deux reprises. Au neuvième siècle, les Normands ravagèrent les îles Baléares ; elles appartinrent plus tard aux Pisans, aux Génois, aux Aragonais ; puis les Arabes s'en emparèrent de nouveau, et en furent chassés en 1298 par Jayme I‘, roi d'Aragon, qui reçut le surnom de Conquistador. Majorque était jadis un pays très-riche : parmi les dépouilles que les Pisans enlevèrent de cette île au douzième siècle, figuraient des monnaies d’or et d'argent et beaucoup d'objets précieux, tels que vases, armes, étoffes de soie et d’or, pierres et joyaux, selles et harnais richement brodés; on cite encore des colonnes de porphyre, dont ils firent présent aux Florentins, ainsi que de belles portes de bronze. Au quinzième siècle, le commerce de Majorque était très-considérable ; les belles faïences à reflets métalliques fabriquées dans cette île s’exportaient en Italie et jusqu'en Orient. On sait que le nomitalien de la faïence, majolica, dont nous avons fait majolique, n'est que la corruption de Majorica ou Majorque. Palma est une des premières villes d'Espagne où l'imprimerie fut importée ; citons seulement un ouvrage peu connu des bibliophiles : le Tractatus magistrè Johanus de Gersono, cancellarü parisiensis, imprimé en 1485.
Nous partimes de Barcelone par une belle soirée de mai, sur le Don Jayme prémero ; la mer était bleue et calme; au bout d’une heure, nous apercevions encore la ville sous la forme d’une longue ligne blanche qui se détachait sur le bleu foncé des montagnes de la Catalogne. Au point du jour, nous commençâmes à entrevoir les côtes de Majorque ; à mesure que nous avancions, la silhouette de ses hautes montagnes se dessinait plus nettement, surtout la plus haute de toutes, le Puig Mayor de Torella, qui s'élève à plus de quinze cents mètres, et le Puig de Galatzo, aux crêtes dentelées. Nous voici près de la terre, et nous côtoyons la petite île de Dragonera; nous longeons la côte de si près, que les vergues du bateau touchent presque les rochers rougeûtres qui s'élèvent à pie, et dont les crevasses servent d'asile à de nombreuses palombes, qui s'envolent effrayées. Au pied du rocher, sur la mer calme et transparente, des grèbes au plumage argenté prennent leurs ébats au soleil : ils plongent à notre approche, pour sortir de l’eau un peu plus loin, et disparaître encore au bout d’un instant. Nous venons de doubler la pointe de Cala Fieuera : la baie de Palma nous apparaît tout à coup comme un splendide décor, avec la ville qui s'élève en amphithéâtre. Voici, à gauche, la Torre del Señal, aux murs couronnés de mâchicoulis ; un peu plus loin, au sommet d’une colline, le cast&llo de Bellver, solide forteresse du moyen âge ; le rivage estparsemé de moulins à vent dont les grandes ailes blanches, au nombre de Six.
sont reliées entre elles par des cordes disposées circulairement, ce qui leur donne l'aspect d'immenses toiles d'araignées. Au-dessus s'élève Palma avec son imposante cathédrale gothique ; plus bas, nous distinguons les élégantes découpures de la LonjJa, précieux Joyau d'architecture
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. Ce qui frappe quand on débarque à Palma, c’est le calme qui règne dans la contraste avec le mouvement et l'activité de Barcelone. Nous voici installés tant bien que mal à la Fonda de las Tres Palomas ; nous sommes dans un pays où le bien-être n’a pas dit son dernier mot, quoiqu'il ait fait des progrès depuis quelque temps. « Dans la plupart des maisons bourgeoises, on ne se sert pas de vitres, » disait madame George Sand il y a environ trente-cinq ans. Cette rareté des fenêtres vitrées était autrefois générale en Espagne, comme le montre un passage du Don Quichotte ; plusieurs pièces du Palais-Royal de Madrid en manquaient. |
La cathédrale de Palma, commencée au treizième siècle, n’a été achevée qu'à la fin du sei-
zième. Les voûtes sont ornées d'écussons où sont peintes les armoiries d'anciennes familles du pays. Comme les fonds manquaient pour continuer les travaux, le chapitre eut l’ingénieuse idée de faire payer aux nobles qui voulaient avoir leurs armes dans la cathédrale, mille livres majorquines pour la grande nef, cinq cents pour les bas-côtés; cet impôt sur la vanité dut être assez productif. Le chœur est orné d'anciennes tapisseries que l'élévation et l'obscurité ne permettent pas de bien voir. Ces tapisseries sont peut-être de celles qui se fabriquaient ici au seizième siècle, et dont nous avons parlé dans le chapitre précédent. Les églises de Palma sont dénuées de siéges : comme dans la Péninsule, un certain nombre de dames ont la précaution d'apporter un pliant pour la grand'messe. Au moment de l'élévation, nous entendimes le vacarme étourdissant d’un carillon prolongé : ce bruit était produit par une espèce de roue de près d’un mètre de diamètre, autour de laquelle sont disposées extérieurement trente ou quarante sonnettes : cette roue, fixée parallèlement au mur autour d’un axe, est mise en mouvement au moyen d’une corde fixée à une manivelle. Cet instrument, que nous avions déjà remarqué dans plusieurs églises de l'Espagne, doit remonter à une époque reculée, car nous l'avons vu représenté parmi les ornements d’un chapiteau, sur une ancienne maison de Palma. Le portail méridional de la cathédrale, qui fait face à la mer, est orné d'un grand nombre de statuettes ravissantes, représentant un concert d’anges qui jouent du rebec, du tympanon, du psaltérion et d’autres instruments du moyen âge. Le quinzième siècle n'a rien produit de plus élégant, de plus gracieux que les sculptures de la Puerta de los Apôstoles.
La Lonja ou bourse de Palma est un chef-d'œuvre de la première moitié du quinzième siècle, qui n’a d’équivalent que la L/otja de Valence, nom que lui donnent aussi les Majorquins. L'édilice, parfaitement conservé dans ses moindres détails, est flanqué à chacun de ses quatre angles d’une tourelle octogone ornée de statues ; des tourelles de même forme, beaucoup plus grêles, servent de contre-fort à chaque face, et s'élèvent au-dessus du toit. A l’intérieur, la voûte est soutenue par six colonnes en spirale, sveltes et élégantes, qui en continuent les nervures. Les pierres furent extraites des carrières de Santañy, à l'extrémité méridionale de l’île ; l’architecte de la Llotja, Guillermo Sagrera, s’en servit également pour la construction du Castel-Nuovo de Naples, dont il avait été chargé par Alphonse V. Majorque eut ainsi le double privilége de fournir à Naples l'architecte et les matériaux de l’imposante forterèsse qui existe encore.
Palma possède plusieurs églises intéressantes ; bornons nous à citer Santa-Eulalia, où nous admirâmes de beaux ouvrages de serrurerie du quinzième siècle, et San-Miguel, qui occupe l’emplacement d'une mosquée arabe. Le cloître de l’ancien couvent de San-Francisco de Asis, fort
bien conservé, est un des plus beaux qu’on puisse citer parmi ceux du quatorzième siècle. C'est
a ville, calme qui
là que se trouve le t au moyen âge, et qui
où un hérétique. C'est raconte Brantôme : «Il devint follement amoureux d'une belle dame de lisle de Majorque, des
plus habiles, belles et mieux disantes de là. Il la servit longuement et fort bien... Elle lui vint à descouvrir sa poitrine toute couverte d'une douzaine d’emplastres, et, les arrachant l’une après l'autre, et de dépit les jetant par terre, lui monstra un effroyable cancer, et, les larmes aux yeux, lui remonstra ses misères et son mal, lui disant et demandants'il y avoit tant de quoy en elle qu'il en dust estre tant espris ; et, sur ce, luy en fist un si pitoyable discours, que luy, tout vaincu de pitié du mal de ceste belle dame, la laissa et l'ayant recommandée à Dieu pour sa santé, se défit de sa charge et se rendit hermite. Et estant de retour de la guerre sainte, où 1l avoit fait vœux s’en alla estudier à Paris sous Arnaldus de Villanova, sçavant philosophe...» On connaît la fin de Raymond Lulle : étant parti pour Tunis, malgré ses quatre-vingts ans, il voulut convertir les Mores, qui le lapidèrent et le laissèrent pour mort. Recueilli par des marchands génois, il fut ramené à Palma, où il mourut au bout de quelques jours. On l'inhuma dans l’église de Santa- Eulalia, d’où ses restes furent transférés plus tard dans le couvent de San-Francisco de Asis.
a été regardé tantôt comme un saint ou un inspiré, tantôt comme un insensé
Le Borne et la Rambla, les promenades de Palma, séparent la ville en deux, en décrivant une courbe irrégulière. C’est sur le Borne que chaque dimanche, quelques heures avant le coucher du soleil, la société palmesane se donne rendez-vous, et vient se presser, en formant deux courants contraires, entre les deux grands sphinx de marbre blanc qui ornent la promenade. Autant que nous en pûmes juger, les Majorquines méritent parfaitement leur ancienne réputation de beauté; le cardinal de Retz, qui relàcha à Palma, en se rendant de Barcelone à Rome, parle avec beaucoup d'enthousiasme, dans ses Mémoires, des dames de la ville : « Le vice-roi, qui étoit un comte Aragonois, me vint prendre avec cent ou cent vingt carrosses pleins de noblesse, et la mieux faite qui soit en Espagne ; il me mena à la messe au 560 (on appelle ainsi les cathédrales); je vis trente ou quarante femmes de qualité plus belles les unes que les autres : et ce qui est merveilleux, c’est qu'il n'y en à point de laides dans toute l'ile, au moins elles y sont très-rares ; ce sont pour la plupart des beautés très-délicates, et des teints de lys et de roses. Les femmes du bas peuple que l'on voit dans les rues sont de cette espèce. Elles ont
une coiffure particulière qui est fort jolie. Le vice-roi.... me mena après entendre une musique
dans un couvent de filles, qui ne cédaient pas en beauté aux dames de la ville. Elles chantèrent à la grille, à l'honneur de leur saint, des airs et des paroles plus galantes et plus passionnées que ne sont les chansons de Lambert. Nous allâmes nous promener sur le soir aux environs de la ville, qui sont les plus beaux du monde et tout pareils aux campagnes du rovyau Valence... »
L'hôtel de ville de Palma, appelé Casas Consistoriales, est un édifice d’une architecture bizarre ; la facade est surmontée d’un toit de plusieurs mètres de saillie, que supportent onze cariatides de bois sculpté. On dirait un palais florentin de la décadence, surmonté d'un toit de chalet suisse. Palma possède d'anciens bains arabes, intéressants à visiter, même après ceux de Grenade. C’est la plus ancienne construction arabe que nous ayons vue dans les îles Baléares. Une des plus antiques demeures de la ville est le palais de Montenegro, solide construction du quinzième sièle, qu'il nous fut permis de visiter en détail. Un vieux serviteur nous introduisit dans de vastes salles, dont plusieurs avaient conservé leur ameublement primitif : lustres en
me de
ombeau de Raymond Lulle, dont le nom etles ouvrages remplirent l'Europe
vers l’année 1265 que lui arriva, à Palma, la singulière aventure que
sd ARE. Si nous voulions remonter a HAN nous TO citer ce passage d'un i
taire en dialecte majorquin du quatorzième siècle, qui donne une idée d'un ameublement de.
cette époque : Una caa pintada ab molts deurats, un lit ab una marfaque e dos matalassos, un candeler pintat, un spill d'argent Sarainesch, un archibranche de dotze caxons, e molts d'escuts en torr paret. C'est-à-dire : «un bahut peint avec beaucoup de dorures, un lit avec une courte-pointe et deux matelas, un chandelier peint, un miroir d'argent surazinesque, un grand coffre à douze tiroirs, et de nombreux écussons autour du mur. » Un voyageur français qui visita Majorque vers 1805, Grasset Saint-Sauveur, avait déjà remarqué ces vieux intérieurs de Palma, dont «les meubles, dit-il, ont un ton d’antiquité qui ne peut plaire à nos yeux habitués aux formes si belles, quoique simples, de nos meubles (ceux du temps de l'Empire !). » On nous montra encore, dans le palais de Montenegro, une carte nautique sur parchemin, faite en 1439 par un Majorquin, Gabriel Valseca. Cette carte appartenait autrefois à Amérie Vespuce. Madame George Sand a raconté elle-même l'aventure qui lui arriva lors de sa visite au palais de Montenegro : « Nous étions dans cette même bibliothèque de Montenegro, et le chapelain déroulait devant nous cette même carte nautique, ce monument si précieux et si rare, acheté par Améric Vespuce cent trente ducats d'or, et Dieu sait combien par l'amateur d’antiquités le cardiral Despuig !.. lorsqu'un des quarante ou cinquante domestiques de la maison imagina de poser un encrier de liége sur un des coins du parchemin pour le tenir ouvert sur la table. L’encrier était plein, mais plein jusqu'aux bords : «Le parchemin, habitué à être roulé, et poussé peut-être en cet instant par quelque malin esprit, fit ün effort, un craquement, un saut, et revint sur lui-même, entraînant l’encrier qui disparut dans le rouleau bondissant et vainqueur de toute contrainte. Ce fut un cri général : le chapelain devint plus pâle que le parchemin. On déroula lentement sa carte, le flattant encore d'une vaine espérance. Hélas! L’encrier était vide ! La carte était inondée, et les jolis petits souverains, peints en miniature, voguaient littéralement sur une mer plus noire que le Pont-Euxin. Alors chacun perdit la tête. Je crois que le chapelain s'évanouit. Les valets accoururent avec des seaux d’eau. comme s’il se fût agi d'un incendie, et, à grands coups d’éponge et de balais, se mirent à nettoyer la carte, emportant pêle-mêle rois, mers, îles et continents. »
La plupart des anciennes maisons de Palma, dont la disposition rappelle beaucoup celles de Valence et de Barcelone, ont un patio où cour carrée, comme l'afrèum romain; au milieu, un puits rappelle l'émpluvium. Un escalier de pierre, souvent orné de sculptures, conduit au premier étage. Ces anciennes maisons sont nombreuses à Palma ; beaucoup ont un toit en saillie supporté par des poutres ornées de sculptures ; au-dessous de ce toit, qui avance quelquefois de deux ou trois mètres, règne une rangée de petites fenêtres en ogive, très-rapprochées, et formant comme une galerie à jour qui éclaire une espèce de grenier ou d'étendoir, appelé porcho. Les fenêtres basses méritent une description particulière : elles sont généralement très-hautes, et soutenues par des colonnes de marbre noir ou gris foncé, tellement orêles qu'on pourrait les prendre pour du bronze ou du fer ; nous en avons vu d'une hauteur de deux où trois mètres, dont © Je fût tenait facilement entrenos deux mains. Au premier abord, on croirait ces fenêtres de construction arabe ; mais les chapiteaux à double rang de feuilles recourbées en volutes appartiennent au style ogival.
Nous ne quitterons pas Palma sans dire quelques mots de la Chueteria, littéralement la Chouetterie, où quartier des chouettes; la plupart des habitants sont,orfévres, notamment ceux dé la calle de la Plateria, où ils travaillent en plein air, devant leur boutique, comme cela se pratique en Orient et dans certains quartiers de Naples. Les Majorquius du moyen âge avaient
donné aux juifs établis dans leur ile le surnom ridicule de chuetas ; la plupart étaient orfévres, banquiers ou prèteurs sur gages : ils trouvaient ainsi le moyen de s'enrichir, ce qu’on ne leur pardonnait pas; aussi leur faisait-on endurer, comme en Espagne et dans bien d'autres pays, les plus injustes vexations. En 1391, le quartier de la CAhveteria fut livré au pillage; plus tard, on expulsa ceux qui se refusèrent à se convertir. Les chuetas de Palma sont donc chrétiens de
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