PAYSANS MAJORQUINS
citronniers et ses orangers couverts de fruits et de fleurs, nous fit penser aux jardins d'Armide; la végétation est tellement vigoureuse que la terre disparaît sous le feuillage. Au pied des montagnes, dont nous nous rapprochions peu à peu, brillaient des murs blanes au milieu de cyprès au feuillage sombre. C'était la cartuja de Valldemosa, où madame Georges Sand, enthousiaste, comme on va le voir, des , beautés de Majorque, passa l'hiver de 1838 : « De cette chartreuse pittoresque on domine la mer des deux côtés.
Tandis qu'on l'entend gronder au nord, on l’aperçoit comme une faible ligne brillante au dela des montagnes qui s'abaissent, et de | immense plaine qui se déroule au midi; tableau sublime, encadré au prenuer plan par de noirs rochers couverts de sapins, au second, par les montagnes au profil hardiment découpé et frangé d'arbres superbes. C'est une de ces vues qui accablent, parce qu'elles ne laissent rien à désirer, rien à imaginer. Tout ce que le poëte et le peintre peuvent rêver, la nature l'a
créé en cet endroit. Ensemble immense, détails infinis, variété inépuisable, formes confuses.
contours accusés, vagues profondeurs, tout est là, et l’art n°y peut rien ajouter. » On se souvient encore, à Valldemosa, de l'écrivain célèbre qui y séjourna; on nous montra les endroits qu'elle décrit dans un Hiver à Majorque : la cellule qu'elle habitait, la petite pharmacie autrefois à l'usage des chartreux ; mais nous n’y aperçûmes aucune relique d'elle, moims heureux en cela
que M. 4.-B. Laurens, qui v trouva, raconte-t-il dans ses Souvenirs, « la lampe rustique et la