COL DE PERTUS (GHATEAU DE BELLEGARDE
| re DE bee convoitée par obus di __ empleomania, Car ici comme en France on compte Après avoir souhaité bonne nuit à à notre ami les primes nos billets pour Barcelone. Nons avions déjà
Ê . table ; une fois il nous arriva d'être arrêtés - me Mu passait ordinairement à gué, ‘et il nous fallut at a avec © paient : sement, le jour venait de paraître, et nous profiles de nos loisirs 0 pour elorer lue rons ; la végétation y est magnifique, grâce à un grand nombre de ces norias qu "on M heu si
fréquemment en Espagne. | F pe La noria, l'an-naoûra des Arabes, est une machine 1 une simplicité tout à fait rte qui
sert à élever l'eau destinée à l’arrosage ; cette eau séjourne dans un Jarge puits creusé ? à quelques mètres de profondeur, et qu'on revêt ordinairement de maçonnerie; dans ce puits plonge une corde circulaire, comparable à une chaine sans fin, à laquelle sont attachés des godets de terre
cuite pouvant contenir environ six ou huit litres; une grande roue d'engrenage, en bois à peine dégrossi, tourne horizontalement sur son axe, et communique le mouvement à une roue verticale supportant les godets, qui vont se remplir au fond du puits et se déversent dans un réservoir,
d’où l’eau est dirigée par de petits canaux vers le champ qu'on veut arroser; les godets sont espacés de manière que quatre ou cinq se déversent à la fois, pendant qu’un nombre égal plongent dans l'eau pour se remplir. Ce mécanisme est mis en mouvement par un cheval ou par un mulet hors d'âge; ordinairement, c’est un enfant à la peau basanée, couvert de quelques haillons, souvent même entièrement nu, qui est chargé d'activer le pas de l'animal. Quelquefois on se dispense de la surveillance de l'enfant au moyen d’une perche disposée d’une manière fort ingénieuse, et qui imprime à l'animal, aussitôt qu'il s'arrête, une forte saccade qui loblige à continuer sa marche.
On dit qu'une seule de ces norias peut arroser une étendue de terre suffisante pour faire vivre une famille entière.
Dans un village voisin du lieu de notre accident, nous eûmes l’occasion de faire connaissance avec un curé de campagne, excellent homme à la mine réjouie et prospère ; c'était un dimanche, et il se promenait paisiblement après l'office, en fumant un pwro en compagnie de quelques paroissiens, sur la plaza de la Constitucion, — il n'y a pas en Espagne de ville ou de village qui n'ait sa place de la Constitution ; — on serait assez surpris, en France, de voir un prêtre fumer en public ; personne ici n’y fait attention : il nous est même arrivé d'en voir un allumer sa cigarette au brasero de la sacristie. Le chapeau des prêtres espagnols rappelle assez celui de don Basilio, du Barbier de Séville. On dirait une énorme tuile noire, aussi l’appelle-t-on sembrero de teja.
Le chemin de fer de Barcelone suit presque constamment le bord de la mer ; peu de parcours sont aussi agréables, et le paysage rappelle beaucoup celui qu'on admire quand on va de Naples à Castellamare : à gauche, la mer, bleue comme le ciel et unie comme un miroir, était sillonnée par de nombreuses barques de pêche, dont les longues voiles latines se penchaient sous la brise matinale, blanches et effilées comme les ailes d’un goëland ; à droite, une plaine où le caroubier et l'oranger montrent leur feuillage d’un vert sombre. On traverse une vingtaine de villages et