PATIO DE LOS ABRAYANES (COUR DES MYRTES
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LA
travaux sont partie en plâtre, avec de riches dorures, et partie en ivoire accompag Le même auteur nous apprend que, de son temps, le patio était déjà plant rtes, qu'on y voyait aussi quelques orangers : « Da ur canto all'altro del canale vi à una spallera di mirto bellissima, e alquanti pe di naranci, » A droite, se trouve le Cuarto de la Sultana, autrefois une des plus belles salles de l'Alhambra. De là nous passerons à la célèbre cour des Lions, une des merveilles de l'architecture moresque. ve | NO MACER DA UA Le Patio de los Leones est bien loin d’avoir les grandes dimensions qu'on pourrait croire, et que lui donnent ordinairement les gravures de keepsakes : c'est un parallélogramme d'une centaine de pieds sur cinquante, entouré d’une galerie couverte, avec de petits pavillons à chaque extrémité. La galerie est supportée par cent vingt-huit colonnes de marbre blanc, que surmon- ; tent des arceaux d’un fini et d’une délicatesse de travail extraordinaires ; les soubassements, en mosaïque de faïence de couleurs variées, ont été restaurés de manière à conserver leur aspect primitif. Les chapiteaux, qui offrent tous les mêmes contours, paraissent uniformes au premier abord ; mais si on les examine avec attention, on s’apercevra facilement que les dessins, arabes ques et inscriptions fouillés dans le marbre sont de la plus grande variété. Ces chapiteaux étaient autrefois peints et dorés ; ceux qui ont conservé leurs couleurs primitives font voir que les arahesques étaient peintes en bleu et les fonds en rouge ; les inscriptions étaient en or, ainsi qu une partie des ornements. L'or dont on se servait venait d'Afrique, et on le battait en feuilles minces à Grenade.
On remarque une légère irrégularité dans la disposition des colonnes, tantôt accouplées deux par deux, tantôt isolées : irrégularité d’un effet charmant, qui a été caleulée sans aucun doute pour rompre la monotonie. Ces colonnes étaient autrefois entièrement dorées ; après la prise de Grenade, au lieu de les réparer, on trouva beaucoup plus simple et surtout plus productif de gratter les ornements pour enlever l'or. Les inscriptions sont prodiguées partout, et célèbrent les louanges de Dieu ; sur la bande qui entoure le tympan de l’are principal, on en remarque une en caractères cursifs d’une élégance extrème, qui contient des souhaits de bonheur pour le sultan : « Puissent un pouvoir éternel et une gloire impérissable être le partage du maitre de ce palais ! » Cette inscription rappelle l’usage, très-ancien chez les Orientaux, de tracer sur la plupart des objets usuels des souhaits de bonheur pour le propriétaire. |
Au centre du patio s'élève la fontaine des Lions (/« Taza de los Leones), orande vasque do décagonale de marbre blanc, surmontée d’une autre plus petite, de forme ronde, toutes deux ornées d'inscriptions et d’arabesques en relief. La vasque inférieure est supportée par douze lions, également en marbre blanc; ces lions sont en réalité des animaux fantastiques ; les artistes mores, habitués à obéir à leur fantaisie, ne se sont jamais exercés à imiter la nature avec fidélité : la tête de ces lions, puisqu'il faut les appeler ainsi, est grossièrement équarrie et du dessin le plus primitif; un trou rond figure la gueule ouverte, par laquelle s'échappe l'eau qui retombe dans la vasque : la crinière est figurée par quelques rayures parallèles, et quatre supports carrés représentent les pattes. Malgré cette naïveté, qui va jusqu'à la barbarie, ces monstres ont un très-grand caractère décoratif qui vous saisit et vous charme, et nous avons vu peu de fontaines dont l'ensemble soit d’un effet aussi heureux. Les inscriptions qui ornent la fontaine sont d’une poésie charmante : |
« Vois cette masse de tar scintiller de toutes pat et lancer dans ss airs ses globules prismatiques, 4 di mA NS
« Qui retombent en un En à écume JA" et s'écoulent ta parmi d dar joyaux M. tout en beauté, comme ils surpassent le marbre même en blancheur et en transparence. » | | |
« 1x regardant ce bassin, ‘on croirait voir une solide masse de glace d où l'eau s ‘écoule, et
pourtant il est impossible de dire laquelle des deux est liquide. » «Ne vois-tu pas comme l'onde coule à la surface, malgré le courant inférieur qui s'efforce
d'en arrêter le progrès, « Comme une amante dont les paupières sont pleines de larmes et qui les retient, craignant
un délateur ? »
«Car, en vérité, qu'est cette fontaine, sinon un nuage bienfaisant qui versé sur les lions ses
abondantes eaux ? »
« Telles sont les mains du calife quand, dès le matin, il se lève pour répartir de nombreuses récompenses entre les mains des soldats, les lions de la guerre. »
«0 toi qui contemples ces lions rampants, sois sans crainte ! la vie leur manque et ils ne peuvent montrer leur furie. »
Rien ne saurait donner une meilleure idée de la vie voluptueuse des Mores que cette cour des Lions : on se représentera le roi de Grenade entouré de ses femmes favorites et de ses courtisans, assis, à l'ombre des palmiers et des orangers, sur des tapis persans ou sur des coussins de cette belle soie qui se fabriquait à Grenade et à Almeria ; les poëtes récitaient des vers, ou les musiciens jouaient, sur le laud et la dulçayna. des zambras et des /eylas moresques, dont le son se méêlait au murmure des eaux tombant de la fontaine dans les rigoles de marbre.
Lorsque Andrea Navagiero visita l'Alhambra, en 1524, le Patio de los Leones fit une vive Im pression sur l'ambassadeur, habitué cependant aux merveilles de Venise; après avoir manifesté son admiration, il ajoute ee détail : « Les lions sont faits de telle sorte, que lorsqu'il n y a pas d'eau, si on prononce même à très-basse voix une parole à la bouche de l'un desdits lions, ceux qui placent leur oreille à la bouche des autres lions entendent la voix très-distinctement. »
Lorsque vous visiterez la cour des Lions, le guide ne manquera pas de vous faire remarquer des taches rougeâtres au fond du bassin et sur les larges dalles qui forment le pavage : c'est le sang des Abencerrages, que le marbre a bu, et qu'il conserve depuis quatre cents ans pour accuser chaque jour de Tâches assassins. Il est vrai que les sceptiques vous diront que ces taches ne sont autre chose qu'une teinte que le temps dépose à la longue sur le marbre blane, et qu'il n'est pas vrai que les Zégris attirèrent les Abencerrages dans un guet-apens ; d'autres iront même plus loin, prétendant que ces deux tribus de Grenade n’ont jamais existé, si ce n’est dans l'imagination des romanciers.
Empre$sons-nous d'affirmer à ceux qui ne croient à rien que les Zégris et les Abencerrages ont bien et dûment existé ; d'anciens historiens arabes et espagnols très-sérieux en. font mention: Rien ne nous empêche donc de croire que les taches en question soient véritablement du sang, el on peut croire à ce sang comme à celui de saint Janvier. Les Abencerrages et les Zégris étaient deux familles nobles de Grenade qui se haïssaient mortellement : les premiers, si souvent chantés par les romances moresques, et dont le nom arabe était Beni-Serraj, descendaient d'un vizir du roi de
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GALERIE DU PATIO DE LOS ABRAYANES (page 110).
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ME A rennne sa de He bibi s ral encore à d'ocdsen Mel a rivalité femmes d’Abdallah. L' une, nommée Ayesha, était sa cousine ; l'autre, de naissance | es | était surnommée Zoraya, c'est-à-dire étoile du soir; son a était Isabel de Solis, et elle était | fille d’un gouverneur de Martos ; à Ja prise de cette ville par les Mores, elle fut amenée captive à. Grenade, et comme elle était de la plus merveilleuse beauté, on.la destina au harem du roi, qui ne tarda pas à ressentir pour elle un très-vif attachement. Ayesha, qui détestait sa rivale, craignit que le roi ne prit un successeur parmi les fils de Zoraya au préjudice de ses propres enfants, et intrigua secrètement contre elle. Deux partis se formèrent bientôt : les Abencerrages embrassèrent la cause de Zoraya, les Zégris se déclarèrent pour Ayesha, et bientôt la ville et l’Alhambra devinrent le théâtre de querelles sanglantes qui devaient affaiblir le royaume et amener sa chute prochaine.
Les Zégris, dont la tribu des Gomélès avait embrassé la cause, imaginèrent, pour perdre Zoraya, de l'accuser d'adultère avec un des Abencerrages, et un jour un Zégri osa s’écrier devant le roi : « Vive Allah ! tous les Abencerrages doivent mourir, et la reine doit périr par le feu ! »
Un des Gomélès, qui était présent, fit observer qu'on ne devait pas toucher à la reine, car ae avait des défenseurs trop nombreux.
« Tu sais, ajouta-t-il en s'adressant au roi, qu'Halbinhamad convoquera tous les siens, et qu'il sera suivi des Alabezes, des Vanegas et des Gazules, qui sont tous la fleur de Grenade. Mais voici. ce que tu dois faire pour te venger : appelle un jour tous les Abencerrages à l'Alhambra, en ayant soin de les faire venir un à un, et dans le plus grand secret ; vingt ou trente Zégris, dévoués et sûrs, se tiendront près de toi, armés jusqu'aux dents, et à mesure qu'un des Abencerrages entrera, il sera saisi et égorgé. Et quand il n'en restere plus un seul, si leurs amis veulent les vencer, tu auras pour toi les Gomélès, les Zégris et les Maças, qui sont forts et nombreux. » Le roi. finit par consentir ; sur quoi Ginès Perez, qui raconte cette dramatique histoire, s'écrie : O0 Grenade infortunée, quels malheurs t’attendent! Tu ne pourras te relever de ta chute, ni recouvrer ta grandeur et ta richesse. » :
Le roi ne put dormir de toute la nuit : « Malheureux Abdilli, roi de Grenade, s'écriait-l, tu es sur le point de te perdre, toi et ton royaume. » Le jour arrivé, il se rendit dans une salle de l'Alhambra où l’attendaient beaucoup de seigneurs Zégris, Gomélès et Maças ; tous se levèrent de leurs siéges, et saluèrent le roi, en lui souhaitant une heureuse journée. À ce moment, entra un écuyer qui apprit au roi que Muca et d’autres Abencerrages étaient arrivés pendant la nuit de la Vega, où ils avaient combattu les chrétiens avec succès, et qu'ils rapportaient feu drapeaux espagnols, et plus de trente têtes.
Le roi parut se réjouir de cette nouvelle ; mais d’autres pensées le préoccupaient, et ayant appelé à part un des Zégris, il lui ordonna de faire venir dans la cour des Lions trente des siens bien armés, et un bourreau avec tout ce qu'il fallait pour ce qui avait été convenu. Le Zégri sortit et exécuta ponctuellement les ordres du roi, qui se rendit à la cour des Lions, où il trouva trente cavaliers ‘bien armés, et avec eux le bourreau. Aussitôt il ordonna à son page d'appeler Abencarrax, son alguacil mayor, qui devait être la première victime; au moment où il entra dans la cour des Lions, les conjurés se saisirent de lui sans qu'il pût faire aucune résistance, et lui tranchèrent la tête au-dessus d'un grand bassin de marbre. Ensuite fut appelé
Halbinhamad, celui qui était accusé d'adultère avec la reine, etil partagea le même sort. Trente-
quatre seigneurs Abencerrages, la fleur dela noblesse de Grenade, furent ainsi égorgés un à un, : sans qu'on entendit le moindre bruit. Les Abencerrages avaient toujours traité les chrétiens avec humanité, et on assure que plusieurs d'entre eux déclarèrent au moment suprême qu'ils mouraient chrétiens.
Les autres durent la vie à la présence d'esprit d’un petit page qui entra, sans qu'on fit attention à lui, au moment même où son maître était égorgé ; frappé d épouvante en voyant tant de cadavres, il put cependant s échapper par une porte secrète, au moment où on faisait entrer un autre Abencerrage. À peine sorti de l'enceinte de l'Alhambra, il aperçut, près de la fontaine, les seigneurs Malique Alabez et Abenamär, qui se rendaient au palais, où le roi les avait appelés comme les autres : |
«Ah! seigneurs, leux dit le page en pleurant, par Allah! n'allez pas plus loin, si vous ne voulez mourir assassinés !
— Que veux-tu dire? répondit Alabez.
— Sachez, seigneur, que dans la cour des Lions on a massacré un grand nombre d'Abencerrages, parmi lesquels mon: malheureux maître, que j'ai vu décapiter; Dieu a permis qu'on ne fit pas attention à moi, et j'ai. pu, m'échapper furtivement. Par Mahomet, seigneurs, soyez en garde contre la trahison ! »
Les trois cavaliers mores restèrent pétrifiés, se regardant et ne sachant s'ils devaient croire Le page. Enfin ils redescendirent, et au moment où ilsallaient entrer dans la rue de los Gomélès, ils rencontrèrent le capitaine Muça accompagné d’une vingtaine de cavaliers Abencerrages : © élaient ceux qui avaient été combattre les chrétiens dans la Vega, et ils venaient trouver le roi pour lui rendre compte du combat.
«Seigneurs, leur dit Alabez aussitôt qu'il les'apereut, un grand complot a été tramé contre nous ; » et il leur raconta ce qui se passait.
Is se rendirent tous à la place de Bibrambla, et Muça, qui était capitaine général des hommes de guerre, fit sonner les trompettes pour appeler ses partisans à la vengeance. Bientôt l'Alhambra fut assailli ; les portes massives, qui résistaient aux coups, furent brûlées ; les Abencerrages entrèrent dans le palais comme des lions furieux, et se précipitèrent sur les traîtres : plus de cinq cents Zégris, Gomélès et Maças périrent sous leurs poignards : pas un seul ne fut épargné.
Un romance où complainte populaire, qu'on chanta longtemps à Grenade, rappelle le souvenir du massacre des Abencerrages :
Dans les tours de l’Alhambra S'élevait une grande rumeur, Et dans la ville de Grenade Grande était la désolation, Parce que, sans raison, le roi Ordonna d’égorger un jour Trente-six Abencerrages Nobles et de grande valeur, Que les Zégris et les Gomélès Accusaient de trahison.
Nous allons quitter ce merveilleux Patio de los Leones, si riche en poétiques légendes ; quelques-unes des plus belles salles de l'Alhambra s'ouvrent sous ses portiques, notamment la Sala de Justicia, celle de las Dos Hermanas (des Deux Sœurs), et celle des Abencerrages ; c'est-dans cette dernière que nous allons pénétrer, et nous y retrouverons encore le souvenir du dramatique Évé-
nement que nous venons de raconter.
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PATIO DE LOS LEONES (COUR DES LIONS (page 173 ).
na construction d'une Leo parfaite malgré une apparence nee : ces en sont formés par la combinaison de sept prismes différents, surmontés de otre tantôt en plein cintre, tantôt en ogive. On est étonné de l'effet extraordinaire que les architectes saores savatent obtenir avec des éléments d’une si grande simplicité. | BEES Des taches couleur de rouille se voient sur le rebord d’un grand bassin qui occupe le centre de la salle, et on assure qu’elles viennent du sang de plusieurs Abencerrages qui auraient été égorgés au-dessus de ce bassin, en même temps que les têtes de leurs frères tombaient dans celui de la fontaine des Lions. Le P. Echeverria, qui nous a raconté avec un si grand sérieux l'histoire du Cheval décapité et du Fantôme velu, plaisante agréablement les visiteurs naïfs et sensibles qui, de son temps, s’apitoyaient sur le sort des victimes. «Il vient ici, dit le chanoine de Grenade, des hommes et des femmes qui visitent l’Alhambra, et, arrivés à la salle des Abencerrages, 1ls regardent avec attention le sol, et fixent leurs yeux sur le bassin ; ils croient voir les ombres de ces malheureux seigneurs se dessiner sur les murs, leurs corps traînés sur les dalles, et ils voient même sur le bassin les taches de leur sang innocent; les hommes demandent vengeance au ciel contre une pareille injustice, et les femmes pleurent amèrement le malheureux sort des victimes, se répandant en malédictions contre le roi impie, tandis que d’autres bénissent mille fois le petit page qui alla porter la nouvelle du massacre à ceux qui n'étaient pas encore venus au fatal rendezvous. » Et, ajoute le P. Echeverria, tout cela n’est que mensonge et fausseté, — 0do es mentira, falso todo. Cela n'empêche pas le brave chanoïne de nous raconter, quelques pages plus loin, que les ombres des Abencerrages reviennent chaque nuit dans la cour des Lions et dans la salle où plusieurs d’entre eux périrent: ces revenants font entendre, à l'heure de minuit, un lugubre murmure, « aussi fort que le bruit qu'on entend dans la cour de la Cancilleria les jours d'audience, quand il y a une grande foule; et ce murmure est produit par la voix de ces pauvres chevaliers traîtreusement égorgés, qui viennent, avec beaucoup d'autres membres de la même tribu, demander justice de la mort cruelle qu'on leur a fait souffrir. Un prêtre qui venait de dire la messe à l'église de San-Cecilio m'a assuré à plusieurs reprises, en mettant la main sur son cœur, que rien n'était plus vrai que tout cela. »
C'est dans la salle des Abencerrages que se trouvaient les belles portes en bois dont nous avons parlé. Rien n’est plus curieux que le travail de ces portes moresques ; elles sont composées d'une infinité de petits morceaux de bois résineux, ordinairement en forme de losange, et qui s'emboitent parfaitement ensemble, de manière à former un tout très-solide. Nous avons vu des portes presque semblables, provenant d'une ancienne mosquée du Caire, et ornées de sculptures d'ivoire.
En face de la salle des Abencerrages se trouve celle de /as Dos Hermanas — des Deux Sœurs — où nous nous rendrons en traversant de nouveau la cour des Lions. La Sala de las Dos Hermanas doit son nom, à ce qu’on assure, à deux larges dalles de marbre blanc qui se font remarquer, non-seulement par leur dimension, mais par leur couleur et leur forme, d'une égalité si parfaite, qu'on les a appelées ds Deux Sœurs. Cette salle faisait autrefois partie des appartements particuliers des rois de Grenade; de chaque côté on remarque deux alcôves qui ont dû être destinées à recevoir des lits, et qui sont ornées des plus riches arabesques et d'inscriptions à la louange
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du sultan Abou-1-Hadjadj. Au milieu de la salle se trouve un bassin de marbre, comme dans celle des Abencerrages; du reste, ces deux salles offrent entre elles une assez grande ressemblance quant à la disposition ; seulement la première l'emporte pour l'élégance de ses ornements et pour la richesse de sa voûte ou media naranja. Voici quelques-unes des inscriptions qu'on y remarque ; elles offrent un intérêt particulier, en ce sens qu'elles se rapportent à la décoration de la
salle même :
« Observe attentivement mon élégance : elle te fournira un utile commentaire sur l'art de la
décoration. :
« Regarde cette merveilleuse coupole ! A Ta vue de ses admirables proportions, toutes lesautres coupoles pâlissent et disparaissent.
« Vois aussi ce portique, qui contient des beautés de toutes sortes.
«En vérité, ce palais n'aurait pas d'autres ornements, quil surpasserait encore en splendeur les hautes régions du firmament !
« Voici des colonnes ornées de toutes les perfections, et dont la beauté est devenue proverbiale.
« Lorsqu'elles sont frappées par les premiers rayons du soleil levant, elles ressemblent à autant de blocs de perles. »
La salle des Deux Sœurs contient encore d'autres inscriptions, dont une partie a été cachée par des piliers de bois que l'ayuntamiento de Grenade fit dresser aux quatre angles, dans sa barbare tentative pour décorer cette pièce, à l'occasion d’une visite que l’infant don Francisco de Paula fit à l'Alhambra, en 1832. Précédemment on y âvait établi un atelier, et plus anciennement encore on y avait exécuté de maladroites restaurations, lorsque cette pièce fut habitée par Isabelle la Catholique, et par Éléonore de Portugal, femme de Charles-Quint. La voûte, en artesonado ou stalactites, est d'un travail très-compliqué, et on assure qu'elle se compose de près de cinq mille morceaux ajustés ensemble.
Les salles que nous venons de visiter ne sont rien, malgré leur élégance et leur richesse, en comparaison de celle des Ambassadeurs, qu'on peut appeler la merveille et le chef-d'œuvre du palais des Mores ; nous nous rencontrâmes, pendant notre séjour à Grenade, avec un original qui ne voulut jamais visiter les autres pièces de Alhambra, prétendant que celle-ci résumait toutes les beautés possibles, et qu'il était parfaitement inutile, après avoir vu la pièce capitale, de perdre son temps à des objets secondaires. Cet étrange sophiste avait tort assurément ; mais si quelque chose pouvait donner à son obstination une apparence de raison, ce serait l'aspect majestueux el la rare perfection de la pièce qui faisait l'objet de son admiration exclusive.
La Sala de los Embajadores occupe tout l'intérieur de la Torre de Comurès, la plus vaste et la plus importante des tours de l'Alhambra; on traverse, avant d'y pénétrer, une espèce de galerie ou d'antichambre (antesala) plus longue que large, appelée la Sala de la Barca, nom qui lui vient, dit-on, de sa forme allongée, ou, ce qui est plus probable, du mot arabe barkah, souvent répété, et qui signifie bénédiction. De chaque côté de la porte d'entrée sont percées, dans l'intérieur de l'arcade, deux petites niches en marbre blanc ornées des sculptures les plus délicates et du meilleur style, qui rappellent celles qu'on voit dans la mosquée de Cordoue ; ces niches étaient, dit-on, destinées à recevoir les sandales des visiteurs qui les déposaient en signe de respect avant d'entrer, comme on fait encore aujourd'hui en Orient à la porte des mosquées.
La salle des Ambassadeurs mesure environ quarante pieds sur chaque face, et soixante-dix de hauteur, depuis le sol jusqu'à la media naranja, dimensions très-cousidérables, eu égard à
(981 o88d) AAIIVUANANY AT LA SVÉANUAT SAUUOL SV =
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