‹ L'EspagneChapitre 66 sur 287 · US = — · texte numérisé non relu

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à Aterce. Les innombrables morceaux de sue composent coupol dans les autres avec une variété ‘infinie, qui défie toute description. {Ge genre tr complication extrême, s'appelle, en espagnol, artesonado. Tout cela est peint en ble vert, et rehaussé de dorures auxquelles le temps a donné un ton des plus chauds. |

Quant aux murailles, c’est toujours le même luxe d'arabesques en stuc, See très- A peu de relief et avec la délicatesse de la dentelle, au moyen du moulage ; de manière qu'avec quelques éléments très-simples qui se reproduisent et se combinent entre eux, les dessins se développent et se compliquent à l'infini. On assure qu’au seizième siècle la salle des Ambassadeurs fut restaurée sous la direction de Berruguete, le célèbre sculpteur et architecte; on prétend même qu'il se servit, pour mouler les arabesques en stuc, d’ anciens moules moresques en bois, 1ERDnVE à l Alhambra. RATE.

À la hauteur de cinq ou six pieds au-dessus du sol, les males font place aux azulejos, ces carreaux de faïence vernissée dont nous avons déjà parlé, et dont le nom, qui signifie 4eu en arabe, vient probablement de ce que les premiers qu’on fit étaient de cette couleur. Ces azulejos sont de formes et de couleurs variées : tantôt ils offrent une teinte plate — ordinairement en bleu, vert, Jaune orange ou violet — et forment, par la juxtaposition, les combinaisons les plus variées, où la symétrie n'exclut pas le caprice; tantôt chaque carreau présente un dessin avec différentes couleurs qui sont séparées entre elles par des traits en relief; quelquefois, dans ces derniers, la couleur brune est introduite parmi les ornements, comme, par exemple, dans les azulejos sur lesquels on voit l'écusson contenant les armoiries des rois de Grenade, avec la devise : «Il n'y a d'autre vainqueur que Dieu. » Ceux-là sont les plus beaux et aussi les plus rares ; presque tous ceux qui restaient ont été enlevés, et c’est à peine si on en voit encore quelques-uns.

Nous ajouterons ici une observation : c’est que les azulejos sont toujours en yaence, et nou pas en porcelaine, comme on l’a imprimé plus d'une fois; il faut en dire autant du beau vase de l'Alhambra, qu'on à donné aussi comme une porcelaine, bien qu'il soit antérieur de plusieurs siècles à la fabrication de ce genre de poterie en Europe.

La salle des Ambassadeurs était, comme l'indique son nom, la pièce d'honneur du palais, celle où avaient lieu les réceptions solennelles; c’est là que les rois de Grenade recevaient les envoyés des princes africains, porteurs quelquefois de présents perfides, témoin la tunique empoisonnée, offerte par Ahmed, roi de Fez, à Yousouf IF, qui mourut, dit-on, peu de temps après l'avoir portée ; c'est là que Le sultan Aboul-Hasen faisait, à l'époque de la splendeur de Grenade, cette fière réponse à l'envoyé du roi de Castille, qui exigeait un tribut en argent : «Allez dire à votre maître que dans mon hôtel des Monnaies on ne frappe pour lui que des fers de lance ! »

Plus d’une fois aussi, ces murs si élégants furent témoins de drames sanglants : Mohammed- Ibn-Ismaël ayant, dans une cérémonie publique, essuyé une insulte de son souverain, qui lui reprochait de s'être conduit lâchement dans une attaque contre les chrétiens, jura de s'en venger, et le frappa d'un coup de poignard, ainsi que son grand vizir. |

Si la salle des Ambassadeurs fut le théâtre de ces événements dramatiques, quelquefois aussi des scènes charmantes venaient l’égayer : c'était la belle Galiana qui achevait, de ses doigts délicats, une riche broderie d’or et d'argent, émaillée de perles, de rubis et d'émeraudes, merveille destinée au vaillant More qui rompait en sa faveur des lances dans les tournois. La pièce des Ambassadeurs reçoit le jour par trois fenêtres surmontées d'un double cintre; l'épaisseur des murs de la tour est telle, que ces embrasures forment comme autant d’alcôves de près de dix pieds

de profondeur. De la fenêtre qui fait REUE à la porte d'entrée, la vue est splendide : on domine, à

vol d'oiseau, une colline surchargée de la végétation la plus luxuriante, au pied de laquelle coule le Biron. ON LU ben LE Aie RM AN RER DT Révenant sur nos pas, nous suivrons une longue galerie construite après la conquête, et qui vient aboutir à un petit pavillon qu'on appelle Tocador de la Hieina où Peinador de la Reina, deux noms qui signifient cabinet de toilette dé la reine. Cette petite pièce paraît avoir été reconstruite à l'époque de ‘Charles-Quint; elle n’a plus rien de moresque : les quatre murs sont décorés de fresques dans le goût italien de la première moitié du seizième siècle, représentant des grotesques ou arabesques dans le style de Jean d'Udine et de Battista Franco. Ces fresques, d’un style excellent, ont malheureusement beaucoup souffert, et sont couvertes de noms propres et de toutes sortes d'impertinences, gravées sur la peinture par plusieurs générations de visiteurs de tous les pays. Les peintures de la voûte, moins exposées, sont un peu mieux conservées; elles représentent des médaillons avec bustes, fleuves, métamorphoses et autres sujets mythologiques. À travers les légères colonnes de marbre blane qui supportent la toiture, la vue s'étend sur un des plus merveilleux panoramas qu'il y ait au monde : on aperçoit, quand on se penche en dehors, un ravin d’une profondeur immense, sur les bords duquel s'élèvent des peupliers, des trembles et autres arbres touffus et serrés; on a le vertige en ‘découvrant au-dessous de ses pieds les hautes cimes de ces arbres, qu’on ne voit.qu’en raccourci. D'un côté s'élèvent l'imposante tour de Comarès, d'un

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