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petites villes aux maisons blanchies à la chaux que nous ne fimes qu'entrevoir. Après uñé nouvelle visite à Tarragone, nous profitämes d'un tronçon de chemin de fer qui nous conduisit en une demi-heure à Reus, ville manufacturière assez importante, la patrie du généra ri # du célèbre peintre Fortuny. Non loin de là, au milieu d’une riche vallée appelée la Conca, E] diÈte le fameux couvent de Poblet, de l'ordre de Cîiteaux, jadis le Saint-Denis des rois d'A-
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On raconte que le nom du couvent de Poblet vient de celui d'un ermite qui seit retiré. dans cette solitude, à l'époque où le pays était sous la domination des Arabes. Un jour, un émir qui chassait, ayant rencontré Poblet, ordonna qu'il fût jeté en prison; mais bientôt des anges des cendirent du ciel et brisèrent ses chaînes. L'émir, frappé de ce miracle, lui rendit la liberté, el le combla de richesses. Plus tard, suivant la légende, le couvent fut bâti sur l'emplacement du tombeau de l’ermite:; il est à peu près abandonné depuis la suppression des couvents, il y a bientôt quarante ans, ce qui est vraiment regrettable, car l'architecture en est excellente, et les sculptures
d'un travail merveilleux.
A partir de Tarragone, la route devient plus accidentée : de temps en temps, à un détour de
la route, nous apercevions la mer, d'un bleu intense, sillonnée de chalupas de pêche aux voiles effilées; puis la route s’en éloignait pour s’en rapprocher de nouveau. Bientôt nous arrivâmes à Tortosa, sur les bords de l'Ébre, dont les eaux sont jaunes et bourbeuses comme celles du Tage et du Guadalquivir. Tortosa est une vieille ville très-pittoresque; sa belle cathédrale, une des plus anciennes de l'Espagne, a été construite sur les fondations d'une mosquée : on y voit encore une inscription en caractères qu'on dit remonter à l'époque où cette ville était la capitale d'un petit royaume arabe. Le sacristain qui nous accompagnait nous fit voir la merveille de Tortosà : c’est la véritable et authentique ceinture de la sainte Vierge, la cin/a, qui a fait de nombreux miracles : en 1822, on la porta en grande pompe à Aranjuez, pour faciliter l'accouchement d'une princesse de la famille royale.
Après avoir quitté Tortosa, nous traversèmes Amposta, et, laissant sur la gauche le Puerto de los Alfuques, nous nous arrêtâmes à Vinaroz, petit port dont les environs produisent en abondance’ des vins épais, aussi noirs que de lencre, Nous y vimes le palais où mourut d'une indigestion le duc de Vendôme, qui aimait trop le poisson; triste fin, bien peu digne d'un arrière-petit-fils de Henri IV et du vainqueur de Villa-Viciosa. Philippe V, qui lui devait son trône, fit transporter ses restes dans le caveau de l'Escurial.
C'est un peu avant Vinaroz que commence le royaume de Valence, ee paradis terrestre si vanté, et sans contredit la province la plus fertile de l'Espagne; une petite rivière, la Ceria, le sépare de la Catalogne. Lei les souvenirs de la damination moresque apparaissent à chaque pas. Les atalayas, tours carrées qui servaient autrefois de vigies, s'élèvent de place en place sur les hauteurs qui dominent la mer. Bien que nous.fussions en septembre, la chaleur était vraiment tropicale. Les aloës atteignent des proportions colossales et les palmiers commencent à se montrer fréquemment; les robustes caroubiers, au feuillage sombre, cauvrent les montagnes qui s'élèvent à droite de la route. Des femmes et des enfants, armés de longues gaules, frappaient les branches pour faire tomber les caroubes; la terre en était jonchée, et on en ehargeait des ânes qui disparaissaient presque sous d'énormes paniers de jonc. Les a/garrobas servent à la nourriture du bétul, qui en est très-friand : l'a/garrobo est un arbre d'une grande ressource pour le midi de l'Espagne où le fourrage est rare; quelquefois il atteint une grosseur énorme, et on en a vu qui produisaient jusqu à douze cents kilogrammes de caroubes.
Benicarlô, où nous nous arrêtèmes quelque temps, est renommé pour ses vins. Un touriste anglais du sièele dernier, Swinburne, assure que de son temps on expédiait des cargaisons de vin
S'y Z LS SNL PÉE = LL ÆS ZE S