‹ L'Espagne littéraireChapitre 5 sur 36 · AYANT-PROPOS. XI · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS. XI

nous fournira des sensations littéraires précieuses et inattendues, et je crois que nous pouvons trouver quelque profit à la lecture de ses écrivains. Nous aurons lieu d'admirer chez eux certaines qualités qui se font rares en France, et en particulier une spontanéité d'inspiration, qui, pour n'être pas toujours servie par une habileté de facture impeccable, n'en a pas moins un charme très vif. Nos auteurs sont en général des techniciens très avisés, des stylistes soigneux; ils n'ignorent guère les roueries du métier; il leur manque souvent cet élan, cette sincérité, qui sont les qualités propres des Espagnols. Le caractère de Fart espagnol à toutes les époques fut d'être un art « enlevé », d'improvisation plutôt que de labeur réfléchi; de là ses nombreuses défaillances, mais aussi sa fraîcheur incomparable, son accent, sa largeur de touche, lorsque l'artiste fut vraiment inspiré. De là encore Vèlimination des médiocrités, ce qui est tout profit pour la critique. L'Espagnol, trop indépendant, ne se met à l'école de personne; les médiocres procèdent comme les maîtres; ils commencent leur œuvre à Faventure,

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