BATTERIES DE GIBRALTAR
sant, le front ceint du turban ; des soldats et des civils, dont la coiff'ure est enveloppée aussi d'une espèce de turban blanc , comme en portent les troupes de rinde ; des cavaliers en frac rouge et des ladies en amazones ; l'encombrement se complique des lourds chariots du génie et du commerce, de vieilles voitures jaunes, fiacres espagnols dont les limons s'élèvent audessus du cheval, de cabs, d'américaines et d'équi-
pages qui feraient bonne figure aux Champs-Elysées ; car la vie opulente, high life, est connue aussi à Gibraltar.
La population de cette ville est de 14,000 habitants, indépendamment des 5 à 6,000 hommes de garnison. L'on compte à peine, parmi les chrétiens, un millier de protestants, les autres sont catholiques. Gibraltar et le groupe des maisons de la Caleta, qui s'élèvent dans une anse, à l'opposé, c'est-à-dire au pied de la face orientale du rocher, composent le vicariat apostolique gouverné aujourd'hui par M^"" Scandella, évêque d'Antinoé, né à Gibraltar même. L'église principale, dédiée à la Vierge de l'Assomption, Santa-Maria la Coronata^ rappelle les églises espagnoles. San-José, qui s'élève en dehors de la ville, à la Pointe-d'Europe, est un monument neuf dont le style roman ressemble à une plante exotique, transportée de la vieille Angleterre.
On n'entre guère dans ces églises sans y trouver à genoux quelque vieux loup de mer bronzé par tous les soleils, ou des soldats irlandais récitant à haute voix le rosaire.
Sur la place de New-Mole parade, nous aperçûmes, dans des groupes d'écoHers, la guimpe blanche de religieuses françaises, des sœurs de Bon-Secours de Troyes. Là est le collège Saint- Bernard, fondé par l'évêque, et où des jeunes gens de la ville, mais surtout des fils de famille venus d'Andalousie, reçoivent une brillante et soUde éducation.
A Gibraltar, les enfants du peuple, les malades et les pauvres sont comblés des bienfaits de la charité catholique.